‹ Choix des historiens grecsChapitre 228 sur 286 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Des rois de Lacédémone.

, OiN a fixé dans le chapitre précédent , d'après des avlorités respecUbles , la conquête du Péloponnèse par Aristodémus, Téméuus et Cresphonles, qui remontaient à Hercule , à la cinquième génération, à Tan 5524.de la période julienne, ,^190 ans avant notre ère. Les partages faits et ,1e pays étant pacifié , Aristodémus,: à qui cfait.échu^ la Laconie , mourut, laissant deux enfants jumeaux qui ne faisaient que de i^alirCf On.voulut adjuger la couronne k. l'aîné; mais.çomme il n'était pas possible de le distinguer du cadet, on .?ut repours à l'oracle de Delphes , qui ordonna aux Lacédémoni^ns de reconnaître poqr rois ces deux prince^ , i qui on avait dmné les noms dfEurysibène&et de ProQlès^ De là vinrent les deu^ maisons jîçs Eurysthénideset des Frodides. Agis^ se^ad roi dç la maison des.Euryiitbénides i s'étant. distingué pfir plpsieurs. gr^es actions, acquit à ses descendants le surnoin d'Agides. H en Cut de menu; dans l{i...^ec90(}e nviison. Euryphpu ou Ç.urypoQ, troisiMe prince de celt<;brai)r che, ayant ef/qo^paij des actipnsd'écjat les deux rois, ses devancier»} ses descendants prirent le surnom d'Eurypont^des. .< ., \. ' .

On peut regarder la. w^ort d' Aristodémus. et la naissance d'£ury;|thènes et de JProplès comme, ua point û%ii eu chronologie. Jl'aî.placé. c^e mort.£t ceiiç naissance en. 5530 dç la périi^dç, julienne» 41784ms avant notre ère, parce .qu*adrant mis, d'après des autorités qui me paraissent kiqontest^btes, la conquête du Péloponnèse ep 5524 de la péricde julienne., 4100 aoa avant noire ère, il ne falhit pas moins de douze ans pour pacifier le pays , ponr.faire le traité de partage et pour affermir la nouvelle domination. . . i

Qu'on ne s'imagine pas que ce traité de partage

seil aoe f&ine supposition de ma part. Il est réel, ^ et l'ori|ciiial de ea traité ftit prodait devant le sénst de Rome, pi^dé ^ l'emperear Tibère; Fan 2S de notre ère, c*est-Mirë environ 4tl4 ans après qu'il eut é(é4it; et <vOioi à qnelle oeeasion il fat prodnit. Taeitè, historien exact, sefft mon garant : a Lès Laeédémoniéns " et les Messéniens , dli-4! y se » disputaient la pœsMslon du* temple de Dlahe » Liosaatide* Lsoédémone prétendait l'avoir ancien- » nement bfltts«r ses tenrea, et citait; poar leprou- » ver, des poètes' et ses annales... Les Messéniëns » prodifisaient l'àneien partagé da Péloponnèse » feit ehtre lès descendants d'Hercule. Selon ce » partage) la contrée DenthéKate , où le temple fat 1» élevé de|Mi$, apparteiiait au rot de Mèssène : téû tt^in âes>inset1ptions d'une haute Antiquité gra- » véés «ir la pteire et sur l'aîram. » ^tidifee Hehinà LaeeduêinbnihHm ei 3ïeiÈeniomm legntioneSy de jure iempu Bimiœ Liinmtidïs , quod suis à tiiajorl*iia, sudqnÉin ierrâ^ àiûdfum , LdàedcBmcnii firmabmti ûnnnUuv/i memorid , tafumque carminihwl,:.'. centra âfêssenii veferem inUr HercuHs posteras dMsiànem Pelopùnnesi protMlére , suoque rtgi DentheHaiem agrum , in qiio id delubrum cessisse , monumeniaque ejuà reif sculpta saxis et œre priseo , mcaiere.

