LIVRE V, CHAPITRE III
jour destiné au passage, il en fait les disposî» tiens, dans son camp, à la vue de l'ennemi* Gratérus doit y rester avec son oorps de cava-' lerie , les Ai^achotienset fea Paropamisades , la phalange des Macédoniens t les bandes d'Aïcétas etdePolysperchon, les cinq mille Indiens auxiliaires et leurs, chefs. Il a l'ordre de ne passer Je fleuveque lorsque Porus serait ébranlé et vaincu. •' Si Porus ne mardie contre moi > qu'avec une partie de son armée , sans ame-» » ner les éléphants, ne bougez; dans le caa' » contraire, pasSez aussitôt : la cavalerie n< 1 peut être repoussée que par les éléphants ; le » reste de l'armée ne saurait vous arrêter. >
Entre Tile et le camp» Méléagre, Attalus et 6orgias, aveo la cavalerie et l'iitltinterie des stipendialres , reçoivent l'ordre de passer lé fleuve par détachements , aussitôt que l'action sera engagée avec Porus.
Alexandre , à la tête de l'agéma , des hétaïres, des chevaux d'EphestioA , de Perdiccaë et de Démétrius, des Baolriens , des Sogdiens, de la cavalerie scylhe, des archers daces/à cheval, des hypaspistes de la phalange, des bandes de Clitus et de Cœnus, des arohérs et des agriens, s'éloigne assez du rivage poitr dérober sa marche à l'ennemi , et se dirige vefs le rocher, on <lispose pendant la nuit les radeaux* L'orage qui vint alors à éclater , le bruit du. tonnerre covvrant celui des apprêta et d^s armes, et la pluie dérobèrent à l'ennemi les préparatifs d'Al«iLandre« Protégé par la forêt , on ajuste les bâtiments et les triaconteres.
Au point dp jour, et l'orage apaisé, Alexan^ dre effectue le. passage t.uxia bonne partie de l'infanterie et de la cavalerie passe dans l'Ile ^ les uns sur des bâtiments, les autres sur des radeauXi Les éclaireurs do Porus ne s'aper-» çoivent du mouvement des Grecs qu'au moment où ceux-ci touchent presque à la rive opposée.
Alexandre monte lui-même un triacontère, et aborde avec Ptolémée , Perdiccaa et Lysi<maque, ses gardes, Séleucus, un des hétaires, qui fut depuis son successeur , et la moitié des hypaspistes; l'autre moitié passe séparément. Les éclairetu*s courent à toute bride en donner avis à Porus.
Alexandre touche à terre le premier; range
EXPEDITIONS D'ALEXANDRE
avec ses {généraux » la cavalerie en bataille » à mesure qu'elle arrive (elle avait reçu l'ordre dopasser la première.)
Le prince marchait à la tête contre rennemi, quand il reconnut qu'il était dans une ile fort {grande y (ce qui avait causé son erreur), et qui n'était sépara de terre que par un eanal assez étroit f mais la pluie tombée pendant la nuit Favait grossi au point que la cavalerie, ayant peine à trouver un gué , crut que ce bras du fleuveseraitaussi.difficileà passer que lesdeux autres. Ou le traversa cependant malgré la hauteur des eaux , les chevaux en eurent jusqu'au poitrail , et Finlanterie jusque sous les bras.
Le fleuve passé, Alexandre place ù Fnile droite l'agâna de sa cavalerie , avec Téliie del hipparques ; il jette en avant les archers à cheval, les fiiit suivre par rinfenterie deshypaspisles royaux , sous les ordres de Séleucns ; vient ensuite Fagéma royal et le reste des hypaspistes, chacun dans le rang que ce jour lui avait assigné; les cAtés de la phalange sont flanqués d'archers , d'agriens et de fropdeurs.
L'ordre de bataille q^insi disposé, il laisse derrière lui six mille hommes d'infiinterie qui doivent le suivre au pas. Il court à la tête de cinq mille chevaux contre l'ennemi, auquel il cr(if sa cavalerie supérieure. . ¥auron , toxarque, le soutiendra de suite avec ses archers. Si P«rus venait à sa rencontre avec toute son arm^ , il espérait la mettre en déroute du premier choc de la cavalerie, ou du moins soutenir le combat jusqu à l'arrivée de finfiginlerîe. Si les Indiens , épouvantés de son audace , se débandaient, il les poursuivait, en taisait une boucherie, et déti'ttisait d'autant la masse de leurs forces pour un-autre combat.
Aristobule raconte que le fils du monarque indien parut avec soixante cliars sur le rivage, avant qu'on eût franchi la seconde ile; qu'il aurait pu alors s'opposer au passage des Grecs, qui s'éiûit même effectué difficilement , alors qu'ils n'avaient point rfté repoussés; qu'il aurait pu tomber encore sur* eux au moment où ils abordèrent, mais qu'il s'éloigna sans tenter aucune résistance ; qu'Alexandre détacha à sa poursuite les archers à cheval , qni tuèrent a *i ennemi beaucoup de monde dans sa fuite.
Selon d!autres historiens , le fils de Porus ,
à la tête d'un nombre considérable d'Jndiens , attaqua la cavalerie d'Alexandre au sortir du fleuve, blessa ce prince et tua même son cheval , Bucéphale, qu'il chérissait beaucoup.
Muis Ptolémée le rapporte autrcsnaent, et je partage 3on q>inion. Porus détacha effectivement son fils contre l'ennemi , mais non avec soixante chars, ce qui n'est pas vraisemblable. £n effet, comment, insuruit de la marche d'Alexandre, Porus aurait-il exposé son fils avec des forces trop embarrassantes s'il ne s'agissait que dlune recoonaissance , et trop faibles pour arrêter les Grecs ou les combattre? U vint avec deux mille chevaux et cent vingt chars , mais il n'arriva que lorsque Alexandre avait franchi la seoande tMr.
Alexandre détacha aussitôt contre lui ses archers à cheval, et marcha à la tête de sacavalerie. Il croyait avoir à combattre Porus avec toutes ses forces, prenant ce corps decavalerio ppur Tavant-gàrde. Hais bientôt instruit par ses édaireurs du nombre des Indivis, il pousse sur eux avec toute sa cavalerie; l'ennemi qu'il vient choquer, non en ordre de bataille , mais en masse, se débande; quatre cents hommes de la cavalerie indienne et le fils de Porus sont tués; on s'empare des chevaux et de tous les chars qui n'avaient pu être employés, ni dans le combat, ^ur un terrain que la pluie avait rendu impraticable, nidans lafiiite, àcause de leur pesanteur.