SES AV
venger par eot-^méoleS) et leur eonssUla de filtre leur rapport à l'asBsmblée du peuple , et de s'adresser à leurs plus proches. Les envoyés convoquèrent à leur retour rassemblée du p^iple , et lui oommuniquèreni h réponse de l'oracle. Les Thébelns apprenant que le dieu leur ordonnait de s'adressei* à leurs plus proches , se disaient les uns aux autres ? « Les Tanai gréens , les Coronéens et les Thespiens ne f sont-ils pas nos plus proches voisins? ne font-
> ils pas la guerre de concert avec nous , et ne
> se baitent-ils pas avec ardeur pour nos inté- 1 rets ? qu'est-il besoin de les prier ? Il y a bien » plutdt apparence que ce n'est pas là le sens * de l'oracle. »
LXXX. Ils discouraient là-dessus , lorsque quelqu'un de l'assemblée apprenant le sujet des délibérations, s'écria : < Je crois entendre le
> sens de l'oracle. Tbébé et iCgine étaient fll- 1 les, à ce qu'on dit, d'Asopus, et pat* consé- 9 quent sœurs. Je pense donc que le dieu nous
> ordonne de prier les Éginètes de nous ven- 1 ger. » Comme cet avis leur parut le meilleur, ik envoyèrent sur-^le^champ, conformément à la réponse du dieu , prier les Éginètes de leur donner du secours , comme étant leut^s plus proches. Ceux-d leur promirent deleur envoyer les iEactdes.
LXXXI. Les Thébains , pleins de oonflance en ralliance des ifiacides, s'essayèrent contre les Athéniens ; mais en ayant été très-mal menés, ils envoyèrent une setK)nde députation aux Éginètes pour leur rendre les ifiacides et pour les prier de leur donner des troupes. Les Éginètes , fiers de leurs richesses , et se rappelant leur ancienne inimitié contre Athènes, se rendirent aux prières des ThélMiins, ei firent la guerre aux Athéniens sans la leur avoir déclarée. En effet , tandis que oeux-el pressaient vivement les Béotiens « ils passèrent dans T Attique sur des vaisseaux de guerre ^ » pillèrent Phalère, avec un grand nombre de bourgades sur leref^te de la côte, et causèrent par là beaucoup de dommage aux Athéniens.
LXXXIl. L'inimitié qu'avaient oenire eux les Éginètes était une dette anciennement oontraotée à l'occasion que je vais dire. Les £pidau-> riens» affligés d une grande stérilité, consul*
' Voyei Uf • i, s. u fi s, Guw.
im At. 1.41. TËRP6I0BORË.
lèrentledieadeDriphesfiurceftéau. La Pythie leur ordonna d*érif{er des statues à Damia et à Auxésia, et leur promit €|u*après cela ils s'en trouveraient mieux. Les Épidauriens lui ayant ensuite demandé s'ils les feraient en pierre ou en l»t>nze, elle leur dU de n*y employer ni l'un ni l'autre, mais Tdivier frane. Les Épidauriens , persuadés que les oliviers de l'Attique étaient les plus sacrés, prièrent en conséquence ks Athéniens de leur permettre d'en ooùper. On dit même qu'en ce temps**là l'Attique était le seol pays où il y en eût. Les Athéniens le leur permirent , à condition qu'ils amèneraient tous les ans des victimes à Minerve Polias et è Érechthée. Les Épidauriens» ayant accepté ces conditions, obtinrent ce qu'ils demandaient, et ayant fait des statues de ces oliviers, ils les po* aèrent dans leur pays ^ qui devint fertile, et ils remplirent leurs engagemente avec les Athé« niens.
LXXXIU. LesÉginètes reconnaissaient avant cette époque , et môme encore en ce temps-là| la souveraineté d'Ëpidaure, et ils ëuient obligés de se rendre en cette ville pour y faire ju« ger leurs procès. Alais depuis, ils construisirent des vaisseaux, et, s étant abandonnés à leur mauvaise foi , ils se révoltèrent contre les Épidauriens, se déclarèrent leurs ennemis » et comme ils éuient devenus les mattres de la iner, ib ravagèrent leurs terres , et leur enie* vérenf les statues de Uamia et d'Auxësia , qu'ils placèrent au milieu de leur Ile, dans un canton nommé i£a, environ à vingt stades de la ville. Lorsqu'ils les eurent mises en cet endroit , ils tâchèrent de se les rendre propices en instituant en leur honneur des sacrifices et des chœurs de femmes qui se disaient des injures, et ils assignèrent à chacune de ces déesses dix cfaoréges. Ces chœurs n inveciiyuieni point les hommes, mais seulement les femmes du pays* Les Epidauriens avaient eu aussi chez eux de pareilles cérémonies, et ilsen ont d'autres qu'ils tiennent secrètes.
