‹ Choix des historiens grecsChapitre 144 sur 286 · LIVRE II, CHAPIWE Vil · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPIWE Vil

bre de toars , et ordonne anx architectes de construire de nouvelietr machines. Cependant îi part avec les bypaspistes et les agriens, pour rassembler et retirer tovs ses vaisseaux de la cdte des Sidoniens, reconnaissant la prise de Tyr impossible tant que les assiégés tiendraient la mer.

Sur ces enCrefoitesy Gérostrate» roi d'ÂradOB , et Enylus , roi de Biblos , apprenant que leurs villes étaient tombées au pouvoir d'Alexandre, ^e séparent de la flotte 4'Autophi^dates, et viennent, avec leurs vaisseaux p.\k% trirèmes des Sidoniens, grossir celle d'Alexandre , forte alors de quatre-vingts voiles phéniciennes* Les jours suivants , on vit s'y réunir les trirèmes de Rhodes , dont l'une surnommée PéripolCy trois de Soles et de ïlalle^ dix de Lycie, une de Macédoine, à ciqquante rames, montée par Protéas ^ , enfin cent vingt voiles aoienéespar les rois de Cypros, sur la nouvelle de la défaite de Darius et de la conquête de presque toute la Phéuicie. Alexandre leur pardonna d'avoir favorisé le parti des Perses» où la forcé les avait engagés plutôt que leur volonté. *-

Tandis qu'on achève les machines, qu'on équipe et qu'on armç les vaisseaux , Alexandre » prenant avec lui qoelques détachements de cavalerie, les hypaspistes et les agriens et les hommes de trait, marche en Arabie» et tire vers rAniiiiI)an ^. Haitre de tout le pays, par force ou par composition, il revint le on^ zième jour à Sidon, où il trbuye Cléandre ^ qui venait du Peloponèse avec (|tiatre mille stipendiaires grecs.

La flotte étanVdLsposéc, il emba^ue quelques-uns des:)iypaspistes les plus pfopres à un coup de main, st on en venait ù labordage, et, partant déSSdbn, il cingle vers ïyriea bataille râfngée. Il était à la poiolede l'aile droite qui s'étendait en pleîae mer» ayant avec lui les rois de Gypros et de Phénjcle, à l'exception de ftuytagore^qui tenak la gaacb^ avec Cratérus.

Les Tyriens s'étaient proposé d'abiird de lui livrer la bataille s' il faisait approcher éa flotte ; ils ignoraient qu'fille était grossie des

' Fils d' Andronl^e.

' Montagne.

3FUtdePolémocnte. *

forces de Cypros et de la Pbénicie; mais ils ne voulurent point se compromettre a la vue de cette flotte formidable qu'ils n'attendaient point , à la vue de l'ordre de bataille qui se développait. En efixït, Alexandre, avant de s'approcher des murs, avait foit stationner «ne partie de ses forces ponr atteindre les Tyriens, tandis que l'autre manœuvrerait avê^rapîdité« Les assiégés, rassemblant leurs trirèmes à l'embouchure des ports, se bor^ièrent à les fermer à Tennemi de tous côtés. Alexandre, voyant que les Tyriens se tiennent sur la défensive, approche de la ville. Il n'essaya point de forcer F-entrée du port qui regarde Sidon, trop étroite,et défendue d'ailleurç par les trirèmes dont la proue menaçait , il coule à fond trois galères avancées vers l'extrémité. Ceux qui les montaient regagnèrent à la nage Til^ qui les favorisait. Alexandre vient jeter l'ancré près du môle qu'il avait élevé, et qui protégeait sa flotte contre les vents.

Le lendemain il fait attaquer la ville vers le port^ en face de Sidon, par Anflromaqoe, conduisant les bâtiments de Cypros; il fait tenir par les Phéniciens l'espace au-delà du môlct du côté qui regmxlc l'Egypte, et qu'il occupait lui-môme. A l'aide d'une multitude d'ouvriers de Cypros et de Phénicie qu'il avait rassemblés , un grand nombre de machines étaient* déjà dressées ; les unes furent placées sur le môle; d'autres sur les bûiimenis de charge amenés de Sidon ; quelques-uns enfin sur des trirèmes plus pesantes. On traîne les machines; les trirèmes s'approchent des murs pour les reconnaître. Les tyriens y avaient élevé des tours de bois en face du môle , du haut des: quelles ils faisaient pleuvoir des traits et des feux sur les machines et sur les vaisseaux pour les écarter de ce rempart , haut de cinquantecinq pieds, épais à proportion et formé de larges assises de pierres liées entre elles avec du gypse. Les bâtiments de chargfh et les trirèmes qui devaient porter les machines aux pieds des murs étaient arrêtés par les quartiers de rocher jetés par les Tyriens popr en baiter l'approche. Alexandre ordonna de la dé* barrasser ; mais il était difficile d' ébranler o«$ masses, vu que les vaisseaux n'offraient qu'un poîpt d'appui mobile. Les Tyriens , s'avançant d'ailleurs sur les vaîsseanx couveru, se çH^

