LIVRE II, CHAPITRE VII
tes montent eonrageuieinent à la brèche ; à leur tète Admète se distingue par des prodiges de valeur; Alexandre lui-même lestait afin de partager leurs dangers, el d'être témoin des ex* ploitsdechacund'eux. Il se rend mahrede cette partie des murs ; les Tyriens font peu jde résistance dès que les Macédoniens combattent de pied ferme et n'ont plus le désavantagede gravir sur un rempart escarpé. Admète , qoi monta le premier à là brèche , tombe percé d*un coup de lance au moment où il encourage les siens.
Alexandre s*ouvre alors un passage avec ses hétaïres , s'empare de quelques tOurs et de la partie intermédiaire des murs , et marche vers le palais le long des remparts , d*oii Ton descendait facilement dans la \ille. .
Cependant sa flotte, réunie à celle des Phéniciens , attaque le port qui regarde TÉgypte, en rompt les barrières, coule à fond tous les vaisseaux quVlle y trouve, chasse les pluséloignés du rivage ; brise les antres contre terre , tandis que les Cypriens, trouvant le port en foce de Sidon sans défense, s'en emparent, et pénètrent aiissitôt dans la ville.
Les Tyriens abandonnent leurs murs au pouvoir de Tennemi , se raUient dans TAgénorium , et de là font face aux Maeédoniens. Alexandre les attaque avec les hypaspistes, en tue une partie , et se met à la poursuite des autres. II se i-aii un grand carnage, la ville étant prise du côté du port, et les troupes de Cœnus entrées; les Mac<kioniens'furieux n'épargnaient aucun Tyrien : ils se vengeaient de la longueur du siège ^ et du massacre de quelques-uns des leurs que les Tyriens, ayant fait prisonniers au retour de Sidon, avaient égorgés sur leurs remparts, à la vue de toute l'armée , et précipités dans les flots. Huit mille Tyriens furent tués. Les Macédoniens ne perdirent, dans cette afiaire, que vingt hypaspistes avec Admète percé sur le rempart dont il venait de s'emparer, et pendavt tout le siège quatre cents.
Le roi Azelmicus, les principaux des Tyriens et quelques Carthaginois qui , après avoir con* suite roracle, venaient sacrifier à Hercule, s'étaient r^ugîé^ dans son temple; A^xandre leur fit grâce : le reste fut vendu comme esclave,
< Le siège de Tyr dara sept mois ; la ^ille fut prise l'an f 250 de rère de Paros , la premil^ année de la cent douzième olympiade.
au nombre de trente mille, tant Tyriens qu'é* trangers^.
Alexandre sacrifie à Hercule ; la pompe fat conduite par les troupes sous les armes ; les vaisseaux même y prirent 'part. Oncélébrades jeux gymniques dans le temple , à Téclat de mille flambeaux ; Alexandre y consacra lamachine qui avait battu le mur en brèche et fin vaisseau qu'il avait pris sur les Tyriens, avec une inscription peu digne d'être rapportée, quel qu'en soit Tauteur.
Ainsi fut prise la ville de Tyr, an mois Hé-^ jcatombeon, Anicétus étant archonte à Athènes.
Alexandre était encore occupé au siège, lorsqu'il reçut des députés de Darius , qui lui offrirent , de sa part , dix mille talents pour la rançon de sa mère, de sa femme et de ses enfants, Tempire du pays qui s'étend depuis la ' mer Egée jusqu'à TEuphrate, enfin l'alliance de. Darius et la main de sa fille. On rapporte que ces offres ayant été exposées dans le conseil , Parménion dit : c Je les accepterais , si j'étais
> Alexandre , et mettrais fin à la guerre. » Mais Alexandre : c Et moi si j'étais Parme- • nion ; je dois une réponse digne d'Alexandre. Et aux envoyés 2 c Je n'ai pas besoin des tré-. » sors de Darius; je neveux pointd*unepartiede
> Tempire; tous lestrësorsetl'empireentier sont
> à moi. J'épouserai la fille de Darius , si c'est
» ma volonté , sans attendre celle de son père. ^
> S'il veut éprouver ma générosiié qu'il vienne. > Darius, à cette réponse, désespère d'un ac-
commodément , et se prépare à la guerre.
Alexandre tente une expédition en Egypte*. Il s'empare d'abord en Syrie de toutes les WMes de la Palestine ; une seule lui résiste. Gaza , où commande Teunuque Bétis. Il avait fait entrer dans la place plusieurs troupes d'Arabes à sa solde, et d^s provisions pour un long siège qu'il croyait soutenir facilement , la place paraissant imprenable par sa situation. Alexandre était détermiaé à remporter.