LXXXIV. Ces statues ayant été enlevées, les Épidauriens cessèrent de s'acquitter des sacrifices dont ils étaient convenus avec les Athéfliens. Ceux-ci , irrités de ce qu'ils manquaient il leurs engagemenu , leur en firent témoigner par leurs députés leur mécontentement : mais les Épidauriens prouvèrent aux députés d' A<
- LIVHE V.
thènes qu'ils ne faisaient point eti cela d'injus* tice ; que tant qu'ilsavaient eu ces statues dans leur pays, ils avaient rempli leurs engagements; mais que depuis qu'elles n'étaient plus en leur possession , il n'était pas juste qu'ils payassent encore ce tribut, et qu'ils devaient l'exiger des Éginètes , qui en étaient les mattres. Sur cette réponse les Athéniens envoyé» refit A Égine demander les statues ; mais les Éginètes leur dirent qu'ils n'avaient rien à démêler avec eut.
LXXXV. Les Athéniens racontent qu'après cette demande, ils envoyèrent sur une trirème, au nom de l'état , les citoyens qu'ils avaient déjà députés , et qu'étant arrivés à Égine , ils tâchèrent d'arracher ces statues de dessus leurs bases, afin de les emporter avec eux, comme étant d'un bois qui leur appartenait ; que n'ayant pu s'en rendre maîtres de cette ma*^ nière , ils leur passèrent des cordes pour les tirer; mais que, pendant qu'ils les tiraient, il survint un tel coup de tonnerre , accompagné d'un si grand tremblement de terre , qu'ils en eurent l'esprit aliéné, au point qu'ils s' entretuèrent les uns les autres , comme s'ils eussent été ennemis, et qu'il n'en réchappa qu'un seul qui se transporta à Phalère.
LXXXVl. Tel est le réoit des Athéniens. Les Éginètes prétendent de leur côté qtie , si les Athéniens n'avaient eu qu'un seul vaisseau ou seulement un petit nombre, ils les auraient aisément repousses^ quand ils n'en auraient point eu du tout eax-mémes ( mais qu ils vinrent , non sur un seul vaisseau $ mais avec une flotte considérable : qu'ils prirent alors le parti de céder , et de ne point engager un combat naval. Hs ne peuvent cependant assurer s'ils oédèrent , parce qu'ils se sentaient trop faibles pour combattre sur mer, ou , si ce fut dans la vue d'exécuter le projet qu'ils méditaient ^ Us ajoutent que les Athéniens ne voyant personne se présenter pour leur livrer bataille , descendirent de leurs vaisseaux, et se portèrent vers les statues : que n'ayant pu les arracher de dessus leurs bases ^ ils leur passèrent des cordes, et les tirèrent jusqu'à ce que ces statues se (lissent mises toutes deux à genoux, posture
I Ce projelest oeloi d'Appeler let Kt^lêm fttenr KC(Hifs« doat il eit parié an pea pîoi fm.
HISTOIRE D'HÉRODOTE
9» kl. J.-C
qi^ell^ ont conservée depuis ce temps-là. Ce trait ne me parait point vraisemblable ; il le sera peut-éti*e pour quelque autre. Telle fut, selon les Éginètes , la conduite des Athéniens. Quant à ce qui les regarde eux-mêmes , ils disent qu'ayant appris que les Athéniens devaient venir les attaquer, ils avertirent les Argiens de se tenir prêts; que ceux-là ayant fsit une descente en Égine, les Argiens les secoururent sur-le-champ, passèrent d'Épidaure dans Tile à Tinsu des Athéniens, et tombèrent sur eux à rimproviste, après leur avoir coupé le chemin de leurs vaisseaux. Us ajoutent que dans le même temps il survint un coup de tonnerre avec un tremblement de terre.
LXXXVII. Ce témoignage des Éginètes est confirmé par celui des Argiens. Les Athéniens conviennent aussi qu'il n'y eut qu'un seul d'entre eux qui se fût sauvé dans l'Atlique. Mai^^les Argiens prétendent qu*ils battirent les Athéniens, et qu'il n'y eut que cet homme qui survécut à la défaite de leurs troupes ; au lieu que suivant les Athéniens, cet homme échappa lui seul à la vengeance des dieux , et même encore ne put-il s'y soustraire, puisqu'il périt de la manière que je vais le dire. De retour à Athènes, il raconta le malheur qui était arrivé ; là-dessus les femmes de ceux qui avaient été de cette expédition, outrées de ce qu'il s'était sauvé lui seul , s'attroupent autour de lui , le piquent avec les agrafes de leurs robes, en lui demandant chacune des nouvelles de son mari, et le font mourir de la sorte. L'atrocité de cette action parut aux Athéniens encore plus déplorable que leur débite même, et ne sachant quelle autre punition leur infliger, ils les obligèrent à prendre les habits des Ioniennes. Elles portaient auparavant Thabillement dorien, qui approche beaucoup de celui des femmes de Corinthe. On changea donc leurs habits en tuniques de lin , afin de rendre inutiles les agrafes. Mais puisque! fout dire la vérité, cet habillement n est pas dans son origine Ionien , mats carien; Thabit de toutes les femmes grecques étant anciennement le même que celui que portent les Doriennes.
