‹ Choix des historiens grecsChapitre 10 sur 286 · CCV. Tomyi'is, veuve du dernier roi» ré · texte numérisé non relu

CCV. Tomyi'is, veuve du dernier roi» ré

< G'Mt le Rha ou Wolga, oomme je le prouToral ailleurt.

* Le Dioube, Lei Greci citent ; Istrw,

Les natnralMetie leneot aussi du mot pboqoea, qui est aosiile t^nne gitc.

Am.i.-c«

CLIO. — LIVRE I

^ akirs 8or les Massagètes. Cyrus lui envoya des ambassadeurs « sous prétexte de la rechercher en mariage. Hais cette princesse , comprenant qu'il était plus épris de la couronne des Massagètes que de sa personne, lui interdit J'oilrée de ses états. Cyrus voyant que ses artifices n'avaient point réussi » marcha ouvertement contre Ibs Hassagètes , et s'avança jusque l'Araxes. Il jeta un pont sur ce fleuve , pour en faciliter le passage, et fit élever des Kwrs sur des bateaux destinés à passer ses troupes.

ce VI. Pendant qu'il était occupé de ces travaux, Tomyris lui envoya un ambassadeur, qu'elle chargea de lui parler ainsi : c Roi des

> Mèdes, cesse de bâter une entreprise dont » tu ignores si l'événement tournera à ton avan- >iage; et, content de régner sur tes propres

> sojets, regarde-nous tranquillement régner

> SOT les nôtres. Si tu ne veux pas suivre mes

> ooaseiis , si tu prélFères tout autre parti au » repos , enfin si tu as tant d*envie d'éprouver

> tes forces contre' celles des Massagètes , dis- » continue le pont que tu as commencé. Nous

> nous retirerons à trois journées de ce fleuve,

> pour te donner le temps de passer dans notre

> pays; ou si tu armes mieux nous recevoir » dans le tien , fois comme nous. »

Cyrus convoqua là -dessus les principaux d'entre les Perses, et ayant mis l'affaire en délibératîon , il voulut avoir leur avis. Us s accordèrent tous à recevoir Tomyris et son armée sur leurs terres.

CCVII. Crésus, qui était présent aux délibérations , désapprouva cet avis , et en proposa on tout opposé, c Seigneur, dit-il à Cyrus, je vous ai toujours assuré que^ Jupiter m'ayant livré en votre puissance, je ne cesserais de faire tous mes efforts pour tâcher de détourner de dessus votre tête les malheurs qui vous menacent. Mes adversités me tiennent lieu d'instructions. Si vous vous croyez imanortel , si vous pensez commander une armée d'immortels , peu vous importe ma manière de penser. Mais si vous reconnaissez que vous êtes aussi un homme, et que vous ne commandez qu'à des hommes comme irous , considérez d'abord les vicissitudes humaines : figurez-vous une roue qui tourne sans cesse, et ne nous permet pas d'être tou-

HéKODOTE,

jours heureux. Pour moi , sur l'affaire qui vient d'être proposée , je suis d'un avis totalement contraire à celui de votre conseil. Si nous recevons l'ennemi dans notre pays, et qu'il nous batte , n'est-il pas à craindre que vons ne perdiez votre empire? Car , si les Massagètes ont ra?antage, il est certain qu'au lien de retourner en arrière , ils attaqueront vos provinces. Je veux que vous remportiez la victoire ; sera-t-elle jamais aussi complète que si , après avoir défait vos ennemis sur leur propre territoire , vous n'aviez plus qu'à les poursuivre? J'opposerai toujours à ceux qui ne sont pas de cet avis , que si vous obtenez la victoire, rien ne pourra plus vous empêcher de pénétrer sur-le-cbamp jusqu'au centre des états de Tomyris. Indépendamment de ces motifo, ne serait-ce pas une chose aussi insupportable que honteuse pour Cyrus, fils de Cambyses, de reculer devant une femme?

