CHAPITRE PREMIER
Navigation sur rHydaspe. — Igaoranoe d'Alexandre en géographie. — Mort de Cœotts ; Porus earielii de tontes les conquêtes d'itexandre dans rinde; emlKirqoement sur THydaspe. — Nomln^, départ fi ordre des vaisseaux ; navigatton. — Gooflaent de TAcésinès et de rHydaspe: passage dangereux.
Alexaodre , ayant rassemblé sur les bords de rHydaspe plusieurs galères, savoir : des triacontères * et des hémiolies avec des bippagoges, résolut de naviguer jusque sur la grande mer. Et comme il avait remarqué que de tous les fleuves Tlndas est le seul ou l'on trouve des crocodiles , ainsi qu'aux bords du Nil y et vu des fèves semblables à celles de l'Egypte sur les bords deTAcésinès, qui se décharge dans rindus , il ^'imagina follement qu'il avait trouvé les sources du NiL II supposait que ce fleuve, prenantja source dans les Indes, traversait des déserts immenses, y perdait son nom , et , arrivé enfin aux plaines
« Les Tryteontireiy e'est-è^ire galères à trente rames, n'étaient pas des galères de guerre , teUes que eeUes dont tes Grecs se serraient dans la MédHermée, et qa'on nommait frirèm^s, c'est-à-dire galères à trois rangs de rames. Celles dont i] est qaestioo ici nPavatent, à ce qa*U parait, qn'on seul pont et nn seul rang de trente rames, à savoir qm'nze de diaqoe côté.
Les Hémiolies on Birèmes , c'est-à-dire , galères à dew rangs de rames, étaient, suivant Oronotins, des galères à demiiKmt, dont le milieu restait à découvert pour les ra-
Les H*g$agoges éUient des liâUmenU de ||pnsport ponr la cavalerie. -
culliv^ de rÉthiopie et de l'Egypte , recevait celui (Te Nil, ou, selon Homère, d'Ëgyptus^ et se jetait dans la Méditerranée.
Se fondant ainsi sur les conjectures les plus frivoles à l'occasion d'un poipt de géographie très-imporiant 9 il écrivit à Olympîas qu'il avait enfin trouvé les sources du Nil. Mieux éclairé depuis, instruit par les habitants que l'Hydaspe sa décharge dans l' Acésînès et celuici dans rindus , où Us perdent leurs noms , et que rindus , qui n'a rien de commun avec l'Égypre , se rend dans la grande mer par deux eqabouchures, il effoça, dit-on , ce passage de sa lettre^ etcontinuas^ préparatifs pour l'embarquement. Il employa sur la Qotte les Phéniciens, les Gypriens, les Cariens et les Égyptiens , qui avaient suivi Tannée.
Sur ces entrefaites, l'un des hétaïres les plus intimes, Cœnus*, est emporté par une maladie. Onjpi Êiit dans la circonstance des obsèques magnifiques. Tous les hétaïres et les envoyés de l'Inde rassemblés, Alexandre déclare en leur présence qu'il donne à Porus tout l'empire des Indes qu'il a conquises > com« prenant sept nations , et an-delà de deux mille villes.
Il partage alors son armée; il s'embarqoe avec tous les kypaspistes , les archers, les ^riens et l'agéma de cavalerie. Cn^ténis conduit sur la rive droite du fleuve une pariîe de la cavalerie et de l'infanterie; sur la gauche marche Éphestion , avec le gros de l'arnaée et deux cents éléphants. Ils s'avanceront vers la
capitale de Sopithès. PhiKppe, satrape du pays frontière de JaBactriaoe» au-delà de Flndus » doit les suivre daos trois jours. On renvoya aux Nyséeos leurs chevaux. Le cominaiidemeiit de toute la flotte fut donné à liéarqUe , et celai du vaisseau que montait Alexandre ^ à Onésicrite , lequel en impose dân$ son histoire, abrs qui! se donne pour le commandant-général de la flotte.
Cette flotte , au rapport de Ptolémée , dont je suis Tantoriié, était composée de deux mHle bâtiments, dont quatre-vingt triacontèr(!s; le reste consistait en biUiments légers et de transport. Tout étant disposé pour le dé]3$^rt , l'armée s*embarque au lever de Taurore.
Alexandre y sacrifie aux dieux et au fleuve de THydâspe, selon le rite grec, et d'après ravis des devins. Monté sur son vaisseau , il prend une coupe 4*or , s'avance à la proue , épanche la liqueur dans le fleuve: il en invoque le dieu et celui de TAcésinès , qui se réunit à l'Hydaspe, pour se précipiter dans llndus ; il invoque aussi Tlndus, et après les libatioo$ en Fbonneur d'Hercule, père de sa race, d'Ammon et des autres dieux qu'il révérait , la trompette sonne et annonce le départ de la flotte. Tous les vaisseaux s'ébranlent et s'avancent dans l'ordre fixé : chacun garde la ligae qui sépare les bâtiments de guerre entfC eux y et ceux-ci des bâtiments de transport S tous à une distance égale et nécessaire pour, ne se point choquer.
Cette manœuvre formait le plus beau speotacle : on entendait le bruit Wnotone et mesuré de cettemullilude de rames qui, s'élevant ou s'arrôlant àla voixdu kéleustès^, semblaient frapper toutes à la fois, et en cadence, le fleuve qui retentissait des cris des matelots. Ce bruit, ces cris, étëent multipliés par les échos des rochers et des forêts quît)ordaient le rivage élevé. Les chevaux, que Ton apercevait sur les hîppagoges, étaient un nouvel objet d'étomement pour les Bln*bares, accourus en foule sur les deux rives. En effet , c'était la
* Les vaisseacEx longB étalent te vaisse^iix de goeft^ et les ronds des vaisseaax marchands ,. des vaisseaux de çbnrge. Vlpian* in orat, Demosth. cmiira Leptinem, Les premiers se nommaient Kées, les seconds Plwa,* ' Kélenstès : le comité, celai double cri coaiiflaftdela manœuvre*
Arrien.