CHAPITRE V
Des rois de Babylone.
Il est vraisemblable que la Babylonie a fait , dani les anciens temps , un état particulier , qui av»it ses princes et ses lois. Ce pays ayant été ensuite conquis f>ar les Assyriens , les Babyloniens furent annexés à leur empire , et n'en furent séparés qt.e lorsque la révolte des Mèdes fevorisala leur. Ils n'eurent pas plus tôt secoué le joug des Assyriens, qu'ils formèrent an puissant empire, qui subsista jusqirà la prise de Babylone par C) rus. Ce fut sans doute |M)ur perpétuer la mémoire de leur liberté , ou pour d autres motil^ que nous ignorons, qu'ils -instituèrent cette ère célèbre, connue sous le nom d'ère de Na- Itonassar , prince qni affranchit son pays de la domination des Assyriens, et qni en fut le premier roi.
> Mémoires de l'Académie des Belles-Lettres , toni. il , Mém. , pagr. 556.
■ Ibid. , lom. XL, pag. 477.
3 Notice et lixtraits des manuscrits de la BibHotbèqtio nal. , tom. iv, pag. 675.
MWd„pag.676,
CHRONOLOGIE D'HÉRODOTE
Cette ère commence l'an 5967 de la période joKenne, 747 ans avant notre ère, et avec elle commence la première année da règne de Nabonassar. On ne trouve , avant cette époque , ni dans les livres maints , ni dans les écrivains profanes , aucun roi de ce pays. Le premier dont il soit fait mention dans TÉcriture est ' Mérodach Baladan, fils deBaladan. Ce prince, ayant appris' le rétablissement de la santé d'Ézéchias, roi de Jiida, lui envoya des ambassadeurs pour le complimenter à ce rojet. Ezéchits tomba malade la quatoi*zièine année de son règne , comme Ta très-bien * prouvé le P. Pétau. Le même savant a ' démontré qu'Éséchias était monté sur le trône Fan 5987 de la période julienne, 727 ans avant no- Ire ère. Donc la quatorzième année de ce prince tombe sur l'an 40(H de la périoie julienne, 7t5 ans avant Tère vulgaire. L'ambassade de Nérodacli doit être de Tannée suivante , et par conséquent de la dixième année dti règne de Mérodach, que le Canon de Ptolémée appelle Mardokempad. Or , cette année concourt avec la trente-sixième de Tère de Nabonassar , ère qui commence en même temp'i que la Babylonie devint un royaume particulier. Tout ce qui précède cette époque est fort incertain. Alexandre Polyhistor et Bérose, qui dédia son onvra^ à Antiochus Soter, la douzième année du règne de ce prince, c'est-à-dire l'an 260 avant noire ère, conviennent eux-mêmes ♦ que Nabonassar détruisît toutes les lustoires des rois qui Tavaient devancé. Si cela est , comme on ne peut guère en douter, quelle confiance peut-on mettre en cette tnuUitude de ois dont ils parlent dans leurs histoires? Ils n'en avaient rien appris que par la tradition , et cette tradition devait être d'autant plus incertaine , qu'il y avait alors 480 ans que Nabonassar était monté sur le trône. Je sais que Périzonius ^ s'est inscrit en hux contre Tassertion du Syncelle, de qui nous tenons cette particularité. Mais indépendamment que ses raisons sont bien faibles, il aurait fallu , pour donner un démenti à ce chronographe , qu*il eût recouvré l'histoire de ces deux écrivains.
Gomme nous n'avons rien de certain sur les princes qui ont précédé Nabonassar , je n'en parlerai pas. Je passerai même sous silence les princes qui Pont suivi , et dont il est fait mention dans le Canon de Ptolémée et dans l'Ecriture sainte , parce que je ne nie suis proposé d'antre but que d'éclaircir THistou-e d'Hérodote. Cependant j'ai cru devoir leur donner
«IV. Reg. cap. xz, f 12.
'Petav. de Doctrine Teroporum, lib. ix. cap. lviii, tom. ii,pag. 70.
' Id., ibid , cap. Lxii , tom. ir , pag. 74.
* Synoelll Cbronogr. pag. 207, G.
» Periionll Oviffnes BabyloQ,, tom, i, cap. ii, pag. 51 9tseq,
place dans le Canon dironologique, afin de les compléter.
