LIVRE I, CUÀPICRE V
prefleés de tous cèles par les Maoédooidos, partie d*^ati*e eux se jettent à la mer, soutenus sur Jeurs boucliers, et gagnent une petite île voisine \ partie se précipitent dons des cano(s, et sont pris à la sortie du port par les galères auxquelles ils lâchent d'échapper : un grand nombre fut lue dans la ville.
Alexandre» maître de la place, dirige ses vaisseaux -contre Tlle oii plusieurs ont cherché une i^eiraiieril fait porter à la proue'dq» échelles pour en escalader les escarpemenls. lorsqu'il vit les fugitifs résolus à tQUC tenter, touciié de leur courage. et de leur fidéliié, ii leur prgposa de les recevoir dans ses troupes, s'ils voulaient se rendre. Ce qu ils acceptèrent, au liombiedc trois cents Grecs à la. solde de Tétrangcr : il donna la vie et la liberté hiom lc:> Milésieas qui avaient échappé au glaive.
La flolle des. Perses, quittant Mycale, passa plusieurs fois à la vue de celle ^s Grecs; ies baibares espéraient ainsi IQ^ engager à un Qombat naval; la nuit ils repcenaient leur position peu avantageuse; car ils ne pouvaient faire de Feau qu*en remoniani jusqu'à l'em*bouchurc du Méandre.
Alexandre lient le poi t de Milet, avec ses vaisseaux, pour empêcher les barbares de s'y réfugier; détache Pbilotas à Mycale avec die la cavalerie et t^ois corps d'iofanterie» à l'effet de s'opposer à ce que les barbares puissent prendre terre. Ceux-cs non-seulement assiégés dans leiirs vaisseau^, mais encore privés U'ean, firent voile vers Samos. Après ^'étre ravitaillés, ils reparaissent devant Milet-, ef font avancer plusieurs vaisseaux à la hauteur du port, pour attirer les Macédoniens eir plejoe mer. Cinq de leurs bàiiments se jetèrent dans une rade, entre Tile et le port, dans* l'espoir de s'(?mpdrer de quelques vaisseaux d'Alexandre, dont tes niatélots éuiient allés tka bois, aux four- ]*«geB et à ifautret néicessilés. .Alexandre, voyant s'approcher les cinq bâtiments des Perses, garnit de suite au cooipict dix d'entre les sien$, et les déiaphé» contre l'ennemi, avec ordre de se porter sur lui proue en avant. A ce mouvement inopiné des Macédoniens, les Perses fuient et se retirent vers leur flotte. Le vaiçsea^des lasséens, moins bie^ servi j^e r^
* Dont le nom aVaipas connu. (Ârrien )
mes, fui pris, avec soa équipage, p^r les Grei». Les quatre l^liments qui l'accompagnaient rejoignirent les autres ; ain^i la ^ite des Perses se t'ctira encore san^ avoir pu rien faiie devant Milet.
Alexandre résolut de dissou.dre la sienne, soit manque de fonds, soit infériorité reconnue/ soit qu'il ne voulût pas diviser et exposer son armée en partie. 11 prévoyait d'ailleurs que, tenant l'Asie par ses troupes de terre, et maître des villes maritimes, il en obtiendrait facilement qu'elles fermassent leur port à ,ia flotte des Perses, et qu'alors la sienne lui de- . viendrait iaulile ; que les barbares B| pourraient ni recruter de rameurs, ni trouver de retraite; que l'aigle avait présagé que Iqs victoires dans le continent lui assureraient celle sur la mer.
11 marche ensuite vers la Carie, instruit que les barbares et les étrangers a leur solde se som retirés en grand nombre dans Ilalicarnasse. Il se rend maître de toutes les villes si-» tuées cnti*e celle-ci et. Milet, et campe a cmq aades * d'ïlalicamasse, dont le siège paraissait devoir lirer en longueur. Cette ville était défendue par sa situation, et par M^mpon^^ui venait des'y rendre; Memnon, chargé du gouv^nemem de l'Asie inférieure, et du commandement de toute la flotte de Darius, l'avait depuis longtemps fortifiée de tous les secours de Tart ^: La garnison nombreuse était compo* sée, en partie, d'étrangers à la solde du roi, en partie de Pesses. Memnon avait enfermé les trirèmes dans le port, et oomptait encore sur le service que pouvaient rendre les gens de leur équipage.
Le pfemier jour, Alexandre s'étant a(y>ro« ché des miu's avec son arm^ , du côté dîe fai porte de Mylasse, les assiégés firent uno sor* tiei une escarmouche s'engage ; les Macédoniens, aecoorant de toutes paris, les repoussèrent facileoK^h et les rejetèrent dans la ville.
* Pemi-qnari do lieue.
' MemnoD envoya sa femme et ses enfants à DariiLs, jugeant d'uue part qu'il établi, sait leur sûreté; et que de rantre, donnant de pai-eUs otages, Id roi , de son c6té , lai eonflerait plus Tolputiers radmioisiraiion et la défenie de, Aes états : c'est oe qui arriva en effet. \ » VitroT., 8 , S. Straboo, 1. ti.
