‹ Choix des historiens grecsChapitre 117 sur 286 · EXTRAIT DE L'HISTOIRE DE LINDE · texte numérisé non relu

EXTRAIT DE L'HISTOIRE DE LINDE

Ils sont camus et laids. Leurs moutons ne sont pas plus gros que des agneaux; leurs bœufîs et leurs àues le sont presque autant que des béliers. I^urs chevaux y leurs mulels et toutes leurs autres bétes de charge ne le sont pas plus que des béliers. Les pygmées aceompa* gnent le roi de Tlnde, il en a trois mille à sa suite. Us sont habiles à tirer de Tare. Us sont très-justeS| H se servent des mêmes lois que les Indiens. Us vont à la chasse di^ lièvre et du renard. Au lieu de chiens, ils se servent pour cette chasse de corbeaux» de milans» de corneilles et d'aigles.

Les Indiens ont dans leur pays un lac qui a huit cents stades de circonférence. Lorsque ce lac n*est pas agité par le vent, il nage sur sa surface une huile semblaUe à la nôtre. Us naviguent sur ce lac, et puisent Thuile avec des vases et s'en servent aux mêmes usages que nous. Us ont aussi de l'huile de sésame et de noix, mais la meilleure est celle du lac. Ce lac est tràs-poissonneux.

XII. U y a beaucoup d'argent dans l'Inde; les mines de ce mjétal ne sont pas profondes. Elles le sont cependant davantage que dans la fiactriane. On y trouve aussi de For, non dans les fleuves, comme on en trouve dans le Pactole» mais dans beaucoup de grandes montagnes. Ces montagnes sont habitées par des gry phons. Ce sont des oiseaux à quatre pieds, de la grandeur du loup, dont les jambes et 1^6 grifi'es ressemblent à celles du lion. Leurs plumes sont rouges sur la poitrine, et noires sur le reste du corps. Ces animaux sont cause qu'il est très-difficile d'emp<Mrter Tor» quoiqu'il soit abondant dans les montagnes.

XII I. Les brebis et les chèvres des Indes sont plus grandes que les ânes. Elles portent la plupart du temps quatre petits et même six. Elles ont la queue si grande qu'on est obligé de la leur couper, pour les faire saillir par le mâle. U n'y a dans llnde ni cochon domestique, ni ôochon sauvage (sanglier). Les palmiers sonti ainsi que lesdattiers, trois fois plus gros que ceux de Babylone. Il y a chez eux un fleuve de miel au lieu d^eau ; il prend sa source dans un rocher.

.XIV. Ctésias s'étend beaucoup sur la justice de ces peuples, sur leur amour pour leurs rois et sur le mépris qu'ils font de la mort. U y a

dans rinde une fontaine : si on met de l'eau de cette fontaine dans un vase, elle s'y coagule commedu fromîige. Prenez trois oboles de cette eau coagulée ; broyez-ks dans de l'eau. Celui à qui vous donnerez cette eau à boire divul* guera tout ce qu'il aura fait, car pendant toute cette Journée il tf l'esprit aliéné. Le roi se sert de cette eau pour convaincre ceux que l'on a accusés. S'il dédare les choses dont on l'accuse» on le force à se tuer; s'il ne découvre rien* on le renvoie absous.

XV. Les Indiens ne sont sujets ni aux maux de tête» ni aux mahdiesdes yeux, ni même aux maux de dents. Ils n'ont jamais d'ulcères à fai bouche , ni aucun autre mal. Us vi ventoent vingt, cent trente, cent cinquante ans. Ceux qui poussent le plus loin leur carrière vivent deux cents ans.

XVI. U y a dans l'Inde un serpent d'un spithame de long. U est de la couleur d'un beau pourprei et très-agréable à la vue. Sa tête esl très-blanche. U n'a point de dents. On le prend sur ces montagnes brûlantes» d'où l'on tire la sardoine. Il ne mord pas ; mais il rend par la bouche ime humeur qui pourrit tout ce qu'elle touche. Si on le suspend par la queue , il rend deux sortes de venin ; l'un jaune comme Tarnbre » l'autre noir ; le prender, tandis que l'animal est en vie ; le second , lorsqu'il est mort* Si quelqu'un boit environ de la grosseur d'un grain de sésame du venin qui coule de l'animal vivant» la cervelle lui sort par le nez et il meurt à Tinstant. Si on donne de l'autre, celui qui le prend tombe en phthiâe , et meurt en un an^ et même avec peine.