Yoilâ donè tin poirit flsre et constant. En voici un autre qtii ne l'est pas moins. C'est IMnstitution on phitdt le renouvellement des olympiades. Depuis celle où Corœbus fut vaiuqaeur, elles se célébrèrent sahs aucune internipt ion ; et, comme on fnscrîvii alors dans les registres publics les noms des vainqtiëun^ anif jeux olympiques , les Grecs s'accoulumèreht ^ â peu à les prendre pour une marque c^îtct^t^tiqtie des temps. Ces olympiades, que j'appèHe dii nom de Corœbus, parce que Corœbus d*Elée firt le premier qui y remporta le prix de la course, soht incoiitestablemènt de l'an 3958 de la période Julîerlne , 776 àtia avant notre ère.

fiùiîfebc •• fttît Coïncider cet établissement avec W S7» et denilêrè âHhëé dii règne d'itlcaménès , qui est lé neuvllfmé roi de Lacédémone de la maison des Earysthénidés oii Agîdes. On a donc un intervtttè dé 4l) KnsT entre la naissance d'Eurysthènes et la mort d'Âlcaménès.' Eusèbe marque exactement la dtfrée des règdes de chacun de ces neuf princes. Si Ton i'ett rapportait à ce qu'il en dit, cet intervalle ne serait que de i25 ans , et Ton aurait un déficit de 8!) ans. fce qui prouve évidemment qu'il se trompe, c^est qu'il ne donné qu'un an de règne à Agis , le

PAR LARGUER. 593

second ro! de cette maison. Cependant ce prince acquit tant de célébrité que ses successeurs furent nommés Agides. Ce snmom , qu'ils se firent bonheur de porter, prouve invinciblement que ce prince s'illustra par un grand nombre de belles actions , et que son règne ne fuft pas moins long que glorieux. L'histoire ne nou$ a transmis qn^one seule de ses actions; mais on ne doit pas conclure de son silence qu'il n'en ait pas fhH beaucoup d'antres-, puisque ee n'est même que par occasion -qd'elle en a parié. Je ne mets pas au nombre de ses belles actions l'envoi d'une colonie en Achàîe , et je ne regarde pas cet événement comme un fait as^ez remarquable pour illustrer son règne. Çuoi qu'il en soit; ce fut * Patrens qui la conduisit par son ordre. Patreus était de la naissance la çftus di^lngnée. Il remontait » â la onzième génération, à Lacédsemon.par Preugénès, Agénor, Aréus, Atnpyx , Pélias , ^giifète , Dériltts, Harpalus, Amyclas, qui donna son noto à la ville d'Amycles et à son territoire , et LRCédœmon, qui communiqua le sien au pays. Cette colonie «'empara de la ville d' Aroè , sur la côte ouest du t^fe Corinthîaque , environ à quatre-vingts stades du Plrus , et rappela Patres, du nom de son chef. Si cet événe ment ne suffit pas pour îlluslrer le nom d'Agî«, il y en eut un autre qui , selon l'opinion commune des hommes , couvrit ce prince de glou^e. Ce fût la conquête de la ville d'Hélés et de son lerri-

toirt.

Après la conquête du Pélop^nèse, les Héraclides, voulant s'attacher par d^ Hens indissolubles, les villes • voi Inès de la Laconie , s'engagèrent à rendre là justice également à tous les citoyens et sans aucune acception de personne. C'est ce que les Grec* appelaient dans leur langue l'isonomie , c'est-à-dire Tégale distribution de la justice. Ils leur donnèrent aussi part dans le gouvernement de l'état , et paruigèrent avec elles les places de la magistrature. Agis , prince ahibiii^x et entreprenant , non content de leur enlever ces prérogatives , leur imposa encore un tribut. Ces viltes isolées j ne se sentant pas assez fortes p6uif résîiter à une puissance aussi formidable qiie celle de Sparte ; ou manquant d'énergie, aîhièrenl mïêtfJf se soumettre que de courir les hasards de là guerre. La seule ville d'Hélos osa résister. Agis TalUqua , et , après une guerre I opiniâtre, dont nou's ignorons les détaiis, îl la subjugua et en réduisit les malheureux habitants dans le plus dur esclavage. Celte conquête n'est pas probableioeni laaeole qui ait illustré ee règne; mais, quand elle le serait , on voit un plan formé pour asservir lou-

' TmM Arinlii:;îlH. Tt.»5 tiûri et de la traduction de rAbbétde%rinètfoi4^;«Nh. if; pa#: 182.