Peu de jours après, Alexandre prend avec lui les hypaspist^s, les hétaïres, les phalanges d'Amyntas, de Perdiccas et de Méicagre, les archers et les agriens , tourne la ville du côté de Mynde, pour examiner si l'attaque des 'remparts serait plus facile vers cet endroit, et s'il ne pourrait tenter un coup de maia sur la ville de Hynde : une fois maître de cette place, il attaquait» avec avantage, les murs d*Halicarnasse.
Quelques-uns des habitanis de Mynde avaient promis de la livrer, si Alexandre s'y présentait pendant la nuit. Arrivé à l'heure convenue, n'apercevant aucun signal de la part des habitants, n'ayant ni machines ni échelles, moins disposé à attaquer qu'à occuper une ville que la trahison devait lui ouvrir, il n'en fit pas moins avancer sa phalange» en lui ordonnant de miner le mur. Une tour est renversée, mais sans découvrir les fortifications. Les habitants résistent vigoureusement, et, soutenus par peux d*Halicarnasse venus à leur secours par mer, déjouent l'espoir qu'Alexandre avait conçu d'enlever Mynde du premier
aborda
Alexandre déçu, revient au siège d'Balicarnasse. Les assiégés avaient creusé autour de leurs murs un fossé large de trente coudées, profond de quinze ^. Alexandre le fait combler, afin d'approcher les tours, dont les traits écartent l'ennemi des murailles, que les autres machines doivent ébranler. Les approches étaient .faites : les habitants d'Haiicarnasse exécutent, dans la nuit, une sortie pour brûler les tours et les machines avancées ou près de l'être; ils sont bientôt repoussés par les Macédoniens de garde , et par ceux que le tumulte fait accourir. Ceux d'Halicamasse perdirent dans cette affaire cent sepiante dès leurs, au nombre desquels Néoptolème ^, l'un des transfuges vers Darius, Du côté des Macédoniens, seize soldats furent tués et trois cents environ blessés ; le combat ayant eu lieu de nuit, ils n'avaient pu se mettre à couvert des traits.
Peu de jours après, deux oplites, du corps de Perdiccas, faisant à table un récit pompeux
* DiOd. 17. Freiosh.
' * 1 4 mètres 6 décimètres (45 pieds), smr 7' mètres 5 dédmètres (22 pieds 6 ponces).
* FUs d'Anhée , frèro d'Amyotas,
D'ALEXANDRE
3SI AVf J.-C.
de leurs prouesses, piqués d'honnecfr, échauffés de vin, courent de leur propre mouvement aux armes, s'avancent, près du fort, sous les remparts qiii regardent Mylasse, plutôt pour faire montre de bravoure, que dans le dessein de tenter avec l'euDemi un combat trop inégal. Surpris de l'audace de ce couple téméraire, quelques assiégés accourent: les premiers sont tués, ceux qui les suivent de plus loin, percés de traits : mais enfin le nombre et Tavantage du lieu remportent ; les deux Grecs sont accablés sous une multitude de traits et d'assaillants. D'un côté, des soldats de Perdiccas, de l'autre» des Halicarnasséens accourent; la mêlée devient sanglante aux pieds des rem* parts; leurs défenseurs sont enfin repoussés dans la ville; peu s'en fallut qu'elle ne fût prise, car les postes étaient a$ez mai gardés ; deux tours étaient abattues avec le mur qui s'étendait entre elles; la brèche livrait la ville, si l'armée eût donné tout entière : une troisième tour ébranlée n'aurait point résisté au choc. Les assiégés élevèrent, derrière l&mur renversé, un ouvrage de brique en demi-lune ; un grand nombre d'ouvriers l'acheva rapidement.
Le lendemain Alexandre fait avancer ses machines vers cet endroit; les assiégés font une nouvelle sortie , tentent de mettre le fou aux machines; celles qui étaient près du mur, et une tour de bois, sont la proie de^ flammes; PhiloUis et Hellanicus les écartent de celles confiées à leur garde. Venant à rencontrer Alexandre, ils laissent les torches dont ils menaçaient Ténnemi , jettent presque tous leurs armes, et courent se renfermer dans leurs murailles ; là ils avaient l'avantage de la position et 'de la hauteur : non-seulement ib tiraient de front sur les assaillants que portaient les machines, mais encore, du haut des tours 'qui s'élevaient à chaque extrémité du rempart abattu, ils attaquaient et frappaient en flanc, et presque par derrière^ l'ennemi qui assaillait le nouvel ouvrage.
Et comme de ce côté Alexandre faisait avancer de nouveau, quelques Jours après, ses machines qu'il dirigeait lui-même, voilà que toute la ville sort en^ armes : les uns du côté où fut la brèche et où Alexandre donnait en personne; et les autres dt^Tripylom» d'où