XVII. U y a dans Tlnde un oiseau que lea naturels du pays nomment en leur langue di* cairos , ce qui signifie en grec €Ucœo9, juste. Il n'est pas plus gros qu un œuf de perdrix. U enfouit' en terre ses ordures , afin qu'on ne puisse les trouver. Si quelqu'un les déeouvre ,* ei qu'il en prenne seulement de la grosseur d'un grain de sésame , il s'endort de grand malin, perd toute espèce de sentiment, et meurt au coucher du soleil.

XVIII. U y a aussi dans ce pays un arbre qu'on appelle parébon. U est de la grosseur d'un olivier ; on n'en trouve que dans les jardins du roi. Il ne porte ni fleurs » ni fruits. U ne pousse en terre que quinze racines fort

DE CTESIAS.

épaisses. A rendroîl où elles le sont moins, ell^g sont de la grosseur du bras. Si on en prend de la grandeur d'un spitbame, et qu'on i'upproche de quelque corps , elle l'attire i elle , soit que ce soit de Tôt, deTargent, de l'airain, des pierres, ou toute autre substance, eicepté Tambre. Si on en prend de la longueur d'une coudée , elle attire des oiseaux , des agneaux. Si on jetiede ceue racine gros comme Une obole dans un cbou d'eau , cette eau se coagule. Si on en met dans du vin , il se coagule également, et Ton peut le manier avec la main comme de la cire. Le lendemain il devient liquide comme auparavant. Il guérit ceux qui sont attaqués d'un dévoiement.

XIX« Uyaaassi un fleuve qui traverse l'Inde; il n'est pas grand, mais il a deux stades de largeur. Les Indiens l'appellent en leur langue Hypobarus, c'est-à-dire» qui donne toute» sortei de bteui* 11 en coule tous les ans, pendant trente jours, de l'ambre. Car l'on dit que dans les montagnes il y a des arbres sur les bords de ce fleuve , et que ces arbres répandent des larmes un certain temps de l'année , comme l'amandier, le pin, ou tout autre arbre, et cela surtout pendant trente jours. Ces larmes se durcissent en tombant dans le fleuve. Cet arbre se nomme en langue indienne siptachoras , ce qui signifie doux. C'est de là que les Indiens recueillent l'ambre. Ces arbres portent un fruit tel qu'une grappe de raisin, dont les grains sont gros comme lés avelines.

XX.. Dans ces montagnes il y a des hommes qui ont une tète de chien , dont ks vêtements sont de peaux de bétes sauvages. Usn'ont pfmt de langage ; Ils aboient comme les chiens et s'entendent entre eux. Leurs dents sont plus longues que celles des chiens. Leurs ongles ressemblent à ceux de ces animaux ; mais ils les ont plus longs et plus ronds. Ils sont noirs et très-justes, de même que le reste des Indiens avec qui ils sont en commerce; ils entendent la langue indienne, mais ils ne peuvent répondre que par leurs ad)oiements ^ ou par des signes qu'ils font avec les mains et les doigts > comme les sourds et muets. Les Indiens les appellent dans leur langue Calystriens, ce qui signifie CyDOoëphales. Ils se nourrissent de chair crue. Cette nation peut monter à cent vingt mille individus.

XXI. Près des sources de ce fleuve , il croit une fleur couleur de pourpre. Elle sert à teindre en pourpre. Cette pourpre n'est pas d'une moindre qualité que celle de Grèce , et même elle est plus brillante. 11 y a dans le même lieu un animal de la grandeur d'un scarabée, rouge conrnie le cinabre. Il a les pieds (rès-longs , le corps mou comme celui d'un ver. Il croit sur les arbres qui portent l'ambre , se nourrir du fruitdeces arbres et fait périr l'arbre, de même qu'en Grèce il y a un insecte qui ronge la vigne et la iait périr. Les Indiens écrasent ces insectesels'en servent pour teindre en pourpre leurs étoffes , et généi*alement tout ce qu'ils veulent. Cette tdnture est supérieure à celle de Perse.