Hérodote parle de deux reines qui régnèrent dans ce pays avec beaucoup de gloire , quoique leurs noms ne paraissent point dans le Canon de Ptolémée. La première est Sémiramis , et la seconde Plitocris. Le temps où régna la seconde est clairement indiqué dans Hérodote. Cette princesse, alarmée des conquêtes de Cyaxarès , et snrlout de la prise de Ninive , craignit pour ses propres états , et prit toutes les mesures que lui dicta la prudence , pour résister à ce prince, s'il lui prenait envie de l'attaquer. Ninivc fut prise l'an 4114 de la période julienne, 005 ans avant notre ère. Cette année répond à la vingt-etunième année du célèbre Nabuchodonosor , que le Canon de Ptolémée nomme Nabopolassar ii, et Hérodote, Labynet. On sait que ce prince eut une maladie très-grave , dont les suites fâcheuses ' lui ôtèrent l'usage de la raison. Bérose * parle aussi de la maladie de ce prince. Mais Mégasthènes se rapproche encore davantage de TEcriture. Il raconte ea effet, que ^ Nabuchodonos(»r, <^tant monté à son palais , fut tout à coup saisi de IVsprit de Dieu , et qu'après avoir prédit ce qui devait arriver à sa postérité , il dispanU. On sait que les anciens regardaient les fous avec une sorte de vénération, et qu'on les croyait inspirés. Son fils n'étant pas encore probablement tn âge de gouverner, il était naturel que sa femme prit en main les rênes de l'état. Ce fut alors que , secondée par d'habiles ministres , elle fit les grandes choses dont ^ parle Hérodote. Toutes les affaires s'expédiaient cependant sous le nom du prince ; et c'est par cette raison que le nom de Nitocris ne parait, ni dans le Canon de Ptolémée, ni dans Bérose , ni dans Mégasthènes. Elle fut proprement régente; mais comme elle avait en sa main l'autorité royale , cela suffit à Hérodote pour lui donner le titre de reine. Ainsi la reine Nitocris commença à gouverner vers l'an 4t40 de la période julienne , 604 ans avant notre ère , et jconserva son autorité jusqu'à la mort de Nabuchodonosor, qui arriva vers l'an 4155, ou 4154 de la période julienne, 581 , ou 580 ans avant Tère vulgaire. Si l'on compte , de cette époque, 465 ans pour les cinq générations, il se trouvera que la reine Sémiramis remonte à la seconde année de l'ère de Nabonassar, qu'elle fut l'épouse de ce prince , et par conséquent qu'elle ne peut être la princesse de ce nom , femme de Ninns , roi d'Assyrie, qui précéda la princesse t>abylonienne de plusieurs siècles. Il est naturel de penser que Nabonassar, qui fonda l'empire de Babylone, tomba
4 Daniel.cap. IV, ^50.
> Euseb. Préparât. Evangel. , lib. n, S u, pag. 455.
' Id. , ibid. . S xLi » pag. 436.
^ Herodot. , lîb. i , § glxxxv, cuxxvi.
PAR LARCHER
malade les dernières aimëes de sa vie , et que pendant sa maladie Sémiramis exécuta les grands travaux dont foit mention le père de l'histoire.
Nabuchodonosor , qu'Hérodote appelle Labynel , élant mort, Iluarodamus monta sur le trône, et ne roccupa que trois ans. Nérégasolasarus lui succéda et régna cinq ans. Il eut pour successeur Nabooadius. Babylone fat prise par Cyras la lren(e-quatrième année de son règne. Cest ainsi que s'explique le Canon de Ptolémée.
Bérose % ayant parlé de la[maladie de Nabuchodonosor , ajoute qu'il mourut après un règne de 4^ ans. Jusque-là il est d'accord avec le Canon dePlolémée. Il continue : Son fils Eviimalurucli lui succéda. Ce prince gouvernant mal ses sujets, son beau -frère Nériglissar en prit occasion pour lui tendre des embûches, et enfin il le tua , après un règne de deux ans. Aussitdtaprèsce meurtre, Nériglissar s'empara du trône, et ayant régné quatre ans , il le laissa à son fils Chabaessoarach , que Joseph nomme Laborosoarchod. Ce prince^ qui était encore enfant , ne régna que neuf mois. Ses proches parents, ayant reconnu son mauvais naturel , l'assommèrent à coups de bâton. Les conjurés placèrent sur le tidne Nabonid, l'un d*enlr'eux, qui* était de Babylone. Ce fntsous son règne que Babylone fut prise.
