‹ Choix des historiens grecsChapitre 120 sur 286 · LIVRE I, CHAPttRE H · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPttRE H

fleuve et une montagne hante et escarpée, que quatre aspides ^ y peuvent à peine passer de front.

Alexandre dispose sa phalange sur six-vingts hommes de hauteur ; place deux cents chevaux à chacune des ailes» et recommande d'exécuter ses ordres en silence et avec promptitude. Il donne aux oplites le signal d'élever leurs piques , de les porter en avant par des évolutions de droite et de gauche, comme prêts à donner. Lui-même fait précipiter la phalange, dont les divers mouvements seportentrapidementd'une aile à l'autre : après avoir ainsi changé plusieurs I fois , en peu d'instants , son ordre de bataille , il fond par la gauche sur l'ennemi , en faisant former le coin à sa ph^ange. Surpris de la rapidité de ses mouvements , et ne pouvant supporter le choc des Macédoniens, les barbares quittent les hauteurs. Alexandre ordonne alors de pousser de grands cris, et de frapper les boucliers avec les javelots. Ëpouvantée , rarmée des Taulantiens se retire précipitamment vers la ville. Alexandre, avisant une petite troupe d'ennemis sur une des hauteurs de la route , détache le corps de ses gardes , les hé^ taires qui l'entourent , avec ordre de prendre leurs boucliers , de côtoyer à cheval les bords du fleuve, et de se diriger vers la hauteur. Là, si l'ennemi les attendait , la moitié devait aussitôt mettre pied à terre , se former et donner avec la cavalerie.

Au mouvement d'AJexandre , les barbares abandonnent les hauteurs et se dispersent sur les flancs. Alexandre et les hétaïres se rendent mahres du poste ; il fait avancer aussitôt les agriens et les archers au nombre de deux mille, ordonne aax hypaspistesde traverser le fleuve, suivi des cohortes macédoniennes, et de se ranger à l'autre bord, en étendant la gauche , de manière que. la phalange parût plus nombreuse. Lui-même observe les mouvements de Tennemi du haut de la colline. Dès que les barbares virent l'armée traverser le fleuve , ils s'avancèrent le long des montagnes pour attaquer l'arrière-garde d'Alexandre. Il court avec les siens à leur rencontre : des bords du fleuve la phalan(;e pousse un grand cri ; tout s'ébranle ; l'ennemi prend lafuitc.

' Soldats armés d'an bouclier.

Arriin.

Alexandre anssitAt mène en hâte les agrieos et les archers vers le fleuve ; f 1 passe des premiers ; et , voyant que l'ennemi inquiétait ses derrières , il ordonne de placer sur la rive des machines de guerre , dont les traits lancés au loin les écartent : et tandis que les archers font pleuvoir, du milieu même du fleuve, une grêle de flèches , Glaucias n'ose avancer à la portée du trait ; les Macédoniens effectuent le passage sans perdre un seul homme.

Trois jours après , Alexandre apprend que Glitus et Glaucias ( le croyant éloigné par un sentiment de crainte) ont campé dans un lieu défavorable, sans retranchements, sans gardes avancées , et qu'ils ont le désavantage d'une position trop étendue; il repasse secrètement le fleuve, dans la nuit, avec les bypaspistes, les agriens, les hommes de trait, et les troupes de Perdiccas et de Cocnus ; le reste de l'armée doit les suivre. Ayant jugé l'occasion favorable , il fait donner avec les agriens et les hommes de trait , sans attendre le surplus des troupes. At« taqués à Timproviste, chargés sur le point le plus faible par tout l'effort de la phalange, on égorge sous leurs tentes , on arrête dans leur fuite une multitude de barbares. Dans le corn» ble du désordre , un grand nombre tombent vivants au pouvoir du vainqueur. Alexandre poursuit le reste jusqu'aux montagnes des Taulantiens; quelques-uns seulement durent leur salut à l'abandon de leurs armes. Glitus, qui an premier choc s'était jeté dans la ville , y met le feu, et se retire chee Glaucias.

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