XXII. Ces Cynocéphales habitent les mmi* tagnes ; ils vivent de leur chasse et n'exercent aucun méti^. Lorsqu'ils ont tué quelque animal , ils le font cuire au sdal. Ils élèvent aussi des troupeauxdehrebis, dechèvres etd'ânesses, dont ils boivent le lait. Ils font aussi du lait acide ou petit-lait. Us se nourissent du fruit du siptachoras , d'où provient l'anibre. Ce fruit est doux. Lorsquils l'ont iait sécher, ils le conservent dans des corbeilles , de même que les Grecs conservent les raisins sédiés au soleS. Les Cynocéphales font un radeau sor lequel ib mettent une charge de ce fruit ; ils y joignent de hi fleur de pourpre bien nettoyée avec deux cent soixante talents d'ambre qu'ils exportent tons les ans. Us font aussi tous ks ans présent au roi d'une égale quantité de teinture rouge et de mille talents d'ambre. Ils vendent le reste aux Indiens , et tirmit en échange du pain , de la farine et des étoffes de coton, ib achetant aussi des Indiens des épées» dont ils se servent pour la chasse des bétes 8auvi^;eB, amsi que des arcs et des javelots; car 3s sont très-haUleB à tirer de Tare et à bnoer le javelot. Ib sont invincibles , parce qu'ib habitent des montagnes élevées et escarpées. Le foi leur envoie tous les cinq ans en. présent trob cent mille arcs , autant de javelois , eent vingt miHe pelles» et cinquante mille épées.

XXIII. Les Cynocéphales n'habitent pas dans des maisons, mais dans des cavernes. Ib vont à la chassades animaux sauvages, armés d'arcs et de javelots , et coome ibsont trè»ngihs, 3s les prennent aussi i h oonrae. Les fenmes se

EXTRAIT Dli LHlStOlRE DE LINDE

Mgfnent rnie fois r«us les mois , vrprè» lès mahclies de tetir sexe , M janfmis «ft MctÊH autre temps. Les tianM«s ti^ se baigtienl peiM ; it« ae conienieat de se laveries mah». Xs se ftpët* tent irsisfofs par mois d'ane hMe qm provient da lait. Ite sVèsaieiit enstilte avêe des peaux. Leurs habit» ne sont pas ék p«aini: gar tfles de poily mais de peauxiannëes et très^mf nces. L*ha^ MHem^iH des ferfrmes est te même. Les phis ifobes pement des kaMis de Ktr; ils Mnt en petk nombre, fb Ae fbm point asa^ (te Kts ; des feuilles d^arbreale^ren tiemyam lie». Cekri qok possède OB phisgraad mnbfê de brabit |MSse pour le plas riche. Quant au r eète de hmvB Ûena^ ik en scfotteiaaégalenietit pantagëa. Ils odt tMs, hommes et femmes , une queue au-dessas àm fesses , ceniMè les oliiess ; wokh elte est |Aus Ingne et phis vel«e. Ms Voient teiAs femanes à kmattièiv^esdiicflfS; les foî^ aotrennsnt , ee serak «bez eux uÉfeMEsmife. MsaonI justes I et ceaMtdëtots tes beiBflMa «ëBOX ^ vii^tte fias ilongfiempe* Ils poosëent lenr cafrière jw qvtà cent fiéwmifOe et di^ «bs, ^ ^qiNlqnes^nè josqu'à deux eents»

XX4V. JkMMfetà d0s€YnodéplMd6s et SMëersojfe dn aoavœsdu Êmif^ 41 y a des tioaimea nfoirs» csnnè ie Mme des lifdieoa. Hs m s'é-* Anmentà «m«m nofie de travail; ils ne se MWTiasent pas éa «é ei ne toiveni pas d*eii«« Ha Ée prenBonft paur toflcn noorrhim ipi» de hrii et bvdMa ou de efaèwaa^ 4aBn lia «m ée franda teonpeAux^ Leora mftimJ naîMom mM avoir tefaDdaaaenl pmroé» «i ils le Madani m»* enne «aiâè#e« U wètt aeÉhment pn^ fes nrineb nbe subataÉcelroiMe»<aeMbhd>teà dn ft^sMage^ MHB pas tè»it"é*^fek si épaHae. M f a dans leur pays uaeraèinedbnl {a<aYear«Btdolieei Gène noine dwpéafaa ie lait ^lls boîvenc le taasÎQ ettér84e nnlie«<Ai{jaur'éBaeeatMeri]aval*ea- Mnae. EUe ka ppèvnfiHi Vers le soir an fanris^ sameoC

XXV. H y i datas l'inde desâaesaaavagea de la g^randanr des ehevaiMt , et mèneilè pins graiÉds aHeoi^ •Hs-ant le oorpa Maac , ia lèta couleur de pourpre-, les yeux Ueoàtaea^ une aame an front longue dVme ooadée. La (lartie kiferieuredeoetieooaiie, eo partant du frent et en vanontant jnsifa'àdenn palmea > est aiilièraMsni Manche I eMtedn milieu est noire; Is anpamnra est powprt » d'un ènaa rmifi^ « «t

