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LIVRE VI, CHAPITRE ID. 45t

à la tète de leurs troupes et de Tinlanlerie légère, avec ordre de tuer, s'ils refusent de sid rendre, tous ceux qn ils rencontreront dans les bois qui bordent les rives : cit ordre est exécuté.

Cependant Alexandre se dirige vers la capi* taie des Malliens, où les débris fugitif des au» très villes s'étaient réfugiés. A son approche elle est abandonnée; les Malliens traversent riiydraotès, et se rangent en bataille sur le rivage escarpé , pour en disputer le passage* Alexandre f marche aussitôt à la tête de sa cavalerie ; l'infanterie le suit»

A la vue des ennemis rangés en bataille sur Tautre bord, et sans attendre h phalange, il poursuit sa route à travers le fleuve avec b cavalerie. Épouvantés de son audace, les Indiens se retirent précipitamment, mais ^ bon ordre. Alexandre les poursuit. Les Indiens, ne voyant avec lui que la cavalerie, se retournent, combattent et se défendent avec vigueur ; ils étaieni près de cinquante mille.

Alexandre les voyant serrés, et n'ayaM point sa phalange, se borne à quelques esoarmouches, sans engager une action générale. Arrivent les agriens, les troupes légèrement armées, les archers qui foisaient partie de sa suite; la phalange n'est pas loin. A cet asped redoutable, les Indiens courent se réfugier près de là dans une place forte; Alexandre les pour* suit, en tue un grand nombre, renferme le reslè dans la ville, qu'il fait cerner par sa cavalerie jusqu'à l'arrivée de l'infanterie. Il aurait donné l'assaut s'il eût^ resté assez de jour, et si ses troupes n'eusœnt point été fatiguées par une longue marche, par le passage du fleuve et la poursuite de l'ennemi.

Le lendemain ii forme deux divisions die son armée : il attaque avec la première, tandis que Perdiccas, à la tète de la seconde, donne l'assaut. Les Indiens cèdent la ville et se retirent dans le fort. Alexandre entre le premier Hq(tif la ville, après en avoir brisé les portes.

Perdiccas et sa division y pénétrèrent plus tard , les soldats n'ayant point approché les échelles, parce que trouvant les remparts sans défense, ils jugèrent que la ville était prise.

Dès que les Macédoniens voient les ennemis se défendre dans le fort, ils sapent aussitôt les murs, et courent de tous côtés saisir ka édiet

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les. Comme on tardait u les approcher^ Alcxan

SS2if.i.-c.

dre, dans son impatience, en arraehe une des mains d'iin soldat, rapplique contre le mur, et s*élaneè.^n se couvrant de son bouclier^ suivi de Pcucestas qui portait l'égide enlevée du temple de MiDerve à Troie» et de Léonnatus.Somatophylax. Abréas, dimoirite \ monte sur nne autre échelle.

Alexandre, parvenu sur le rempart, s'appuie sur son bouclier, et renversant les uns, frappant les autres de sonépée, il avait tout chassé devant lui. Cependant les hypaspistes, inquiets de sa personne, se précipitent sur les échelles; elles rompent sous le pojds; plus de moyen de franchir les murs. Alexandre se voit ejLposé aux traits que les Indiens, n'osani rapprocher, font pleuvoir des tours voisines et de l'intérieur de la place, car l'élévation où il se trouvait formait une esplanade avancée , et ce prince se faisait remarquer autant par l'éclat de ses armes que par celui i|e sa valeur.

N'ayant que le choix de pester exposé à ce danger ou de se jeter dans le fort, il prend ce dernier parti qui peut épouvanter les ennemis, et qui doit du moins, s'il succombe, l'immortaliser par la mort la plus glorieuse. H saute des remparts dans le fort. Adossé contre le mur, il perce de son épée plusieurs de ceux qui fondent sur lui, et entre autres le chef des Indiens. Il en écarte deux à coups de pierre, le dernier revient sur ses pas, il le frappe du glaive.

Les Barbares n'osant plus approcher, lancent de tous côtés sur lui les traits dont ils sont armés ou que le hasard leur présente. Cependant Peucestas, Abréas et Léonnatus, qui étaient parvenus sur les remparts avant que tes échelles fus^sent rompues, se jettent près de lui, et combattent vivement à ses côtes. Abréas tombe percé d'une flèche qu'il reçoit au visage; une autre atteint Alexandre, perce la cuirasse, et s'enfonce au-dessus du sein. L'air et le sang s'échappaient, au rapport de Ptolémée, par cette blessure. D'abord sa chaleur naturelle le soutint quelque temps, quoique sa plaie fût profonde; mais enfin, affaibli par la perte de son sang et de sa respiration , ses yeux se forment , il se pftme et tombe sur

■ CliefdefieiDi-flle.

son bouclier. Peucestas se mettant ju-devant, le couvre de Tegide de Minerve, Léonnatus le défend de son côté; mais ils sont grièvement blessés, Alexandre est près d'expiner.

Les Macédoniens frémissant de ne pouvoir escalader le fort , à la vue des traits qui pleuvaient sur Alexandre, et de la témérité qui l'avait précipité dans ce péril, sentant redoubler leur crainte et leur ardeur avec ses daogers, cherchaient à suppléer par tous les moyens au défout des échelles. Les uns fichent des pieux dans le mur formé de terre, s'y suspendent et s élèvent avec effort sur les épaules les uns des autres. Le premier qui franchit ainsi les remparts, saute dans la place, se range près d'Alexandre étendu sans mouvement ; d'autres le joignent en poussant des cris et des hurlements : ils couvrent le roi de leurs boucliers ; un combat terrible s'engage à l'entour. Quelquesuns courant à la porte placée entre les deux tours, lèvent les traverses et introduisent les Macédoniens. Ceux-ci , en se précipitant , renversent une partie du mur et fondent dans la place. On fait un affreux carnage des Indiens ; on passe tout au fil de Tépée jusqu'aux femmes et aux enfonts.

CHAPITKE 1V.

Suite des détails sur la blessure d'Alexandre. — Gontradietion des bistorienssur la blessure d'Alexandre. —Broifs de la mort d'Alexandre ; piean de Tarmée. — Alexandre se montre anx soldats; témoignages de lears transports. — Soumission entière des Oxydraques et des MaUiens.

On emporte Alexandre sur un bouclier ; sa blessure est profonde; on est incertain de sa vie. Selon quelques auteurs, le médecin Critodémus de Gos, descendant d'Esculape, tira le. fer en élargissant la plaie. Selon d'autres, le médecin étant éloigné , le somatophylax Perdiccas, dans le premier moment et par ordre d'Alexandre, ouvrit la blessure avec son épée, pour en retirer la flèche. Le roi perdit, dans cette opération, beaucoup de sang, dont une seconde syncope arrêta l'écoulement.

Cet événement a donné lieu à plusieurs mensonges historiques, qui se propageront chez la postérité, si mon ouvrage ne parvient à les détruire. L'opinion commune transporte

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