LXXXVllI. On prétend que les Argiens et les Éginètes ordonnèrent, en conséquence de cette action , que leurs femmes porteraient des agrafes une fois et demie plus grandes qu'à
l'ordinaire; cflie la principale offrande des femmes à ces déesses * se ferait en agrafes; que dans la suite , on n'offrirait à leur temple aucune chose qui vînt de l'Attique, pas même un vase de terre, et qu'on ne pourrait y boire que dans des coupes du pays. Cette opposition a été poussée si loin , que de mon temps le» femmes des Argiens et des Éginètes portaient encore des agrafes plus grandes qu'autrefois.
LXXXIX. TeUe fet, comme je l'ai dit, l'origine de rinimilié des Athéniens contre les Éginètes. Ces derniers se ressouvenant encore de ce qui s'était passé au sujet de ces statues, se rendirent avec empressement à l'invitation des Thébains, et donnèrent du secours aux Béotiens. Les Éginètes ravagèrent les côtes de l'Attique; mais tandis que les Athéniens se disposaient à marcher contre eux , il leur vint de Delphes un oracle qui leur ordonnait de sus» pendre le châtiment des Éginètes pendant trente ans, à compter de leurs premières insultes, et que si , après avoir élevé un temple & iEacus, ils les attaquaient la trenie-uBième année , cette guerre aurait le succès qu'ils s'en promettaient ; au. lieu que s'ils la leur faisaient sur-le-champ, ils auraient beaucoup à souffirir dans cet intervalle; qu'ils femient aussi beaucoup de mal aux Éginètes, mais qu'enfin ils les subjugueraient. Les Athéniens n'eurent pas plus tôt eu communication de cet oracle, qu'ils élevèrent à iEacus le temple qui est à présent sur la place publique. Mais voyant qu'il leur fallait contenir pendant trente ans le ressratiment des injures qu'ils avaient reçues, ils ne voulurent pas différer si long-temps.
XC. Une aifaire que leur suscitèrent les Lscédémoniens fut un obstacle à la vengeance qu'ils méditaient. Les Lacédémoniens, instruits du manège des AIcmaeonides avec la Pythie, et des intrigues de celle-ci contre eux et contre les Pisistratides, en furent doublement affligé » et parce qu'ils avaient chassé d'Athées leurs hôtes et leurs amis, et parce que les Athéniens ne leur en savaient aucun gré. Indépendam* ment de ces raisons, ils étaient encore animés par les oracles, qui leur prédisaient qu'ils auraient beaucoup à souffrir de la part des Athéniens, oracles qu'ils avaient auparavant igno*
^ « DamltelAauMa.
TERPSICBORE, - LlVftË V-
réSy et que Clëomèiies> qui tes avait ]Uytté& à Sparte, leur fit alors coûnattre. Ce prince avait ènleyé ce» oracles de la citadelle. Ils avaient auparavant apparienuaux Pisistratides; mats les àyaut laissés dans le tenaple de Minerve lorsqu'ils furent chassés , Cléomènes s*en était emparé.
XCI. Quand les Lacédémoniens s'en virent les maîtres, et qu'ils se furent aperçus que les forces des Athéniens prenaient de nouveaux accroissements y et qu'ils n'étaient nullement disposés à leur obéir; venant alors à réfléchir que Sf ce peuple était libre, il tiendrait avec eux Vbalance égale , et que s'il était retenu dansTesclavage, il deviendrait feible et souple; convaincus de la justesse de ces réflexions, ils firent venir Bippias, fils de Pisistrate, de Sigée sur l'Hellespont, où s'étalent réfugiés les Pisistratides. Hippias s'étant rendu à leur invitation, ainsi que les députés de leurs alliés, qu'ils avaient aussi mandés, les Spartiates leur par-^ lèrent en ces termes : € Confédérés , nous reconnaissons notre foute : entraînés par des oracles trompeurs, nous avons chassé de letfr patrie de vrais amis , qui s'étaient engagés à tenir Athènes sous nos lois ; nous avons ensuite remis l'autorité entre les mains d'un peuple ingrat, qui, se voyant libre par nous, ose actuellement lever la tête , et a eu l'insolence de nous chasser