‹ Choix des historiens grecsChapitre 142 sur 286 · LIVRE U, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE U, CHAPITRE VI

baioe personnelle» 0iais{VQur hâ disputer Tempire (1er Asie ^ •

Tel est le récit de PtoMmée et d'Aristobule: on ajoute que le lendemain Alexandre entra dans Tapparieinent des femmes , accompagné du sèulEphesiittD. La mère de Darius, ne sachant quel était le rOi , c^r nulle marque ne le distinguait , frappée du port majestueux d*Ë* phestion, se prosterna devant lui. Avertie de sa méprise par ceux qui Tentouraient » elle reculait fionfuse y lorsque le roi : « Vous ne vous » êtes point trompée, celui-là est missi Alexan- » dre. » Je ne certifie point la vérité du fait , il suffit qu'il sok vraisei]d>lable. S'il en fut ainsi , Alexandre me parait digne d'éloge , par la noble générosité qu'il montra en consolant ces femmes , et en élevant son ami : si ce fait est supposé, ce prince mérite encore de« éloges pour en avoir été jugé capable.

Cependant Darius fuyait dans la nuit avec peu de suite. Le lendemain , recueillant les débris des Perses et des étrangers à sa solde , il rassemble environ quatre mille hommes, et gagneThapsaque en diligence pour mettre l'Euphrate entre lui et Alexandre.

D'autre par t, les transfuges Amy nias ^ , Tbymodès ^, Aristomède de Phère, et fiianor, acaruanéen, fuyant par les hauteurs qu'ils avaient occupées, arrivent à Tripoli en Phénicie, avec huit mille hommes. Là , trouvant à sec les vaissean * qoi les avaient amenés de Lesbos , ils mirent à flot le nombre de bâtiments nécessaire pour les transporter , et ayant brûlé le reste dans les chantiers , pour ne laiMer aucun moyen de les poursuivre, se sauvèrent à Cypros et de là en Egypte où, voulant remuer, Amynuis fut tué quelque temps après par les habitants du pays. ''*'

Cependant Pharnabase et Autophradates , après avoir séjourné quelque temps dans l'île de Chio , y laissèrent une garnison , et ayant détaché des vaisseaux vers Cos et Halicarnasse,' vinrent devantSyphnosaveccenlde leurs meilleurs b&tfanents.

Là , une trhrème conduisit Agis^, roi des La-

' ArrieD ajoute légitimement !

' Fils (TAnlîochus.

' Fîb dé Bl6n(or.

< Ofl sait que les Anciens retiraient leun taisieaui à terre lorsqu'ils ne s'en senraieal poiîit.

cédémonietis ; il venait demander de Tsur^nt, un renfort de tiNDupes de terre et de mer, pour tenter une invasion danâ le Péloponèse. Ils a(iprennent la défaite d'Issus. Frappés àe cptte nouvelle , Pharnabase retourne à Chio avec douze trirèmes et quinze cents stipendiaires , pour prévenir le mouvefnent quecet échec pourrait exciter dans Tile ; Agte reçoit trente talents d'Autophradates et dix trirèmes , db^t itrenii"! le commandement à Hippks pour les condilirêr vers son frère Agésilas ; à Ténare , avec ordre de donn^aux matelots paie complète, et de se porter rapidement en Crète pour la maintenir. Lui-même , après s'être arrêté quelque temps à ces parages , rejoint Autophrâdates à HalK carnasse.

Alexandre part pour la Phénicie , après aroir établi Hemnon Gerdinas , satrape de la Coeld- Syrie , ayant sous ses ordres la cavalerie des alliés pour tenir la province* Alors vmt à sa reircontre le fils de Gérostrate , roi des Aryens et des insulaires finitimes, lequel , i l'exempte des rois de Phénicie et de Cypros , avait rétiili ses vaisseaux à la flotte d'Autophradates ; Sira^ ton place sur la tête d'Alexandre une couronne d'or , et lui Uvre l'ile d'Arados , et Marathe, ville puissante et riobe , située en foce , sur te continent, etMariammé et toutes les placés de ^ ses états.

Alexandre était à Marathe, lorsqu'il reçdt des députés et des lettres de Darius , qui de< mandaient la liberté de sa mère , de sd femme et de ses enfants. Darius rapp>âait les fermes du traité<{ui avait existéentre Artaxerxe et Phl« lippe. Il accusait ce dernier de l'avoir rompu, en attaquant, sans aucun sujet de plainte, Arsès, fils d' Artaxerxe. Darius ajoutait que, depuis son a?ènementautrdnedesPerses,Atexandren'avait point député pour renouveler leur ancienne alliance; qu'au contraire^ il avait passé en Asie à la t^e d'une armée , et traité les Perses' en ennemis ; que lenr roi avait dft alors prendre les armes pour défendre son pays etl'honnetir du trône ; que la volonté des dieux avait diieidé de l'issue du combat ; mais que roi , il redemandait à un roi sa mère , sa femme et ses enfants captifs ; qu'il implorait son amitié, et te priait d'envoyer des dépntés qui , réunis aux siens, Ménisqueet Arsima, recevraientet donneraient des gages réciproques d'aiiiaiice.