Mégasthènes s'accorde aussi avec Bérose. Cet historien * raconte que Nabuchodonosor , après les grandes actions qui avaient illustré son règne, s'élanl retiré dans son palais , fut incontinent saisi deTesprit divin , et qu'après avoir prédit ce qui devait arriver à sa postérité, il disparut. Son fih Evilmérodach loi succéda ; mais ayant aliéné le cœur de ses sujets par sa tyrannie et ses vexations , Nériglissar , qui avait épousé sa sœur, le tua. Lorsqu'il mourut, Labassoarascus était encore enfoni. Ce jeune prince ayant péri de mort violente, les conjurés mirent sur le trône Nabannidoch , qui ne lui était point parent.
L'écriture parle d'Evilmérodach au ' quatrième livre des Rois , et dans les ^ propliéties de Jérémie. C'est le seul roi de Babylone dont il soit fait mention dans les livres saints jusqu'à Cyrus , si vous en exceptez les prophéties de Baruch et de Daniel. Le premier regarde Baltassar comme le fils atné de Nabudiodonosor , et son héritier présomptif. Oraie ^ , dit-il , pro vita Nabuchodonosor , et pro viia Baltoisary filii ejvs. Daniel en parle comme d'un prince alors sur le trône, et remarque aussi en ^ plusieurs
* Ensebli Prœpar. Evangel. , Ub. n, S xl, pag. 455. Joseph, oootra Apionem , lib. i , S xs , pag. 451 .
* Idem , ibid. , Ub. ix , S xli, pag. 456 et 457.
• IV Regum , cap. xxv, f i7.
Werrm.Liit-^SI.
' Baruch. , cap. i. f H.
• Daniel, cap, T, ^2, Il , 15,22.
endroits qu'il était fils de Nabuchodonosor. Il ne parait pas qu'il ait régné plus de trois ans. En effet, le même Daniel raconte ' une vision qu'il eut la troisième année du règne de ce prince. Mais auparavant* il avait rapporté que Baltassar ayant fait un festin aux grands de sa cour, il avait paru sur la muraille des mot»' que personne n'avait pu interpréter ; qu'ayant été mandé , il les avait expliqués ,' et que cette même nuit le prince avait été tué. Il parait , par cet récit , que le BaVtassar de Baruch et de Daniel est TEvilmérodach du quatrième livre des Rois , de Jérémie , de Bérose et de Mégasthènes, et riluarodamus du Canon de Ptolémée. L'un et l'autre sont fils de Nabiichotlonostir ; Fun et Tautre ne régnent que trois ans, et l'un et l'autre sont assassinés. Ces rapports ont paru si sensibles au ' chevalier Marsham% qu'il n'apaslialancé à regarder Iluarodamus, Evilmérodacli et Baltassar^ comme le même prince. Daniel ajoute ^ que Baltassar ayant été tué , Darius le Mède, i m^So^, âgé de 62 ans, lui succéda.
Ce prince a donné occasion à une infinité de discussions. Les bornes de cet ouvrage ne me permettent pas de les examiner. Je me contente de dire que je n'ai rien lu de si absurde que ce qu'a écrit le P. Berruyer ' dans son Histoire du peuple de Dieu, sur les rois mèdes , perses et babyloniens. Le sentiment^ du P. Poussines {Possiuus) de la même compagnie , adopté en partie par le célèbre P. de Tournemine, est savant et bien discuté. Il porte cependant sur une base ruineuse , en ce qu'il suppose , sans aucune autorité , que le Darius mède de TEcriture est nn roi de Médie, et même , selon ^ le P. de Toumemine, le même qu'Astyages, et Afsuérus, l'époux d'Esther. Mais à quel titre un roi de Médie serait-il devenu roi de Babylone ? Ce ne pouvait être par droit de conquête. Il n'en est fait mention ni dans l'Ecriture , ni dans les auteurs profanes. On ne peut pas se persuader davantage qu'il soit parvenu , par sts brigues , à se faire déclarer roi de ce pays , au préjudice du légitime héritier. Les bornes de cet ouvrage ne me permettent pas d'examiner à fond celte opinion. Je me contente d'exposer en peu de mots celle qui ma paru la plus naturelle.