' Eoseb. Gbronic. Can.» pag. iSO, et Gbronleor.« poser., pag.H4,

• paawri: Laoonic. riTe,lib. m, cap. ii, pag. 206. > Id. Achaic. sen, lib. vu, cap. iViii, pag. 568, 'Strab.,lib.vni,pag.56f,A

eOO CIJRONOLOGIE

tes les villes voisine^; deSfnrte.Pourexécaterceplan, il fallut prendre beaucoup de mesures et faire des opérations qui exigèrent un grand nombre d'années. Eusèbeet le Syncelle se sont donc évidemment trompés en nedounantà Agis qu'un an de règne. S'ils se sont trompés à Tégard de ce prince, quelle sorte de confiance mériienl-ils relativement à la dorée des règnes des huit autres? Il faut donc suivre une autre marche. Celle des générations me parait bien simple. Suivant cette règle , il faut comprendre nonseulement Eurysthènes , mais encore son père Aristodémas; non-seulement Alcaménès, mais encore son fils Polydore; car sans cela on n'aurait que l'intervalle entre la mort d'Eorysthènes et la naissance d'Alcaménès, suivant cette définition ' de Censorin : une génération comprend l'espace à $emenii ad sementem . Ainsi , pour ces neuf princes, il faut compter onze générations. Dans la plupart des pays de la Grèce on comptait trois générations par siècle , et telle est l'évaluation * d'Hérodote. Ces onze générations ne donneraient que 5fi7 ans. Uintervalle entre la naissance d'Euryslhènes et la mort d'Alcaménès étant de 41 4 ans, comme je l'ai déjà dit, la méthode ordinaire se trouve défectueuse , puisqu'elle donne 47 ans de moins. Je réponds que celte méthode est infaillible pour le commun des hommes et pour la plupart des peuples de la Grèce, qui se mariaient à l'âge de trente ans. Mais l'usage était différent à Lacédémone : on ne s'y mariait pas avant l'âge de trentesept ans , ainsi que je Tai déjà prouvé dans le cours de cet essai chronologique , et comme l'avait prouvé avant moi ^ le savant Fréret. Cette loi ou coutume des Lacédémoniens était sage; Aristote l'approuve , et c'est sans doute d'après elle que ce philosophe ne permet pas aux hommes de se marier avant trentesept ans , A parce que le mariage, dit*il , nuit à l'ac- » croi8sementduoorps.il y a en effet, ajoute-il, un » temps déterminé poar cet accroissement, et c^est » lorsque la liqueur séminale ne se surabonde pins. » Aussi , continue-t-il , faut-il marier les fenmies à » dix-huit ans et les hommes à trente-sept ou peu

ftIHieSSOUS. » ^ Ti rfiy d^fiivùnv aiifuixa fiXAnxsaSat Soxcl it/9d(Tviy e!u{v)crê)f i^ iritoïf mtp/iaxoi à\4»vofiho\j noi&vrat Tijv awousix». Kal ydtpxovxov t« iàpuikéto^ Xpévoç, 8v o\/x vitMpSoklv€t nhiOvov rrc. Itb x&t /*«« àp/i6xxti Tttpik -njy àxxoixaiStxM ir&v ^Aoekv wi^tuyvwaiif xobi V Inxà xat xptiàxêvxa,

>( /uiix/»év.G'estd'aprèscetus9ge, constamment observé à Lacédémone, auquel les rois eux-mêmes n'étaient

' Censorin. de Die natali, cap. ivii, pag. 79.

* Herodot. , lib. ii , S cxlii.

' Défense de la chronologie contre le système Chronologique de M. Newton, pag. 68 et 69.

* Aristot. de Repubi'Câ, lib. vu, cap. xvi, pag. 446. N. B. Cette page * par une faute typographique , est

chiffrée 464.