ËXPÉDfriONS D'ALEXANDRE.

Alexandrer envoie les députés de Darius avec

une lettre, et Thersippe, dont la commission est sors de Dariaaconduiis par CophenèsS àDa-

Sur ses entrefaites, apprenant que les tré-

de la remettre sans autres explications. £lle

étajt conçue en ces termes :

« Vos ancêtres entrèrent dans la Macédoine et dans la Grèce , et les ravagèrent ; ils n'avaient reçu de nous aucun outrage. Généralissime des Grecs, j'ai passé dans TAsie pour venger leur iojureet la mienne. Eu effet, vous avez secouru les Périnthiens qui avaient offensé mon père.. Ochus a envoyé une armée dans la Thrace soumise à notre empire. Mon pèrea péri sous le fer des meurtriers que vous avez soudoyés, et, partout dans vos lettres, vous avec fait gloire de ce crime. Après avoir fait assassiner Arsès et Bagoas , vous ftvez usurpé le trtee contre toutes les lois de la Perse ; coupable envers les Perses , vous avez écrit ensuite des lettres ennemies dans la Grèce pour Texciter à prendre les armes contre moi ; vous avez tâebé de corrompre les Grec^ à prix d'argent , qu'ils ont refusé , à l'exception des Lacédémonîens; et cherchant à ébranler, par ta séduction de vos émissaires, la foi de mes alliés et de mes amis , vous avez voulu rompre la paix dont la Grèce m'est redevable. C'est pour venger ces injures , dont vous êtes l'auteur , que j*en ai appelé aux armes. J'ai d*abord vaincu vos satrapes et vos gé^raux, ensuite votre armée et vous-même. La faveur des dieux m'a rendu maître de votre emp re ; vos soldats , échappés du carnage et réunis auprès de moi , se louent de ma bienveillance ; ce n'est point la contrainte , mais leur volonté qui les retient sous mes drapeaux . Je suis le midlre de l'Asie , venez me trouver à ce tilre. Si vous concevez quelque crainte 'de ma loyauté, envoyez vos amis recevoir ma *foi. Venez, et je jure non-seulement de vous rendre' voire mère , votre femme et vos enfîmts , mais encore de vous accorder tout ce que vous me demanderez. Du reste , lorsque * vous ni'adresserez vos lettres , souvenez-vous que vous écrivez au souverain de l'Asie * ; que vous n êtes plus mon égal ; que l'empire est à moi. Autrement je l'aurai à injure. Si vous en appelez du titre du roi à un autre combat, ne fuyez point ; je vous atteindrai partout. »

* Lettre de tapiUm.

mas , les gardes même , et tout ce qui faisait l'orgueil elle luxe du monarque persan étaient tombés en son pouvoir, il les laisse dans cette ville aux soins de Parménion. *

Alexandre faitamener devant lui lesenvoyés que la Grèce avait députés vers Darius avant révénement, et qui étaient au nombre des prisonniers , savoir : Euihyclès de Lacédémone ; Iphicrate, fils du général athénien de ce nom ; Thessaliscus^; et Dionisodore, vainqueur aux jeux olympiques. Il renvoya aussitôt ces deux derniers quoique Thébains , sbtt par commisération pour lift malheurs de leur cité, soit que l'excès même delà vengeancedes Macédoniens qui la détruisirent , excusât leur démarche auprès de' Darius. Il les traita donc avec bonté ; itdit àThessaltscus : Je vous pardonne par cotv tidération pour voire naissance. Il était en effet un lies premiers de Thèbes. Et à Dionysodore: Enfu9eurde volrevictoireauxjeux olympiques. A Iphicrate : A etmse de l'amour que je porte aux Àthét^iens ^ et de ta gloire de votre phre. Il le retint auprès de lui avec honneur tant qu'il vécut , et après sa mort il fit porter à Athènes ses cendres qu'on rendit à sa famille.

Pour Euthyclès, comme il était Lacédémonien , et que ce peuple était en guerre ouverte avec Alexandre ; comme d'ailleurs il ne présentait, par lui-même, aucun titre de grâce, il fut retenu prisonnier sans être dans les fers ; et le suorès achevant de couronner les entreprises d'Alexandre, il fut remis en liberté.

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