de chez lui, nous et-1 notre roi. £nflé d'une vaine gloire, ses forces vont toujours en augmentant : les Béotiens et les Ghalcidiens, leurs voisins, le savent e/ l'ont appris à leurs dépens; d'autres le sauront bientôt , pour peu- qu'ils choquent ce peuple^rgueilleux. Mais puisque nous avons connais une faute, réparons*la, en tâchant de nous venger avec votre secours. C'est daifs ce dessein que nous avons invité Hippias à venir à Sparte, et que nous 4rous avons priés de vous y rendre, afin que, réunissant nos forces et agissant de concert, nous le reœènions à Athènes, et que nous lui rendions ce que nous lui avions ravi. »
XCn. Ce discours ne fut pomt approuvé du plus grand nombre des alliés. Ils gardaient tous le silence, lorsque Sosiclèsde Corinthe parla en ces termes : c Lacédëmoniens , nous » devons certes nous attendre maintenant à » voir le ciel prendre la place de la terre , et la Hérodote,
V terre celle dn ciel; les*hommes vivre dteala ^ mer, et les poissons sur la terre , puisque » vous cherchez à détruire Fisocratie dans les 9 villes , et que vous vous disposez à établir en
> sa place la tyrannie, gouvernement le plus
> injuste et le plus sanguinaire qu'il y ait au
> monde. S'il vous paraît avantageux de sou- » mettre les états de la Grèce à des tyrans, » commencez par en prendre un pour vous- * mêmes , et cherchez ensuite à en donner aux
> autres. Vous n'avez jamais éprouvé le gou- » vernement tyrannique , et vous veillez avec i le plus grand soin pour qu'il ne s'introduise
> point à Sparte; cependant, par un abus 1 étrange, vous entreprenez de l'établir aujouri d'hui chez vos alliés. Mais si vous en aviez
> fait le môme essai que nous , nous ne dou- » tons point que vous n'eussiez ouvert un meil-
> leur avis.
> La forme du gouvernement de Corinlhe
» était oligarchique, et l'autorité était concen- » trée dans la maison des Bacchiades , qui ne i se mariaient que dans leur famille. Amphion, » l'un d'entre eux , eut une fille boiteuse nomi mée Labda. Aucun des Bacchiades n'ayant i voulu l'épouser, on la maria à Eétion , fils B d'Ëchécralès , du bourg de Pétra, mais La- 1 pithe d'origine, et descendant de Caenée.
> Comme il n'avait point d'enfant de cette
> femme, ni d'aucune autre, il alla consulter » le dieu de Delphes pour savoir s'il en aurait. » A peine fut-il entré dans le temple , que la 9 pythie lui adressa ces paroles :
9 Eétion, tu n'es honoré de personne, quoir que tu mérites beaucoup de l'être. Labda f porte dans son sein une grosse pierre qui
> écrasera des despotes, et gouvernera Corin-
> the.
9 Cette réponse du dieu fut par hasard rap-
9 portée aux Bacchiades. Us avaient reçu 9 auparavant, au sujet de Corinthe, un oracle 9 qui leur avait paru obscur, et qui signifiait 9 la même chose que celui que le dieu venait 9 de rendre à Eétion. H était conçu en ces ter- 9 mes :
9 Une aigle enfantera parmi les rochers un 9 lion fort et cruel, qui fera périr beaucoup de 9 monde. Réfléchissez la-dessus, vous qui Iiabi- 9 tez la sourcilleuse Corinthe, et les bords de 9 la belle fontaine de Pirène,
p{irli de s'en «Uar» et de dire à eeux qui les avaient envoyés qu'ils s'étaient acquittés de leuroommissioB. Ce Ait en effet le langage qu'ils tinrent à leur retour. Lorsque cet en- ^nt fut devenu grand , on lui donna le nom de Cypsëius» pour rappeler le souvenir du danger qu'il avait évité par le moyen d*nne eorbeMle ^ à blé. Étant ensuite parvenu à l'âge viril , il nlla consulter le dieu de Delphes , qui lui fit une réponse ambiguë. Plein de confiance en cet orade , il attacjua Corinthe et s'en empara. Cet oracle était conçu en ces termes :
I Heureux cet homme qui entre dans mon temple» Gypsélus, filsd'Eétion, roi de l'illustre ville de Gorinthe^lui, ses enfants» et encore les enfants de ses enfants.