i J'opine donc que vos troupes passent le fleuve , que vous avanciez à mesure que l'ennemi s'éloignera , et qu'ensuite vous cher^ chiez tous les moyens de le vaincre. Je sais que les Massagètes ne connaissent pas les délices des Perses , et qu'ils manquent des commodités de la vie. Qu'on égorge donc une grande quantité de bétail , qu'on l'apprête , et qu'on le serve dans le camp ; on y joindra du vin pur en abondance dans des cratères , et toutes sortes de mets. Ces préparatifs achevés , nous laisserons au camp nos plus mauvaises troupes , et nous nous retirerons vers le fleuve avec le reste de l'armée. Les Massagètes, si je ne me trompe, voyant tant d'abondance 9 y courront , et c'est alors que nous trouverons l'occasion de nous signaler. » CCVilI. De ces deux avis opposés, Cyrus rejeta le premier, et préfera celui de Crésus. Il fit signe en conséquence à Tomyris de se retirer , parce qu'il avait dessem de traverser la rivière. La reine se retira suivant la conv^tion. Cyrus déclara son fils Cambyses pour son successeur , et lui ayant remis Crésus entre les mains, il lui recommanda d*honorer ce prince, et de le combler de bienfaits , quand même cette expédition ne réussirait pas. Ces ordres donnés , il les renvoya en Perse , et traversa le fleuve avec son armée.

SO HISTOIRE D'HÉRODOTE

CCIX. Cyr u8 ayant passé T Araxes , et la nuit ëlant venue, il s'endormit dans le pays des Mas*> sagètes » et pendant son sommeil il eut cette vision. U lui sembla voir en songe l'atné des fils d'Hystaspes, ayant deux ailes aux épaules, dont Tune couvrait l'Asie de son ombre, et l'autre couvrait l'Europe. Cet atné des enfants d'Hystaspes, nommé Darius, avait alors environ vingt ans. Son père , fib d'Arsames , et de la race des Achéménides , Tavait laissé en Perse, parce qu'il n'était pas encore en âge de porter les armes.

Cyrus ayant , à son réveil , réfléchi sur cette vision , et la croyant d'une très-grande impor» tance, il manda Hystaspes, le prit en parliculier et lui dit : < Hystaspes, votre fils est con- » vaincu d'avoir conspiré contre moi et contre

> mon royaume. Je vais vous apprendre comt ment je le sais , à n'en pouvoir douter. Les

> dieux prennent soin de moi et me découvrent 1 ce qui doit m'arriver. La nuit dernière, pen- 9 dant que je dormais, j'ai vu l'atné de vos en- 9 fonts avec des ailes aux épaules, dont l'une f couvrait de son ombre l'Asie, et l'autre l'Eu-

> rope. Je ne puis douter, après cela, qu'il

> n'ait formé quelque trame contre moi. Partez » donc promptement pour la Perse, et ne » manquez pas , à mon retour , après la con- » quête de ce pays-ci , de me repr^nter votre 9 fils , afin que je l'examine. »

CCX. Ainsi parla Cyrus , persuadé que Darius conspirait contre lui ; mais le dieu lui présageait par oe songe , qu'il devait mourir dans le pays des Hassagètes, et que sa couronne passerait sur la tête de Darius. Hystaspes répondit : c Seigneur, aux dieux ne plaise qu'il » se trouve parmi les Perses un homme qui 9 veuille attenter à vos jours ; s'il s'en troui vait quelqu'un, qu'il périsse au plus tôt. D'es- 9 daves qu'ils étaient, vous en avez fait des » hommes libres ; et , au lieu de recevoir l'ordre

> d'un maître , ils commandent à tomes les na-

> lions. An reste, seigneur, si quelque vision » vous a fait connaître que mon fils conspire 9 conure votre personne , je vous le livre moi- 1 même, pour le traiter comme il vous plaira. » Hystaspes traversa TAraxes après cette réponse , et retourna en Perse pour s'assurer de Darius son fib , et le représenter à Cyrus.

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