Suivant Daniel , Darius , qui succéda à Evilmérodach, était Mède de nation. A quel titre un étran-
* Daniel, cap. , viii, y i.
* Id., cap. ▼, f t , 50.
" Cbronie. Ganoo. , pag. 555.
« Daniel, cap v,^51.
■Histoire du peuple de Dieu, tom. vi, pag. 517 et suivantes.
* Pet. Possini e Soc. Jesn Dissertatip xi , pag. 243 , ad
CalcemMeoocbii.
' In Appendice ad Diasertat. praecedentem , pag. 254, I col. 9, et in TabolIsChronologi» sacrtf, pag. 452^
St"
CHKOiNOLOGlE D'HÉRODOTE ,
ger, qui n^avail pas couquis la Babylonîe , aurait il pu monter sur le trône? Les princes du sang, les grands du pays Tauraient-ils souffert? Suffisait-il à Darius d*avoir été l'un des conspirateurs? Peut-on imaginer qu'un particulier, ou, si Ton veut, un prince sans crédit, sans troupes, sans puissance , ait pu engager, de gré ou de force les Babyloniens à le reconnaître pour leur roi? Carde prétendre que Darius soit l'un des rois mèdes, c'tst une absurdité trop révoltante pour avoir besoin d'éti e réfutée. Nous serions toujours restés dans Fincertitude, sans le passage de Mégasthènes que j*ai ci dessus rapporté. Cet l^istorien raconte que Nériglissar avait épousé la sœur d'EvilméroJach. Toutes les difficultés s'aplanissent^ la tyrannie d'Ëvilmérodach rend ce prince odieux à ses sujets. On conspire contre lui; son beau-frère se met à la tête des conjurés et le tue. Nériglissar éi ail étranger, et n'avait par luimême aucun droit à la couronne. Mais le crédit qu'il avait acquis à la faveur de son mariage , lascendant que lui donnait le service quM venait de rendre à l'état, en le délivrant d'un tyran détesté, sa qualité d'époux d'une fîile du grand Nabuchotio* nosor, étaient de puissants motifis qui devaient prévaloir sur les droits les plus légitimes. Ce prince est celui que le Canon nomme Nérégasolasorus. Telle était ma manière de penser avant que d'avoir lu ce qu'avaient écrit à ce Fujet la plupart des chronologistes. J'ai vu depuis avec plaisir que j'étais d'accord sur ce point avec Conringius 'et M. le président Bouhier'. Bérose donne 4 ans de règne à ce prince, comme on Va vu plus haut. Miiis le Canon lui en assigne 5. La raison de celte différence vient de ce que Bérose et Mégasthènes assurent que NtTÎglissar éiant mort après avoir régné 4 ans , il eut pour successeur Lebas^oarascns, qui ne régna que 9 mois, et fut tué par ses amis, c'e.^l-àdire par ses proclies parents , car c'e^t ainsi que les Grecs s'expriment; tandis que le Canon n'a pas jugé à propos de parler de ce jeune prince, parce qu'il ne régna que 9 mois , et que , par cette raison, il a donné au [)ère les 9 mois de rè^ne de son ûls. Ce jeune prince ayant été tué , les conjurés mirent sur le trône, .«elon Bérose, l'un d'enir'eux , qui était de Babylooe , et s'appelait Nabonid. Ce fut sons ce prince, ajoute-t-il, que Cyrus prit la ville de Babylone. MegasUiènes dit que Nabonid , qu'il appelle Nabannitlocli, n'était poil t parent du dernier roi. L'Ecriture ne (tarif, point de ce ijrïnce ; mais si elle n^en parle point, elle n'avance rien du moins qui puisse foire suspecter le témoignage de Bérose et
* Herm. Conringii ^dversaria chronologica , cap, lui, pag. 180.
> H^'lierches et Pisscrtalionp sur Hérodote, chap, nr .
de l\Iégasthènes. Ce témoignage est d'ailleurs appiuyé de celui du Canon , qui termine le règne de Nabonadius à la prise de Babylone.
