MELPOMÈNE
L Après la prise de Babylone, Darius marcha en personne contre les Scythes. L'Asie était alors riche, très peuplée, et se trouvait dans l'état le plus florissant. Ce prince souhaiuit ar« demment se venger de l'insulte que les Scythes avaient fiaite les premiers aux Mèdes, en entrant à main armée dans leur pays, etde ce qu'après une victoire complète ils étaient devenus les
maîtres de l'Asie supérieure pendant vingthuit années, comme je l'ai dit auparavant. Ils y étaient entrés en poursuivant les Cynimériens, et en avaient enlevé l'empire aux Mèdes, qui le possédaient avant leur arrivée.
Après une absence de vingt-huitans, les Scythes avaient voulu retourner dans leur patrie; mais ils n'avaient pas trouvé dans cette entre*
JS4 mSTOfRE D'HÉRODOTE.
prise moins de difficultés qulfe n'en avaient rlencobtiSé en voulant pénétrer en Medie. Une àtmée nombreuse ét^it allée au devant d'eux , et leur en îlvait disputé l'entrée ; car leurs femmes, ennuyées de la longueur de leur absence , avaient eu commerce avec leurs esctoves.
II. Les Scythes crèvent les yeux à tous leurs esclaves, afin de les employer à iràîre le lait, dont ils font leur boisson ordinaire. Ils ont des soufflets d'os, (\\\\ resseittblent à des flûtes ; ils les mettent dans les parties naturelles desjuiiiens; les esclaves soufflent dans ces os avec la bouche, tandis que d'autres tirent le lait. Ils se servent, à ce qu'ils disent; de ce moyen, parce que le souffle fatt enfler les veines des jumens, et baisser leur mamelle.
Lorsqu'ils ont tiré le lait, ils le versent dans des vases de bois, autour desquels ii's placent leOrs esclaves pour le remuer et l'agiter. Ils enlèvent la partie dii lait qui surnage, la regardant comme la meiilf'ure et la plus délicieuse , ht celle de dessous comme la moins estimée. C'est pour servir à cette fonction que les Scythek crèvebt les yeux à tods leurs prisontiiers , car ils ne sont poiat cultivateurs , mais notnades.
III. De ces esclaves et des femmes scytbes, il était né beaucoup de jeunes gens , qui , ayant appris quelle était leur naissance, marchèrent au-devnnt des Scythes qui revenaient de la
» nous verront le fonet à la mais » ils appred-* 1 dront qu'ils sont nos esclaves» et» convaincue
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