DHÉRODOTE ,

pas moins soumis que leurs sigets , qu'il faut calcu' 1er les générations des rois de ce pays. En multipliant donc ces onze générations par trente-sept , on aura 40T ans, qui est , à sept ans près , l'intervalle entre la naissance d'Eurysthènes et la mort d'Alcaménès. Ce dernier point étant trouvé, je veux dire , la dernière année du règne d'Alcaménès, qui coindde avec Tan de la période julienne 5U58, 776 ans avant notre ère , et avec la première olympiade, celle où Corœbus remporta le prix, et qui servit dans la suite à calculer les temps; ce dernier point, dis-je, étant trouvé, on aura aussi nécessairement Tannée du renouvellement des olymiMades par Lycurgne de Lacédémone, Iphitus d'Élée et Cléosthènes de Pise. Car ce renouvellement précède de vingt-sept olympiades, c'est-à-dire de 408 ans, l'olympiade où Corœbus fut couronné , et il est de l'an 3830 de la période julienne, 884 ans avant l'ère vulgaire. En examinant de près les règnes des dix premiers princes de cette maison , on trouvera que cette époque doit se rencontrer , A peu de chose près, à la vingt-neuvième année du règne d'Archelaûs et à la quatrième année du règne de Charillus, roi de la seconde maison , dont Lycurgne était tuteur. Voilà les seules données certaines que l'on ait sur ces neuf princes. Quoique l'on ne puisse rien dire de positif sur la durée des règnes des autres prUices, il ne faut pas croire cependant que Ton soit en droit de suivre son caprice, en assignant à chacun d'eux un règne plus ou moins long , ou que l'on puisse commencer au hasard le règne de tel on tel prince et sans avoir aucune règle qui nous guide. On sait , par exemple , que sous Laboias , fils d' Agis, les Lacédémoniens firent la guerre aux Argiens aa sujet de la Cynurie, et que Prytanis, le quatrième roi de la seconde maison , régnait alors. Il faut donc nécessairement faire correspondre une partie du règne de Labotas avec une partie de celui de Prytanis.

On sait aussi qu'Archélaûs, roi de Lacédémone, de la première maison, prit la ville d£gys, secondé par Charillus , roi de la seconde maison. Le règne d'Archélaûs coïncide donc en partie Avec le règne de Charillus et mèn«e avec la majorité de ce prûioe.

Téléclus , fils d'Archélaûs , succéda à son père , et Pausanias ' nous apprend que Nicandre était son contemporain. On connaît encore les collègues de plusieurs autres princes. Ainsi il n'y a rien d'arbitraire dans la manière dont j'ai disposé leurs règnes.

Eusèbe assure que Tolympiade de Corœbus est de la 37<' et dernière année du règne d'Alcaménès, roi de la première maison. Sosibius ' prétend de son

' Paosan. Laconic. leu, lib. m cap. vii| pag. iSO. > Sosibius apnd Clément. Alexandrin. Stromat.» lib, i, pag. 589.

PAR LÂKCUËK.

cdté que cette olympiade est de la 54* année da reflue de Nkandre, roi de la seconde maiaon. Les données à pen près certaines que nous avons sur cette seconde maison ne permettant pas d'adopter cette date, il ne s'ensuit pas moins qu'il fiiut Âiire corre pondre une année quelconque de son règne avecla 57« de celui d'Alcaménès. Ainsi le commencement et la durée du règne de ces neuf princes ne sont pas tout-À-fait arbitraires. Je sais qu'on peut combiner les règnes de ces deux maisons d'une manière difTérente de la mienne; mais, si l'on adopte, comme on le doit , les points fixes et les coïncidences de ces règnes, j'ose croire qu'on ne s^écartera pas beaucoup de ma méthode , et que la marche de Thistoire n'en sera pas interrompue.

Si l'on a tu dans la première maison des rois de Lacédémone quelques points fixes , on peut assurer qu'il y en a aussi dans la seconde, qui sont eonmie autant de pifots sur lesquels roule la chronologie de cette maison.

i^ Noos avons, comme dans la première, la naissance de Proclès, qui est inconiestablement, ainsi que celle d'Ëurysthènes, de Tan S536 de la période julienne , 4478 ans avant notre ère.

S" Nous avons aussi le renouvellement des olympiades par Lycurgue ; ce renouvellement doit être de Tan 5850 de la période julienne , 884 ans avant notre ère, puisque, de l'aveu de tous les chronologisies, il précède de 408 ans l'olympiade où Goroebus remporta le prix. Or , comme on sait que Lycurgue profita du crédit que lui donnait dans la Grèce la tutelle de Gharillus pour instituer les olympiades , le commencement de cette tutelle doit précéder de peu cette institution. C'est par cette raison que j'ai placé la tutelle quatre ans avant Tolympiade dlphitus.