Ces auteurs conviennent que cette ville fut prise sous Nabonid. C'est donc le môme prince qu'Hérodote nomme Labynet. Mats comment peut-il être fils de la reine Nilocris et d'un autre Labynet , comme le dit le même ' historien ? Labynet , époux de Nilocris, est le prince que 1 Ecriture appelle Nabudiodonosor , et le Canon, Nabolassar II. Si Lab) net II est son filsi pourquoi n'a-t-il pas régné aussitôt après lui? Hérodote aurait. «ans doute éclairci ces dilTiculiés, s'il e\H écrit l'histoire d'Assyrie, comme il semble s'y être ' engagé. Mais puisqu'il ne l'a point fait, ou da moins , puisque sosi ouvrage n'est point parvenu jusqu'à nous, supposé qu'il ait écrit , je vais proposer des conjectures qui me paraissent daas Tordre des possibles. Je sup])'seq<ie Labynet T**, on Nabuchodouosor, eut deux fils tt une fille : Tainé s'appe>aii Evilmt rodacli , le second Labynet ; le nom de la fille n'est pas connu. Evilmérodach monta sur le trône , aussitôt après la mort de $on pire. Cela est prouvé par les p;issages de l'Et riture, de Bérose et de Mégasthènes, ci-dessus rapportés. La fille de Nabuchodonosor épousa un prince mède , comme ou l'a vu plus haut , et comme le prouve un passage de Daniel , où il est dit qu'il était ^ fils d'Assuérus , et de la race des Mèdes. Ce mariage doit d'autant moins étonner, que Nabuchodonosur ayant épousé loi même une^ femme inède, il était d'.iutant plus tiaturol que cette princesse élevât Darius aux grandes dignités, et qu'elle lui fit épouser une fille du roi, qu'il était fon proche parent, et qu'il sY'tail distingué parmi les' Assyriens. C'est le Darius mède de Daniel , le Nériglissar de Mégasthènes. Ce prince était sans doute ambitieux , et désirait probablement occuper la première place. Si Evilmérodcich eût sagement gouverné ses peuples, il est à présumer qu'il eût renfermé ses désii's au -dedans de lui-même. Mais Évilmérodach s'étant rendu odieux à ses sujets par sa tyrannie, Darius profitai habilement de leurs mécon'entemeuts. Il se mit à la tête d'une troup>e <ie c injures , et assas.'^ina ce jeune prince. Darius ne régna que 5 ans; et lai sant un enfant en bas âge sur un trône chancelant , il n'est point étonnant que Ubynet II l'ait fait périr après un règne de 9 mois. Cela est d'autant moins surprenant, qu'il y avait peu de temps que Naburhodonosor était mort; que sa mémoire était en grande vénération; que Labynet était son fils, et par co.t-
< Hérodot, lib. i, S glixxviii.
* Herodot., lib. i , § cuxxiv.
' Daniel, cap. ix, -^ i.
* Joseph, contra Apionem, lib. i , S xix * pag. ^1 .
f Euiebii Pr(ppart C'^pogcl,, Ub. \i , *i \u, pag, 157,
PAPt LARGUER.
séquenl héritier légitime; que Labassoarascus était fils d'un élranger, qui n'était parvenu lui-même à la couronne que par un assassinat; que ce Labissoarascus était irop jeune pour gouverner par luimême; que l'autorité d'un régent ou d'un conseil n'était pas assf z consid^-. able pour en imposer aux grands et au peuple; enfin , que les inclinations vicieuses et le mauvais naturel de ce jeune prince, ayant aliéné Tesprit des peuples, avaient facilité à Labynet II les moyens de remonter sur le trône de son père.
Il se présente ici une difOculté : Si Labynet est Ois de Nabucliudonosor, commtni Mêgastlièues>-t-il pu dire qu'il n'était point parent du dernier roi? Je réponds que ce Labynet,que le Canon nomme INabonadios, Bérose Nabonid,et Mégâsihènes NabannidocU, n'était pas, à pioprement parler, parent de Labassoarascus , mais seulement son allié , puisque celuici était d'une maison étrangère , et qu'il ne touchait de près à celle des rois de Babylone, que parce que son père avait épousé une sœtir de Labynet II , fille de Nabuchodonosur. L'Eoriture noiume aussi Nabonadius Nabucliodonosor ; celte identité de nom jette de la confusion dans son récit.