EXPÉDITIt>NS D'ALEXANDRE.

assiv. I.-G*

saient jusqu'aux câbles des ancres qu'ils coupaient y et s'opposaient à Fabord de l'enneoii. Alexandre, couvrant de la même manière plusieurs triacontères, les disposa en flanc pour défendre les ancres de i'atieinie des Tyriens; alors leurs plongeurs venaient couper les cordes entre deux eaux. Pour les éviter, les Ma-* oédeniens sont réduits à jeter Tancre avec des chaînes de fer;

Cependant à l'aide de câbles on tire des eaux les qi^artiers de pierre accumulés devant la place ; des machines les rejettent au loin à une distance où ils ne peuvent plus nuire : l'approche des murs devient facile.

Dans celte extrémité, les Tyriens résolurent d'attaquer les vaisseaux de Cypros qui. menaçaient le port en face de Sidon. Ils tendent des .voiles pour dérober à l'ennemi i'embarque^ ment des soldats. Ils s'ébranlent à midi, à l'heure que les Macédoniens vaquaient à leur réfection , et qu'Alexandre avait quitté les vaisseaux stationnés de l'autre côté de la ville, pour se rendre dans sa tente. Leur armement était composé de trois bâtiments à cinq rangs de rames, de trois autres à quatre rangs, et de sept trirèmes tous montes d'excellents rameurs et de soldats bien armés, d'une valeur éprouvée, pleins d'ardeur pour le combat et exercés à l'abordage. Les rameurs fileuF lentement, sans bruit et sans signaux : dés qu'ils sont à la vue des Gypriens , ils poussent un" grand cri; tous donnent le signal, précipitent la rame, fondent sur l'ennemi dont ils surprennent les vaisseaux siaiionnaires, les uns dépourvus de forces , et lesautres mis en défense à la hâte et en désordre. Au premier choc le bâtiment de Pnytagore , celui d'Androclès ^ et de Pasicrate ' sont œulésà fond; les autres sont échoués sur le rivage. •

Le hasard voulut qu'Alexandre s'arrêtât dans sa tente moins longtemps que de coutume, et revint bientôt vers ses vaisseaux : à peine la sortie des galères tyricnnes lui estelle connue, qu'il détache aussitôt celles dont il pouvait disposer autour de lui ; armées à la hâte, elles vont précipitamment s'anp^rer de l^mbouchure du port pour en fermer la sor-

* Fils d*Amatbusiu8.

* Fils de Thuriée.

tie au reste des vaisseaux tyriens. Lui-même, avec ses bâtiments à cinq rangs , et cmq trirèmes les premières armées, toumela ville pour joindre l'ennemi sorti du port.

Les habitants, apercevant du haut des murs le ifjdovvement qu'Alexandre dirige en personne, excitent les leurs à retourner, d'abord par de grands cris qui se perdent dans {e tumulte, et ensuite par toutes sortes de signaux. Ceux-ci s'apercevant trop tard' de la poursuite d'Alexandre, regagnent le porta pleines voiles; ^quelques vaisseaux échappent par la faite; ceux d'Alexandre, tombant tout coup à sur les autres, les mettent hors de manoeuvre, et prennent, à l'embouchure même du port^ un bâtiment de cinq rangs et un autre de quatre. L'action ne fut point sanglante; les gens de réquipage des vaisseaux capturés regagnent facilement le port à la nage.

La mer fermée aux Tyriens, on approche les machines de leurs murs : en fact du môle et de Sidon, la soliditédes remparts les rend inutiles. Alexandre , cernant alors toute la partie méridionale qui regarde l'Egypte, lafoit attaquer de tous côtés : le mur fortement battu cède et s'ouvre; on jette des ponts, et sur-le-champ on s'avance du côté de la brèche ; mais les Tyriais repoussent aisément l^ennemi.

Trois jours après, la mer étant dans le plus grand calme, Alexandre exhorte les généraux de son armée , et revient avec ses vaisseaux chargés de macj^nes, à l'attaque des murs, les ébranle du premier choc et en abat une grande partie. Il fait alors succéder aux premiers deux bâthnent&^ qui portaient des ponts pour passer sur les ruines, montés, l'un par les hypaspistes soub le commandement d'Admète , l'autre par des hétaïres h jved sous celui de CcBDUs. Il se propose lui-même ie pénétrer par la brèche avec les hypaspîstes, il fait avancer ses trinèflies, vers Tun et4'autre port, afin (te s'en emparer au oioment où les Tyrî^s courraient ^aux remparts/Les autres vaisseaux, chargés de i^achines et d'archers, tournent les murs avec ordre d'attaquer sur tous les points acc^ibles; ou du^oins de se tenir toujmifs â la portée du trait, pow* que le» Tyriens, pressés de touies parts, ne sussent rà donner.

Cependant les vaisseaux commandés par Alexandre jettent leurs ponts ; les Hypaspis-

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