‹ Choix des historiens grecsChapitre 129 sur 286 · LIVRE I, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE V

leur sortie était le moios prévue. Une partie lance sur les machines des torches de toutes les matières qui peuvent augmenter l'incendie. Les Macédoniens, repoussant le choc avec violence , font pleuvoir du haut des tours une grêle de traits et roulent d'énormes pierres sur l'ennemi ; il est mis en fuite et chassé dans la ville. Le carnage fut en raison de leur nombre et de leur audace*: les uns furent tués en combattant de près les Macédoniens ; les autrès en fuyant , près du rempart dont les ruines embarrassaient le passage déjà trop étroit pour une si grande multitude.

Ceux qui s'étaient avancés par le Tripylum furent repoussés par Ptolémée , garde de la personne du roi , lequel vint à leur rencontre avec les hommes d'Addée et de Timandre, et quelques troupes légères. Po^r comble de malheur, dans leur retraite» comme ils se pressaient en foule sur un pont étroit qu'ils avaient jeté , le pont rompit sous le poids dont il était chargé; ils périrent partie en tombant dans le fossé, partie écrasée par les leurs» ou accablés d'une grêle de traits. Le plus grand carnage fut aux portes» que l'excès du troid)ie avait fait fermer trop précipitamment : craignant que les Haoédoniens » mêlés aux fuyards» n'entrassent avec eux dans la ville » ils laissèrent dehors une partie des leurs» qui furent tués par les Macédoniens aux pieds des remparts. La ville était sur le point d'être prise» si Alexandre » dans l'intention de la sauver, et d'amener les habitants ù une capitulation » n'eut fait sonner la retraite^ Le nombre des morts fut de mille du côté des assiégés» et de quarante environ du t^ôté des Macédoniens» parmi lesquels Ptolémée, Cléarcus toxarque» Addée kiliai*qae» et plusieurs des premiers officiers.

Cependant les généraux persans, Orontobates et Memnon , considérant que l'état des choses ne leur permettait pas de soutenir un long siège, que les remparts étaient détruits ou ébranlés » la plupart des soldats tués dans les sorties » ou mis » par leurs blessures » hors de combat ; prenant conseil de leur situation , mettent le feu» vers la seconde veille de la nuit» à une tour de bois » qu'ils avaient dressée en face des machines de l'ennemi » à leur propre magasin d'armes» qux maisons voisines des remparts : tout s'embrase» et la flamme , qui f

s'élance de la tour et des porliques» agitée par les vents, étend au loin l'incendie. Les assiégés se réfugièrent» partie d«iis la diadeile de nie» partie dans celle des Saimacis.

Alexandre» instruit de ce désastre par des^ transfuges qui s'y étaient soustraits » et apercevant ce vaste incendie» donne ordre aux Macédoniens» quoique au milieu de la nuit» d'entrer dans la ville» de massacrer les incendiaires » et d'épargner ceux qui seraient retirés dans leurs maisons ^

Au lever de l'aurore » découvrant le double fort occupé par les Perses et les troupes à leur solde , il renonça à l'attaquer, parce que» défendu par sa position » il aurait co&té'beaucoup de temps à emporter» et parce que la ruine totale de la ville rendait cette prise moins importante. Ayant enseveli ses morts » il donna ordre de conduire les machines à Tralles »- fit raser la ville» et laissant dans la Carie trois mille hommes de pied et deux cents chevaux sous les ordres de Ptolémée» il partit pour la Phrygie.

Il établit Ada sur toute la Carie. Ada » fiUe d'Hécatomnus» avait été en même temps » suivant la loi des Cariens» femme et sœur d'Hidriée; et d'après la coutume asiatique qui » depuis Sémiramis» accorde aux femmes le droit à l'empire» Hidriée, en mourant» avait laissé à la sienne l'administration de son royaume. Pexodare l'en avait chassée en s'emparant du pouvoir; Orontobates» gendre de l'usurpateur» avait reçu du roi le gouvernement de la Carie. Ada n'en tenait plus qu'une seule ville bien fortifiée, Alinde» qu'elle livre au conquérant : dès qu'il parait avec son armée, elle vient au-devant de lui» et l'adopte pour fils. Alexandre lui laisse le commandement de la place » ne la dédaignant point pour mère; et maître de la Carie entière» par la ruine d'Halicarnasse » lui confie le gouvernement de toute la province.

Alexandre» par ménagement pour ses soldats, renvoya ceux mariés depuis peu passer l'hiver en Macédoine» dans leur famille» sous

> La manière dont Arrien raconte le siège d'Haliearnasie, défendu par le brave Memnon, ne peut que Ini mériter le snffhige des miUtaires. (,S G., p. 52.)

Le sentiment aiianime des historiens pronrejqif Alexaodre ne détmisU point Halicamasse. cidem, p7 27i1)

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la conduite de Pldëmëe * , an des gardes de M per^oiine. Parmi les cheb de rarmée , Cœnas ' et Mëléagre ' nouvellement maries » obtinrent la même permission. Alexandi*e leur enjoint, n<Hi-seulement de ramener ses soldats, mais de recruter dans le pays le plus qu'ils pourraient d*infaqterie et de cavnleriel Ces égfards d'Al^andre lui concilièrent de plus en plus le cœur des Macédoniens.

Il envoie Cléandre faire des reciiies dans le Péloponèsc ; et Parménîon , qui prend le commandement des hët aires, des chevaux théssaliens et d*autres auxiliaires, est charge de conduire ]e bagage ù Sardes, d'où il doit pénétrer en Phrygie.

Le roi marche lui-même vers la Lycîe et la Pamphilie, pour s'emparer de toutes les côtes niaritimes, et rendre par là inutile la .flotte ennemie. Il commence par prendre d'assaut Hypûrne, place fortifiée et défendue par des soldats étrangers; la garnison capitule et se jrelire. A son entrée dans la Ljxie ,. Telmisse se rend par composition : il passe le Xante ; Pînara, Xantus, Patara, et trente autres villes demoindrciaiportancelui ouvrent leurs portes.

Cependant , au milieu de l'hiver, il s'avance vers le pays de Milyade qui fait partie de la grande Phrygien mais que Darius avait ordonné de comprendre dans le département de la Lycie. Là vinrent les envoyés des Pliasélites, demander Tamitié d'Alexandre et lui offrir une couronne d'or. Beaucoup d'autres' de la Lycie inférieure députèrent également pour rechercher son alliance. Alexandre commande aux Phasélites et aux Lycicns de romeitre leurs villes aux gouverneurs qu'il leur envoie; toutes sont remises.

Peu de temps après, il enfre dans ta première de ces contrées; et, soutenu des habitants, s'empare d'un fort bien défendu, élevé pir les Pisidieos, d'où les barbares incommodaienty par leurs éxcurs'ons , les cultivateur^ phasélites.

* Pili de Sélencu».

* Fils de Po^émoerates.

* Fils de N<H>p!olèine.

D'ALEXANDRE

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