La législation de Lycurgue exigeait des ménagements d'autant plus grands que si elle assurait à l'état pris ensemble de la supériorité sur tous ses voisins , elle contrariait d'un autre côté les goûts et les inclinations de la plupart des individus. Il fallait, pour la faire adopter, faire jouer bien des ressorts et avoir en sa main une grande puissance. Il fout conclure de 14 que cette législation n'est pas des premières années de la tutelle, mais plutôt des dernières années. Si on l'eiît placée après la tutelle , Lycurgue, en perdant son autorité, n'aurait plus en assez de crédit pour la foire approuver ; an lieu qu'en la mettant vers la fin de la tutelle, il jouissait de toute son autorité, et conséquemment de tout le crédit possible pour la faire adopter. Ajoutons à cela qu'il avait élevé Gharillus, son neveu, dans les meilleurs principes, qu'il l'avait imbu de ses maximes, et que non seulement il lui avait fait goûter sa législation , mais encore qu'il lui en avait fait sentir les

avantages et même la nécessité. Ce jeune prince' toncbaut, pour ainsi dire , à sa majorité, commençait à prendre de l'ascendant dans les délibérations de l'état, et devait par son exemple, ses discours et son crédit naissant , contribuer à la fkire recevoir. J'ai placé par ces raisons cette législation la vingtdeuxième année de son règne , qui est nécessairement aussi la vingt-deuxième année de la tutelle, et l'an 5848 de la période julienne , 866 ans avant l'ère vulgaire. Gharillus devint majeur l'an 5851 de la période julienne , 865 ans avant notre ère.

Pausanias ' nous apprend qu'Archélaûs , roi de la première maison, était son contemporain, et qu'ayant entrepris une guerre contre les peuples voisins de la Laoonie, il fut secondé par Gharillus dans le siège de la ville d'^ys. Il est naturel de penser que ce prince voulut signaler le commencement de sa majorité par quelque exploit. J'ai placé par cette raison ce siège trois ans après sa majorité.

J'ai proûvé,par le renouvellement des olympiades et par la tutelle de Lycurgue, que Gharillus avait commencé à régner l'an 5826 de la période julienne. Il y a donc eu entre la naissance de ce prince et^ celle de Proclès un intervalle de 290 ans. Cet intervalle a été rempli par six princes ou huit générations ; car la règle des générations exige nécessairement que l'on comprenne le père de Proclès et le fils de Gharillus, suivant la définition de Gensorin, rapportée un peu plus haut. Ces huit générations multipliées par 57 , qui est l'âge où Ton se mariait à Lacédémone, donnent 296, qui est , à six ans près^ le nombre d'années qui s'est écoulé entre la naissance de Proclès et celle de Gharillus.

On parviendrait au même but en «alculant les générations postérieures à Gharillus. On sait qu'Agis II, petit-fils d'Agésilafis , fut tué dans une ' bataille contre Antipater, la troisième année de la cxii» olympiade , qui correspond à l'an 4585 de la période julienne, 529 ans avant l'ère vulgaire. Ce prince remontait en ligne directe à Polydectes, frère aîné de Lycurgue , à la seizième génération. Pour avoir l'année de la nai^ancede Polydectes, il faut nécessairement compter Eunomus son père. Nous aurons alors dix-sept générations, qui, étant multipliées par 57 , selon la méthode des Lacédémoniens , donneront 629 ans. En retranchant ce nombre de 4585, qui est Tannée de la période julienne où fut tué Agis , le résultat sera 5756 pour l'année de la période julienne où sera né Polydectes, frère aîné de Lycurgue; ce qtii est, à quatre ans près , l'époque où j'ai placé sa naissance.

Nous avons donc deux points fixes et quatre don-

* Pansan. Laconto. sive, lib, m, cap. ii, pag. 208.

* Pausan. Lacooic. , sive , lib. m / oap, z , pag. 290. I Diodor. SicoL, lib. xyiii, <; lxiii, ton. ii^pair* 208 et 209.