ae terminé en poinfe. Ofn «n Mt des tasai à béiire. Ceux qui s'en servent ne sont sqêts ni tfirx cenvulëtons , ni à Tëpltefinie , ni k être énq^olsomiés , pourva qn'irvant de prendf« da poison , ou c^'aprèè en avoir pm > il» boivent dans eea vases de Fean , du vin ou d'une amra Kquenr qmeieonqne. Lea Anes demMiqnea eu santagea des antres pays n'ont , de même qna tous tes sotipèdes , ni l'oseelet, nî la véskiate da fiel. L'àae d'tniéeeat Inseiil qai les ail. Laa» osselet est le plus^beau<)ue j'aie vu ; H nesseniM ble, pourlaiiguf«efi4agn»deur, à eeM da bœuf. U^t pesant cefaime dn ploanb^t rongtt jnsqu'an fend comme du eianbpè. Get anlMl est très-fort et très-vile à la conwae. Le olMrfv ni aucun antre «aflawl , m pe«t ITaiteilidvè.

XXVL WdbOfâ îloonrt léaMneM^ M s^ nîma €ns«riiè mervétftonsenfiem, etfin sa covrae devieiM plus i^fnde \^t sabsiaie tr6s4ongfempab Oà ne peift pas les prendre à4a ebnsae* Lora* qn'JlB mènent palire leurs petits , s'is an voient ebfcrmds pifT an fffètiâ nombre de cvfalierav ne votttaM pas la» abandonner pour feir , ih as dëféndem ave<; leur corne , ils ruent ^ ils flHMN dem eî fent périr beaucoup ée carvaliers ^t da cbevatfk. On les pMid Mséi €to-nvMiea#fflhès les àvoîi* pevt*é& de flèches «t éè wkkst car 11 a fst ptfs possible dé tes prendf^ Vivants. Hû na pèfat "ea man^r h cbiÀ* à eause de Étm «aiei«* Nrihe , "et 0* ne 1^ ébàsaa que pour en av^ la e6rt)e tk fn^selét.

XXVII. Il y a dans le flatava Indus «n var (pâ resHeMbléà dèMf ^IHm troaM ccnnibunétnëf^t smr les «guiel^. H a ^ept eoëdé» dé Ibngt ^l^s^Ensplns,queU|te»iiinfesmdBië.

Hesîlk ^éè <qn'Àn eiifiMft de diR ansponrMiit É petoe renfe) m^ Ûè/m ses bi^s. 4fes Wn É*mii cpro œi^'^TOiriSf -ff une a ta iRmsnmm avperT^nFej rantre^naféiiiMt^. Toot de tftits peu WÉtstB* 4ir aven O0S deMts , Ms le 4évdreKt. Le Jour, fia se tiennent dana la vaneda flenve;laMtt, 4H an sevtent , et tout en qu'ils MieoèiroM sur iefiAr rotfœ, lioenf ou chameaa , Ms te aarisiaiuil avnc ees éemê, l>entralAaitdiaia leitesitis, et le dévoilât m entier^ eixoopid lesJntesffÉs. On tea prend ai^ dn (rra#â baaieçon rec^uvett tmé a;piean ou â*uft d^vi^ean. Oet liameçoto tient i une chiUie do fer. Lorâfqtf'on a pris ce ver, os le tient suspendu pendaÉt trente jours éur 4fr9 vases de terre. Il s'en distille environ dit ik/îf*'

te ailMfaet d'une huHe épaisse. Les ttentejoirr» panés, 0» jette rarittal^ ob tatHè ensuite leà vases d'huile , et on les portlî ali roi ùe rinéè. li n'est pêrHiis k nul aatred'aroirde ceOefauile. Toutes les okoses sur lesquelles on la verse , bois ou animal, s'enflamment. Ce feu ne s'éteint qu'en Téu^uffant avec une grande quantité de boue épaisse.

XXV IIL II y a dans l'Inde des arbres dont la bau leur égalé celle des cèdres et des cyprès; leurs feuilles ressemblent à celles du palmier ; excepté qu'elles sont un peu plus larges , et qu'elles n'ont pas d'aisselle. Ik fleurissent cQQMne le laurier m&le , et ne portent point de Iruits. Les Indiens nomment en leur langue cet arbre carpion, et les Grecs, dans la leur, inyrorbodon. Cet arbre n'est pas commun. Il en distille des gouttes d'huile qu'on recueille avec de ia laine» dont on froue le tronc. On l'exprime ensuite de cette laine dans des vases d*ulbàtre. Cette liqueur est un peu -épaisse; (lie tire sur le rouge ; son odeur est très-agréalle, et même si forte quelle parfume l'air à ia distance de cinq stades. Il n'est peiii>i6 qu*au rui et à ses parents d'en avoir. Le roidej'Inde a lîouiume d' en envoyer en présent à celui de Perse. Gtésiasa^ure enavoir vu, et ilditqu'on ne peut assimiler cette odeur à aucune autre, et queie langage ne pi. ut en donner aucune idée.