9 Voici comment Cypsélus se conduisit lorsqu'il fut devenu tyran. Il exila un grand nombre de Corinthiens, en dépouilla beaucoup de leurs biens , et en fit mourir encore davantage. Enfin , étant parvenu au port après un règne heureux de trente ans» son fils Périandre lui succéda. Celui-ci montra dans les commencements beaucoup plus de douceur que son père; mais les liaisons qu'il entretint par ses ambassadeurs avec Tbrasybule» tyran de Milet, le rendirent encore plus cruel que Cypsélus. 11 avait ftiit demander à ce prince quelle forme degouvernement il pourrait établir afin de régner honorablement et plus sàrement« Thrasybule conduisit l'envoyé de Périandre hors de la ville» se promenant avec lui dans les blés » et faisant à cet eayoyé des questions sur son départ de Corinthe» et revenant souvent sur cet objet» il coupait tous les éfris jAus élevés que les autres , et les jetait par terre » de sorte qu'il détruisit ce qu'il y avait déplus beau et de plus grand parmi ces blés. Quand il eut parcouru ce champ» il renvoya le député de Périandre sans lui donner aucune sorte de eonseib. Ce député ne fut pas plus tôt dé retour à Corinthe » que Périandre s'empressa de lui demander quels conseils lui donnait Thrasybule : il lui répondit qu'il ne lui en avait donné aucun ; mais qu'il était surpris
> IjCS Bacchiades nç ppuvaieDt former au-
> cune conjecture sur cet oracle» qui leur 9 avait été rendu antérieurement; ipais lors-
> qu'ils eurent connaissance de celui d'Eétioq»
> ils comprirent aussitôt le premier , parce 9 qu'il s'accordait parfaitement bien avec celui
> qui avait été rendu ^Eétion. 3'étantdonc
> aussi assurés du sens de cet oracle» ils le » tinrent secret , dans l'intention de faire périr
> Tenfant qui naîtrait à Eélion. Sa femme ne » fut pas plus tôt accouchée , qu'ils envoyèrent
> dix d'entre eux au bourg où il demeurait, pour 9 tuer cet enfant. Lorsqu'ils y furent arrivés , » et qu'ils furent entrés dans la cour d'Eétion , 9 ils demandèrent l'enfant. Labda, qui igno- 9 rait le motif de leur arrivée» et qui pensait 9 qu'ils le demandaient par amitié pour son 9 père» le remit entre les mains de l'un d'entre 9 eux. Ils avaient résolu en chemin que le pre- 9 mier qui le tiendrait entre ses bras l'écrase- 9 rait contre terre. Cet enfant p'eut pas plus tôt 9 passé des mains de sa mère dans celles-ci » 9 que par un bonheur extraordinaire il lui 9 sourit. Cet homgie en lut touché» et la » compassion l'empêchant de le tuer, il le remit 9 à un autre» celui-ci à un troisième; enfin ils 9 se le passèrent tous ainsi de main en main, 9 sans qu'aucun d'eux voulût le faire périr. Ils 9 sortirent de la maison après l'avoir rendu à 9 sa mère , et se tenant près de la porte » ils se 9 firent réciproquement de vifs reproches^ et 9 surtout à celui qui avait pris le premier l'en-
> faut , parce qu'il n'avait pas exécuté ce dont 9 ils étaient convenus. Ces altercations ayant 9 duré quelque temps» ils prirent enfin la rés^r » lution de rentrer» et de participer tous à sa 9 mort. Mais il fallait que la race d'Eétion fftt 9 le germe d'où devaient sortir les malheurs 9 de Corinthe. Labda, qui était près de la 9 porte, avait tout entendu» et craignant qu'ils 9 ne changeassent de résolution, et qu'ils ne 9 reprissent son fils pour le tuer , elle alla le 9 cacher dans une corbeille à blé, qui lui parut 9 le lieu le plus sûr» et dont on se douterait le 9 moins; car elle était persuadée que, s'ils ren- 9 traient pour chercher son fiU» ils feraient 9 par tou(e la maison les perquisitions les plus 9 exactes. Cela ne manqua point aussi d'arri- 9 ver. Ils rentrèrent dans la maiNOii» et ayant 9 inutilement cherché partout, ils prirent le
* Vw oortieitte o« oofik« où Toa serre le blé ; s'appéUe en grec, xW^M.
qu'il Te&t euviQé wçifk^ d'ui^ homme i^ssez îps€i|8é pour détruire son propre bien ; et ep même temps il lui raconta ce qu'il loi avait yu faire.
> Périandre comprenant le seps de celte action , et persuadé que Tbrasybulelui coaseil- ]aitde foire mourir les citoyens les plus élevéSy se porta dès ce moment à toutes sortes de méchancetés envers ses ooncftoyens. U exila et fit mourir ceux qu'avait épargnés Cypsélus, et acheva ce que celui-ci avait commencé. U fit aussi en un même jour déppliiller de leurs h^its toutes les femmes de Gorinthe, à l'occasion de Mélisse sa femme* . Il avait envoyé consulter l'oracle des morts sur les bords de F Ach^ron , dans le pays des Thesprotiens , au sujet d'un dépôt qu^vait laissé un étranger. Mélisse étant apparue, répondit qu'elle ne dirait » ni n'indiquerait PU était ce dépôt» parce qu'étant nue^ elle avait froid ; les habits qu'on avait enterrés )ivec elle ne lui servant de rien , puisqu'on ne les avait pas brûlés : et pour prouver la vérité de ce qu'elle avançait , elle ajouta que Périandre avait déposé dans le sein de la HM^t le germe de la vie. Cette preuve parut d'aiitant plus certaine à Périandre, qu'il avait joui de sa femme après sa mort. Ses envoyés ne hii eurent pas plus tôt fait part, à leur retour, de la réponse de MéKsse , qu'il fit publier par un héraut que toules^es femmes de Gorintbe eusseiut à s'assembler dans le temple de Janon. Elles s*y rendiren t comme à une fête » avec leurs plus riches parur es ; Biais sans aucune distinction de rang et de naissance, il les fit toutes dépouiller par ses gardes, qu'il avait apostés dans ce dessein. On porta ensuite, par son ordre, tous ces ha bits dans une 'fesse où on les brûla » après qu'il eut adressé ses prières à Mélisse. Gela fint 9 l'ombre de Mâisse indiqua à celui qu'il avait envoyé pour la seconde fois, le lieu où elle avait mis le dépôt.