CHROKOLOGIE D'HÉRODOTE ,

nées entre la première année de Pveclès et la Tîngtr huit ème année de Cbarillos. Le reste ea ariniraireE. n ne faut pas cependant en conclure , ainsi que je Tai déjà fait remarquer plus haut y que lec9knaiencemeni et la fin da règne de ces princes le seît aussi. Ils dépendent nécessairement des point» fixes ei des dcmnées àpeu près certaines qu« Ton a sur ces deux maisons. On pent remplir le reste de plasienrs ma» nières différentes , sans pouvoir cependant se fiatttor d'ayoir renconlré la véritable. J'espère que le lec tenr équitable , qui voudra bien se donner la peine de réfléchir fur mes motifo , me rendra la justice que je ne mesoia pas fait de système, ou plutét que non système n'est que le résultat des fiûts. Aussi n'ai^ je voul|i lire aucun des chronologisles modernes avant que d'avoir fait cet arrangeaient, de crainle de me laisser préoeeuper. Après une lectane atten^ tive de leurs difi(érenta^stèmesyjepeisiae.à croire que oeUii que je fMrésente eat sujet au moins d'inconvénients possible.

Je ne dois pas rependant dissimuler que, frappé

à la lecture des yHmaies Thueydidei de Henri Dod« welly et de la Défense de la duroBologie ^ pnr M. Fréret, du principe lumineux dncalcni parles grfaétations i je n*aie réformé plnsiears puînti qoe j'avais traités trop légèrement. • J'avûs In aneiemiemcat ces deux ouvrages , et longtemps atant ma première édition ; - mais je n'en avsÂi pins alors qu'une idée oi>nfui»e. Je ne pois cependant rae.per* snader que ce- calcul m'appartienne; je pense pMM que c'est une réminiscence de nui part , et qu'il s'est teliement gravé dans ma tête que rien n'a pn foi eflMcr ) quoique j'eusse itublié les ouvrages el les anteurslanaqiiels il pent se fiùreqne j'en aie t^oUign» tion. Je fais cet aven, de crainte d'étiesoupçosné d'avoir voulu m^pproprier les iâées4ie deux savants pour qui j'ai la plus liaote vénération.

Voici donc, d'après ces poinU fixes et ees données^ les deux maisons des rois de Laoédémoneen regard l'une de lauire , afin qu'on puisse les eom« parer plus aisément. Nens donnero» ensuite le tablean généalogique de ces deux maison^.

MAISON DES ÈUHYSTHEMDES bl7 AGIDES.

^'vsssqce d'Eunsthèoet : il règne 64 ans

Major té (fEurysthèneé

Agi»,fils4'Eurystbèttes» rè^oe 40aDs.

Il bubingiie Jes hilot69. .......

Erhestfatus rèfrac 39 afis

Il obSiAe les Cynurien» de leur pays.

(Paus,, Ub^ lUycaip. ii.)

Labotas règne 40aiu

Guerre ëob*e les At^fens et les Lflcé déniooiens, au sujet delà Gyourie.

Doryssas règne 42 ao8

AgttlAbt t^iègnë 41 ans. .....

rebêlafis r^e 56 ans. ••.;..

lympifded'Ipbiliu.. . .

i<5Bénlis, sëToDfft |kir CharitlUfe, ' prend la ville d'^is

Téléclos règpe40aiis. ,....«.

Il prend les filles d'Àniycles, de Pbaris , de Géranthres , et Us détruit.

(PSusMi., Ijb. ni , cap. II.)

Téjécliis tait prendre à d<î8 jeunes gèfhs des Habits de rcmme , et se met eft embuscade aTeoeox près di^ temi^e d^ Diane Limnatide, sûr les confins de la Messénie et de la Lâeoole. Les' Messénlens, ayant déqpuffrt Tembùcbe* passent ces jeunes gens au fil de l'épëè;'Télétibs lui - même périt.

(PattiSD.^iib. lYyCap. if, p. 288; Ub. III, cap. m, p. 209.)Nicim ir^ roi deUi seconde maison, était bon eonteniporalo. (ïd. , Ub. ii , cap.

TU4t Pfùe 22P.) Aleaméuès lui suo- ' chii i il règne 57 ans

Il attaque la Tille d'Hélos , que les AehéensaTaievt relevée, la détruit, et bat les Argiens qui étaient f enua att aeaoOfs; ( Pansso., Ub. if r, «P«JU p. 209.) Geite Tille aTaU 4^ pris^ et Mf l)al)itants réduits en eèclSTage W2 ans auparavant.

Voyei ratt;^25

Pér.

Au Olymplad.

«v.jc d'ipblliil.

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