* La colère du roi n'étant pas assonfie , 4ii le bon Roilin', il flt voir nn spectacle horrible aux yenx même dea Tatnqnears ; car deux mille hommes étant restés du massacre , aprta- qu'on fat las de tuer, Il les 6t attacher en croix le long du rivage. ( RoU. , 229. )
s Ce qui facilita la con(|aéte d'Alexandre en Egypte « c'est que les Égyptien^ étalent irritétccmfre les Peraes, qui, après afoir profané tons leurs temples, les traitaient euxmêmes avec ftne extrême dureté. ( Diod. , Sic. , t , 17. )
EXPÉDITIONS D'ALEXANDRE
Gaza ûtt à vingt âfades ^ de la mer, dont le * fond n'offre qu'un lit fengeux près dé la ville, à laquelle on arrive par des $ables difficiles à traverser. Celle placé est considérable : assise sur la dme d'un Aont, et défendue par de fortes muraHles, située à Fentréedu désert, elle est la clé de l'Egypte du cdté de la Phénide.
Alexandre campe» dès le premier jour» aux fleds de |a ville » du côté le plus faiMe , et ordonne d'y dresser les machines. Les constructeurs lui représentent que la hauteur du lieu mv lequel les murs s'élevaient , les mettait hors \i'atteinte. Alexandre pressait d*autant plus Fattaque , qu'il était irrité par la difficulté ; il pensait que cette conquête inopiné frapperait l'^nemi de terreur ; s'il échouait , quelle honte pour lui auprè$<les Grecs et de Darius ! ^ Il fiiit élever autour de la ville une terrasse assez haute pour rouler les machines contre les murs : ilfit commencer l'ouvrage» du côté me- . ridional , qu'il lui paraissait plus facile de Ixittre. Les travaux achevés , les Macédoniens font • jouer les machines.
Dans le moment où Alexandre, la couronne en tête, ouvrait le sacrifice selon les rites cousyrés, voilà qu'un oiseau de proie, volant au-dessus de Tautd, Itisse tomber sur la iéte du priuce une pierre qu'il tenait dans ses serres. - 11 consulte Aristandre sur ce présage; et le devin lui répond : c Vous prendrez la ville; ' '» mais gardez- vous de cette journée. «Alexandre se relîi^fi alors derrière les machines loin de . la portée du trait.
Cependant les Arabes font une V)ve sortie, mènent le feu aux machines; profitant de Tavantage des iiauteurs, il accablent les Macédo* niens, et les repoussent des travaux avancés.
Alors Alexandre, soit que son caractère,
soit que l'embarras des siens lui fiènégligcr la
prédiction du devin , se met ù la tête des hy-
paspistes,et vole au secours des Macédoniens;
•* il arrête leur fuite honteuse. Un trait lancé par
' SSS2 mètres 45 ceimm. (1S90 toises.)
SSS ÎT. J.-C
une catapulte perce son boudier , st cuirasse, et le blesse à l'épaule* Use ressouvmt alors de la prédiciioi d' Aristandre, dont il se rappela avec joie la seconde partie, savoir, qu'il prendrait la ville. Il eut beaucoup de peine à se guérir de celte blessure.
On amène par mer les machines qui avaient servi au siège de T^t; on établit autour de la ville une levée à la hauteur de deux cent dn« quante |Aeds , sur deux stades de laï^or , on y plac»les machines; on bat de tous oétës les murs , après avoir pris la précaution de les miner secrètement : ébeanlés alors par la mine et par lasappe, il s'écroulent* . Les Macédoniens écartent à coups de traits les défenseurs qui paraissent au haut des tours. Trois fois les assises soutinrent, quoique avec une perte considérable, l'effort des Abioédo' piens; mais au quatrième assaut, Alexandre donnant avec sa phalange et faisant jouer de tous côtés les machines, les Macédoniens parvinrent à appliquer des échelles. Une vive émulation se manifêsfe entre les braves à qui montera le premier. Néoptolème, de la race des Éacides, un des hétaires , devance les autres : il est suivi par les généraux et par leurs trou* pes. Des Macéddniens pénètrent dans Tintérieur des remparts , ouvrent les portes aux leurs ; toute Tarmée entre : les habitants de Gaza se rallient encore contre l'ennemi maître de la ville , et chacun d'eux n'abandonne son poste , qu'avec la vie.
Alexandre réduit à l'esclavage leurs femmes et leurs enfants \ rempht la ville d'une colonie de peuples voisins , et s'en foit une place forte pour toute la campagne.
* On dit qu'un bra?e ofOcier (Bétis) ayant océ arrêter Alexandre deux mois devant Gaza , il le fit attacher par les pieds derrière un cbar , et traîner ainsi jusqu'à la mort autour de la yllle. 11 voulait^ dîH» , imiter AdilUe qui » dans Homëre , traite ainsi le cada?re d'iiector. La lecture dllomère serait bien dangerenae, si elle inspirait toaTent de pareilles idées anx hommes puissants. (Lûig.)
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