> Telle est, Lacédémoniens, la tyrannie , tels sent ses effets. Aussi fùmes-nous alors fort ëteunés , nousautres Corinthiens, quand nous vous vtmes mander Hippias ; mais le langage que vous nous tenez maintenant nous sur-
■ Yoyes tor MéUiie , Uv. ui, s, l.
TEfWUCiiOiilS^^iJVIlEl V. 4M
prend encore davavtage. Nous voas conju* rons> aui noms des dieux dé la Grèce, de ne point établir dans les villes la tyrannie. Mais^ si • persistant dans votre premier dessein , vous entreprenez , contre toute justice , de rétablir H ppias dans Athènes , sachez que vous n'aufez pas du moins les Corinthiens pour approbateurs. »
XGilL Sosiclès, député de Corinthe, ayant cessé de parler , Hippias lui répondit , après avoir invoqué les mêmes dieux : que les Corin* thiens auraient un jour plus de sujet que tout autre peuple de regretter les Pisistratides , lorsque serait arrivé le temps fixé par les destins, où ils seraient vexés par les Athéniens* Hippias leur parlait ainsi , parce que nui homt me n'avait une connaissance plus parfaite des oracles* .Le reste des alliés avait jusque-là gardé le silence; mais ayant oui le discours de SosPelès, ils s'écrièrent tous avec liberté et d'une voix unanime , qu'ils étaient de son avis ; et s'adressant aux Lacédémoniens , ils les conjurèrent de ne rien entreprendre contre une ville grecque, et de n'introduire aucune nouveauté dans son gouvernement. Ainsi échoua le projet des Lacédémoniens.
XGIV. Hippias étant parti de LacëdéinoneV Amyntas , roi de Macédoine , lui donna la ville d'Anthëmonte, et les Thessaliens celle.d'Iolcos; mats il n'accepta ni l'une ni l'antre de ces of* fres, et retourna à Sigée. Pisistraie ayaqt conquis cette place sur les Mytiléniens , y avait établi pour tyran un fils naturel , nommé Hégésistrate, qu'il avait eu d'une femme d'Argos. Mats ce jeune homme ne jouit pas tranquillement du bien qu'il tenait de lui. Les Mytiléniens et les Athéniens étaient depuis loDg-temps en guerre, et les villes d'Achilléium et de Sigée leur servaient de place d'armes , d'où ils faisaient de fréquentes courses sur le territoire des uns et dtt autres. Les premiers redemandaient ce pays ; les autres ne convenaient pas qu'il leur appartînt; et de plus, ils prouvaient qu'euxmêmes, et tous les autres Grecs qui avaient aidé Mcnélas à venger le rapt d'Hélène, avaient autant de droit au territoire de Troie que les Éoliens.
J\ê avaient appartenu aux PUbfraGdefi. Voyez ci-4^
HISTOIRE D'BËRODOTE.
XCV. Il ôrrivâ dans celte guerre » et dftns les combats que se livrèrent ces deux peuples» beaucoup d^aventures de toute espèce » ei une entre autres qui regarde le poêle Alcée. Dans une action où les Athéniens eurent Tavantage , il s'enfuit» et laissa en leur pouvoir son bouclier, qu'ils appendirent à Sigée dans le temple de Blinerve. U composa sur ce sujet une ode qu'il envoya à Mytilène , et dans laquelle il racontait à Ménalippe» son ami » le malheur qui lui était arrivé. Périandre, fils de Cypsélus, rciabUt la paix entre les Mytiléniens et les Athéniens, qui l'avaient pris pour arbitre^ Il décida qu'ils conserveraient le pays dont cha* cun était en possession. Sigée resla en conséquence aux Athéniens.
XG VI. Hippias s'éumt rendu de Lacédémone en Asie > il n'y eut rien qu'il ne remuât pour rendre les Athéniens odieux a Artaphernes. U fit tout pour mettre Athènes en sa puissance » et pour la soumettre à Darius. Ses menées étant Tenues à la connaissance des Athéniens » ils envoyèrent des députés à Sardes pour dissuader les Perses d'ajouter foi aux discours de leurs bannis. Mais Artaphernes leur ordonna de rappeler Hippias , s'ils désiraient se conserver. Ils étaient si éloignés d'accepter cette condition , qu'ils furent d'avis de se déclarer ouvertement contre les I^erses.