XXIX. Les Indiens ont aussi des vins exquis et des frofiiages excellents : quant à ce dernier article , Ctesias assuré qu'il le sait par expé* riencc.

XXX. 11 y a dans l'Inde une fontaine carrée, qui a environ cinq orgyies de circonférence.- Cette eau est dans un rocher, Les bords de cette fontaine ont jusqu'à l'eau trois coudées. l.a profondeur de l'eau est de trois orgyies. Les gens de qualité dans l'Inde s'y baignent, hommes , femmes et enfants , non^seulenient ])0ur la propreté , mais encore parce qu'< Ue a i:i fertu de garantir de toutes sortes tle. maladies. On plonge dans la fontaine, en s*y jetant

eu est trte-fi^oîde et agréable à boîre. ÊBc fttît beauctotï|f) dé bmh, comme cfeBe qui bortt dtms lin chaudroti. Eile {juérit les daitres et la gâte. Son nom indien est battadé , ce qui signifie en

grec ofpsh. ;jr, y Utîtc,'

XXXI. Dans ces montagnes de l'Inde oii croissent les roseaux , il y a une nation d'environ trente mille âmes, dont les femmes n'enfautent qu'une fois en leur vie. Leurs enfants naissent avec de très-belles dents dans les deux mâchoires. Les mâles et les femelles ont dès leur naissance les cheveux blancs , ainsi que les sourcils. Jusqu'à l'âge de trente ans ils ont le poil blanc par tout le corps ; mais à cet âge il commence à noircir, et lorsque ces hommes sont parvenus à soixante ans, leurs cheveux sont entièrement noirs. Les mêmes ont, hommes et femmes , huit doigts à chaque main et autant à chaque pied. Ils sont très-belliqueux, et il y en a toujours cinq mille, tant archers que lanceurs de javelots , qui accompagnent le roi des Indiens dans ses expéditions militaires. Ils ont les oreilU's si longues , qu*elles se touobtBt l'une l'autre, et qu'ils s'en enveloppent le dos et les bras jusqu'aux coudes.

XXXI I. Il y a en Ethiopie un animal que l'on nomice cro. otias , et en langue commune cynolychus (chien-loup). Il est d'une force étonnante. On prétend qu'il ladite la voix humaine , que la nuit il appelle les hommes par leur nom, et qu'il dévore ceux qui vont à lui. Il a le couraf^e du lion, la vitesse du cheval , la force du taureau : le fer ne peut le dompter. . . X

XXXI II. Dans le territoire de Chalcis en Eubée, il y a des brebis qui n'ont pas la vésicule du fiel , et dont la chair est si amère, que les chiens même ne veulent pas en nyinger. On dit aussi qu'au-delà des portes de la Mauritanie, les pluies sont abondantes en été, et que l'hiver y est brûlant. Dans le pays des jCyoniens , il y a , selon Ctésias , une fontaine qui donne de l'huile au lieu d'eau. Aussi les Cyoniens s'en servent-ils dansons leurs aliments.

ceu» qui s y sont précipites, et cetie sont pas les hommes seulement qu'elle rejette ainsi, mais encore tout animal vivant ou mort , en un mot tout ce qu'on y jette , excepte l'or , l'argent , le fer et l'airain, qui s^^.précipitent' an fond. L'^au

les pieds les .premiers. L'eau rejette en haut ^ Dans le pays nommé Métadrida , il y a une

fontaine à une petite distance de la mer , dont le flux est si violent au milieu de la nuit , qu'il pousse sur terre une grande quantité de paissons. Ces poissons sont en si grand nombi e , que les habitants, ne pouvant les consommer

3li4 EXTRAIT D£ L'HISTOÏKË

tous , les bisBent poarrir la plupart sur terre. XXXIV. Ctësiasdoone ces iables pour autant de vérités ; il assure avoir été témoin oculaire de quelques-uns de cesfoitSy et avoir appris les autres de personnes qui en étaient bien instrui-

L'INDE DE GTÉSIAS.

tes. Il ajoute qu'il a omis beaucoup d'autres histoires enoore plus merveilleuses » de crainte quel ceux qui n en avaient point été lémoins ne pensassent qu'il écrivait d^ choses incroyablés.

mi ras BXTaAiTs ns crésus.

D'ALEXANDRE

Page 1