Je dois dire deux mots sur le Canon de Ptolémée, dont j'ai fait usage : ce Canon se trouve dans le
An reste, cette différence ne regarde que la dorée, plus ou moins longue, de quelques règnes, et n'affecie niiUement la somme totate des années , depn's ravénement de Nabonassar, jnsqii*è la conquête de Cyrus, qui, dans Tune et dans l'autre éditions , fait un intervalle de 310 ans.
Quoique Hérodote de paHe que de quelques-uns de tous ces rois , j'ai cru devoir les admettre tous dans le Canon chronologique, afin de faire sentir quelle place ils çccupent dans Tordre des temps. Mais comme on ne pouvait en faire mention que ^ous rannéeoù ils sont montés sur le trône, et que les événements intermédiaires, attirant l'attention des lecteurs, les empêchent de se porter sur cet objet pailiculier, j'ai crii devoir les présenter ici sous un seul et même point de vue. On verra par ce moyen les rapports qu'eurent les rois de Rabylone avec la Judée , et quel prince c'était que Darius Mède , qui a donné occasion & on si grand nombre de dissertations et d'explications difÊècenies.
|Èred< Aoiièe8|Nabotv.j.c. oanar
Les BabvlouieDt seoouent le jouff des Assyriens j'NaboDassar est proclame roi : il in* stitiie Vere de son nom , le 26 février : il
règne 14 ans.
! Il épouse Sémiramis
commentaire de Théon sur l'ouvrage de Ptolémée , | H ^^t^l^'Siifadle ^!?"" f r'"' - '
intitulé ïipôxetp^i Kav<âv, le Canon succinct. Plusieurs I ^adins lai succède : il règne 2 ans
savants l'ont fait iniprimer. On fait cas de l'édition ■ Cboxirm et Poras lai succèdent : ils régnent
^ '5 ans
Mort d'ArciaoïJS : iitt i règne de 2 ans ; Bélitbns , roi de Babyloiie , règne 5 ans . . . Àpronadius, rot de Babjione, règne 6 ans. . Rigébolus, roi de Babytorie', règne I an . . Mesesstmordacùs, roi deBabylone, règne 4
ans. . . ; . • • •
Interi'ègne 4e 8 ans ;
léarédÎDus sroi de Babylune, règne iSaos .
Syncelle nous a conservé le même Canon dans sa j que Mérodacb-
chronograitbie , page 207, et je ne vois pas de rai- < ^"^Ç?® î^"."**jl „™ i.^:^ »^. »...«/. • *» f . j . . 11 Eiéchias tombe dans^ une maladie très-grave,
sons qtn empedienl son édition de jouir d une rooin- i^ quartorzième année de son règne. . . .
dre estime que celle deDodweli. Je lui ai donné la Mardokèmpad envoie complimenter tiéchias
.«, 1 11 « ' j • 1 sur le rétablissement de sa santé
préférence , fiarce qu elle s accorde naeux avec le Ai4ianas?roi de Babîlone , règne 5 ans
récit d'Hérodote. En effet, la prise de Ninive, qqi causa tant d inquiétude à Nitocris, est de l'an 4t 41 de la période julienne , G03 ans avant notre ère. Nabucliodonosor e>\ par conséquent tombé malade , au plus tard, l'année précédente; et ce fut alors que «^a femme IN'iiocris prit le rênes du gouvernement. Si Ton admettait Fédilion de Dodweil, le commencement du règne de Nabuchodonosor serait de Tan 444 de 1 ère de Nabonassar, qui répond à Tan 4140
If
* Il est nommé Asaridinos dans quelques exemplaires du Canon de Ploléméc. M. lioguei ' ep a pris delà occasion de confondre ce prince avec Âssaradon, flls de Sena-
de la période julienne , 604 ans avant notre ère , cl thérib , roi d'Assyrie , et de prétendre que ce roi d'Assy-
«rail cons^quemmenl antérieur à la prise de Ninive Me^^v.U re^^ ^S"^t« qul'"^ê v^Z^
û\in an seulement. Je dis pins : le Canop de c^tte ^oformité Ue nom. Mais hidépendamment qu^ii y a de
édition ne peut s^accorder avçc l'Écriture, et la difwmicé entre Aparadon et Asaridinus ou lea^^
- ^ . ,, , ,. . j II- comme Dortenl quelques exemplaires du Canon de Flo-
M . Desvignolf s a été ' oblige de supposer que les h- ^^^ l' ^^^ même il n'y en aurait aucune , il ne s'en-
▼rcs saints avaient donné à N'dbucbodonosor le tîtrç suivrait pas que ce fût le même prince, un roi d'As^yrle
de roi pav «niicipation. i So»«; «"^rdellabylone ayant pu avoir tous deux le même
» Cbi-ono'ogîe de rilisloirc sainte , l^re v. chap, w , • p^ iqrigipe de» Lois , cjcs A^Js et des ^\er\m , tofli. |i^ .