XGVII. Tandis qu'ils éuient dans cette résolution , et qu'on les calomniait chez les Perses» Aristagoras de Milet» que Gléomènes» roi de Lacédémone» avait chassé de Sparie » arriva à Athènes, la plus puissante ville qu'il y eût en Grèoe. S'éiant présenté à l'assemblée du peuple» il y parla, comme il l'avait fait à Sparte» des richesses de l'Asie et de la facilité qu'il y aurait à vaincre les Perses, qui n'avaient point de troupes pesamment armées. A ces raisons il ajouta : que les Milésiens étant une colonie des Athéniens » il était naturel que cafx-ci» qui étaient très-puissants , les remissent en liberté : et comme il avait un besoin très^pressant de leurs secours » il n'y eut point de promesses qu'il ne leur fit» jusqu'à ce qu'il les eûl enfin persuadés. U paraît en effet plus aisé d'en imposer à beaucoup d'hommes qu'à un seul , puisque Aristagoras » qui ne put surprendre Cléomèncs seul » réussit à tromper trente mille Athéniens. Le peuple, persuadé » résolut d'en-
voyer vingt vai$seftuY M secours dés Ioniens , et nomma pour les commander Mélanthius»
qui étdit universellement estimé parmi ses concitovens. Gelte flotte fut une source de maax tant pour les Grecs que pour les Barbares.
XGVIII. Aristagoras s'embarqua et prit les devants. Lorsqu il fut arrivé à Mitet , il imagina un projet, dont il ne devait résulter aucun avantage pour les Ioniens ; aussi avait-il moins en vue de les obliger que de chagriner Darius. Il envoya en Phrygie * vers les Pœoniens , qui avaient été transplantés des bords du Strymon, où Mégabyse les avait faits prisonniers, et qui en haibtaieot un canton et un bourg» qu'on lear avait doni|és pour y vivre en leur particulier. Son député leur dit à son arrivée : c Pseoniens» Ariltagoras , tyran de Milet , m'a chargé de vous donner un conseil, qui vous sera salutaire si vous voulez le suivre. L'Ionie entière a pris les armes contre le roi ; c'est pour vous une occasion favorable de retourner dans votre patrie sans aucun danger. Rendez- vous seulement sur le bord de la mer ; quant au reste du voyage nous y pourvoirons. »
Les Pseoniens embrassèrent ce parti avec bien de la joie. Prenant aussitôt avec eux leurs femmes et leurs enfants , ils s'enfuhrent vers la mer, excepté un petit nombre que la crainte du danger retint dans leur habitation. A peine furent-ils arrivés sur ses bords» qu'ils passèrent en Ghios. Ils y étaient d%jà , lorsqu'il survint de la cavalerie perse qui I«s poursuivait vivement. Ges troupes n'ayant pu les joindre » leur firent dire à Ghios qu'ils eussent à revenir. Les. Paeoniens ne les écoutèrent pas. Les habitants de Ghios les transportèrent de leur tie en celle deLesbos» et les Lesbiensà Dorisque » d'où ils se rendirent par terre en Paeonîe.
XGIX. Les Athéniens arrivèrent avec vingt vaisseaux et cinq trirèmes des Érétriens qui les accompagnèrent » moins par égard pour eux » que pour reconnaître les bienfeiits des Milésiens. Geux-ci en effet les avaient aidés dans la guerre qu'ils avaient eu à soutenir contre les Ghalcidiens, lorsque les Samiens secoururent ces derniers contrelesÉrétriens et les Milésiens. Quand ils furent arrivés , et qu'ils eurent été joints par le reste des alliés , Aristagoras fit
Voyei ùrémoB, S mi et soiTants.
7f6Af.JHS.
TERPSIGHORE. - LIVRE V.
une expëditkm contre Sardes, o^ il ne se trooya point en penM>nne. U resta à Milet, et nomma pour commander les Mïësiens Charopinus son frère » et mit Hermophante à la téie des alliés.
C. Les Ioniens étant aborda à Éphèse, laissèrest leurs vaisseanx à Goresse , dans le territoire de cette ville » et ayant pris avec eux des Ëphésiens pour leur servir de fuides , ils s'avancèrent dans les terres avec des forces considérables. Ds suivirent les bords du Gaystre , passèrent le mont Tmolus » et arrivèrent à Sardes. Gomme ils ne trouvèrent point de résistance, ils prirent cette place , excepté la citadelle , qu'Artaphernes défendait avec une garnison nombreuse.
GL Un accident garantit cette ville du pillage.
