CCXI. Cyrus s'éunt avancé à une journée
flSOiT. J.-C.
de l'Araxes , laissa dans son camp , suivant le conseil de Crésus , ses plus mauvaises troupes, et retourna vers le fleuve avec ses meilleures. Les Massagètes vinrent attaquer avec Ist troisième partie de leurs forces les troupes que Cyrus avait laissées à la garde du camp , et les passèrent au fil de l'épée , après quelque résis^ tance. Voyant encore tout prêt pour le repas» ils se mirent à table , et après avoir mangé et bu avec excès, ib s'endormirent. Mais lesPerses survinrent, en tuèrent un grand nombre» et firent encore plus de prisonniers, parmi lesquels se trouva Spargapbès leur général , fils de la reine Tomyris.
CCXIL Celte princesse ayant appris le malheur arrivé à ses troupes et à son fils , envoya un héraut à Cyrus ; t Prince altéré de sang, » lui dit-elle par la bouche du héraut, que ce
> succès ne t'enfle point , tu ne le dois qu'au » jus de la vigne, qu'à cette liqueur qui vous 9 rend insensés, et ne descend dans vos corps » que pour faire remonter sur vos lèvres des » paroles insolentes. Tu as remporté la vio
> toire sur mon fib, non dans une bataille et • par tes propres forces , mab par l'appât de 9 ce poison séducteur. Écoute, et suis un bon 9 conseil : rends-moi^mon fib ; et, après avoir
> défait le tiers de mon armée , je veux bien 9 encore que tu te retires impunément de mes 9 étals ; sinon , j'en jure par le soleil , le souve- 9 rain maître des Massagètes : oui, je t assou- » virai de sang, quelque altéré que tu en sob. >
CCXIIL Cyrus ne tint aucun compte de ce discours. Quant à Spargapisès, étant revenu de son ivresse , et apprenant le fâcheux état où il se trouvait , il pria Cyrus de lui faire ôter ses chaînes. Il ne se vit pas plus tôt en liberté , qu'il se tua. Telle fut la triste fin de ce jeune prince.
CCXIV. Tomyrb, voyant que Cyrus n'était pas disposé à suivre son conseil , rassembla toutes ses forces, et lui livra bataille. Ce combat fut, je crob, le plus furieux qui se soit jamais donné entre les peuples barbares. Voici , autant que je l'ai pu savoir , comment les choses se passèrent : Les deux armées étant à quelque distance l'une de l'autre, on se Ura d'abord une multitude de flèches. Les flèches épuisées » on fondit les unes sur les autres à coups de Ian« ces , et l'on se mêla Tépée à la main. On corn-
EUTERPE. -
battii long-temps de pied ferme avec un avanuge égal et sans reculer. Ënfia la victoire se déclara pour les Uassagètes : la plus grande partie de Tarmée des Perses périt en cet endroit, et Cyrns lui-même fut tué dans ce combaty après un règne de vingt-neuf ans aocompfis. Tomyris ayant fait chercher ce prince parmi les morts , maltraita son cadavre , et lui iit plonger la tète dans une outre pleine de sang homaio. c Quoique vivante et victorieuse , dit-
> elle y ta m*a8 perdue en faisant périr mon
> fils 9 qai s*est laissé prendre à tes pièges ;
> mais je t'assouvirai de sang , comme je t*en ai » menacé. > On raconte diversement la mort ie Cyrus; pour moi , je me suis borné à ce qui m a paru le plus vraisemblable.
CCXV. Les Has8agèiess*habillent comme les Sqtha , et leur manière de vivre est la même. Os combattent à pied et à cheval , et y réussismai éjplement. Ils sont gens de trait et bons pqners, et portent des sagares, suivant Tusage do pays. Ils emploient à toutes sortes d'usages for et le cuivre. Ib se servent du cuivre pour les piqoes , les pointes des flèches , et les sagareSy et réservent For pour orner les casques, ks baudriers et les larges ceintures qu'ils portent sons les aissdtes. Les plastrons » dont est garni le poitrail de leurs chevaux » sont aussi de cuivre ; quant aux brides» aux mors et aux