foiPr it,iag, I2«; ' p«.«.t^we:
CHRONOLOGIE DHÉRODOTE,
|ir«de Années ?i«bo- •v.j.c.
SMMdndMiis, roi de Babykme» règne 9 ans. CbTuiladaniUyroide Babylone,règae 14 ans.
Kabopolassar I«^, roi de Babylone, règne 21
ans.
Naissance de DarinsMède, prince da sang
royal de Médie.. .
NabopolassarlI. le même que Nabocbodo-
nosor de rÉcritnre, et que Labyaet l*r
d'Hérodote, règne 43 ans
Nabopolassar II épouse ISitocr s, princesse
dusang royal de Médie
Darius Mède de Daniel, le même que Kéré-
gasolarns du Canon de Ptolémee et que
ISériglissar de Bérose et de Hègastbènes,
t>rince mède , vient à la eonr de Nabopoassar avec la reine Mtoeris sa parente. •
Nabopolassar II prend Jérusalem , en emmène plusienrsbabitants en captivé, parmi lesquels est le propbèle Daniel , et retourne dans ses états, après avoir imposé un tribut à Joacbim , roi de Joda. C'est de cette année qq'on commence à compter les 70 années de captivité. . ,
Il entre la même année en Egypte et en fait la conquête
Nabopoiassar II tombe dans une mélancolie et une espèce de folie qui ne lui permettent plus de gouverner : sa maladie dure 7 ans : la reine Mtoeris prend en tes mains les rênes du gouvernement ( Daniel, cap. iv. i 15. 20, 22, 29.). ....... . . . !
Nabopolassar II recouvre la santé
Darius Mède épouse une fille de ^abopolassar a et de la reine Nilocris (Daniel, cap. «,^«.) .\
Mort deNabopoIassar II, ou^abuchodonosor : son fils, nommé Iluarodamns par le Canon de Ptolémee, Evitmérodach par l'Ecriture et Bérose , et Baltassar par Daniel, lui succède et règne 5 ans
Ilnarodamus gouverne tyranniquement : il est massacré par un parti de oonjnrés , à la tête duquel est Darius Mède , ou ^é^égasolarus du Canon de Ptolémee» ou ISériglissar de Bérose . . . , ;
Kérégasolarus, ou Darius Mède, monte sur le trône et règne 5 ans
Naissance de Cyrus , fils de Gambyse et de Mandaoe
Mort de Darius Mède. Son fils Labassoarasciis de Bérose et de Mégaslbènes , lui succède
Labassoarascus * çst massacré après qoeU ques mois de règne, par un parti affectionné à la maison de Nabucbodonosor. . . .
Nabonadius , le même que Nabonid de Bérose , Nabannidoch de Mégastbènes, nommé par Hérodote Labynet , et par TEcriture, Nabuchodonosor, fils de Nabopolassar II, monte rar le trône et règne 54 ans.
Apriès, rot d'Egypte, détrôné par ISabonadlns, nommé piir l'Ecriture Nabucbodonosor (Jarem. xliv, ^ 50.)
Conquête de la Lydie par Cyms
Gyms, roi de Perse, prend Babylone la trente-quatrième année du règne de Nabonadius
Les Juifs retournent dans leur patrie soui la conduite de Zorobabel, en vertu d'un édit de Cyras, après 70 ans de captivité Voyei l'année 607 avant J.-G
* Il n'est pas dans le Canon. Yoyei en les raisons ddessns , pag. 522.