La plupart des maisons étaient de cannes et de roseaux , et toutes celles qui étaient en briques étaient couvertes de roseaux. Un soldat ayant mis le feu à une de ces maisons, Tios cendie se, communiqua aussitôt de proche en proche, et la ville fut réduite en cendres. Pendant qu'elle était en proie aux flammes, les Lydiens et tout ce qu'il y avait de Perses à Sardes, se voyant pris de tous côtés, et ne trouvant point d'issue pour s'échapper , parce que le feu avait déjà gagné les extrémités de la ville, se rendirent en fouie aur la place, et sur les bords du Pactole qui la traverse par le milieu. Ge fleuve rotule dans ses eaux des paillettes d'or, qu'il adétachées du Tmolus, et au sortir de^ Sardes , il se jette dans THermus, et l'Hermqs dans la mer. Les Perses et les Lydiens, entassés dans la place et sur les bords de cette rivière, furent forcés de se défendre. Les Ioniens voyant les uns se mettre en défense et les autres marcher à eux en grand nombre, furent effrayés , et se retirèrent vers le mont Tmolus , d*où ils partirent la nuit pour se rendre à leurs vaisseaux.
GU. L^ temple de Cybèle , déesse du pays , fiit consumé avec la ville, et cet incendie servit dans la suite de prétexte aux Perses pour mettre le feu anx temples de la Grèoel Sur la nouvelle de cette invasi<yi, les Perses qui habitaieut «[irdeçà de l'Halys s'assemblèrent et accoururent au secours des Lydiens. Ils ne trouvèrent pins les Ioniens j^ Sardes ; mail les ayant
suivis sur leurs traces, ilsleâ atleigimreDt & Éphèse. Les Ioniens se rangèrent en batailla vis-a^ d'eux, livrèrent combat et furent bat» tus. Il y en eut beaucoup de tués , et parmi les personnes de distinction, on compte Enalcis'» commandant des Erétriens , qui avait été plu* sieurs fois victorieux aux jeux dont le prix est une couronne et dont les louanges avaient étë chantées par Simonides de Géos. Geux qui se sauvèrent de cette bataille se dispersèrent dans les villes.
Gin. Les Athéniens abandonnèrent après cela totalement les lonienî^, et ne voulurent plus leur donner de secours, malgré les prières que leur fit Aristagoras par ses députés. Quoi* que privés de l'alliance^ des Athéniens, les Ioniens ne s'en disposèrent pas moins à continuer la guerre contre Darius , la conduite qu'ils avaient tenue avec ce prince ne leur laissant point d'autre ressource. Us firent voile dans l'Hellespont , et s'emparèrent de Byzance et de toutes les autres villes voisines. Au ^rtir d% cette mer, ils allèrent en Garie, dont la plus grande partie se confédéra avec eux ; et la ville de Gaune , qui avait refusé auparavant leur al« liance, y entra aussitôt après l'incendie de Sar« des.
GIY . Les Gypriens se lignèrent tous de leur propre mouvement avec eux , excepté les habitants d'Amathonte. Us s'étaient révoltés contre les Mèdes * à l'occasion que je vais dire. Gorgus , roi de Salainine , fils de Ghersis , petit-fils de Siromus , et arrière-petit-fils d'Evelthon ^ , avait un frère cadet nommé Onésilus. Get Onésilus Favait souvent exhorté auparavant à se soulever contre le roi. Lorsqu'il eut appris la révolte des Ioniens , il l'en pressa encore davantage^ mais n'ayant pu l'y engager , il épia le moment qu'il était sorti de Salamine, et aussitôt il lui en ferma les portes à l'aide dçs gens de son parti. Gorgus, dépouillé de ses étals , se retira chez les Mèdes. Onésilus se voyant maître de Salamine, tous les Gypriens prirent à sa prière part à la révolte , excepté ceux d'Amathonte, qui ne voulurent point l'écouter ; il les assiégea.
GY. Il était devant cette place , lorsqu'on
annonça à Darius que Sardes avait été prise et
* LesPenei.
* n est parlé d'ËTeltbon » Iît. nr , S. oaiL
HBTOBUB DVAROBOTE
fcrttëé par ks Athéftieimet les loaieBs ; qn'A^ yistagoma de Milet avait onrdi cfette trame , et 4fk*iï était le chef de la ligne formée contre luh Oh raconte qae lonqu'il apprit cette neutetle, il ne tint aucun compte des Ioniens , sachant bien cfëe leur révolte ne resterait pas Impunie; mais qu'il s'informa quel peuple e'éuit que les AlliénienSf et que siir œ qu'on le lui eutappris, fl demanda éon ai^c , é% qu'y ayant mis une flè^ die, il la tira vers le del et en frappa l'air en s'écriant : c 0 Jupiter!puissé-je me venger des » Athéniens 1 1 H ordonna ensuite à un- de ses officiers de lui répéter à trois reprisée , toutes les fois qif on lui servirait à dîner : t Seigneur, 0ouvene»ivous des Athéniens. >
CYL Cet ordre donné, il manda Histiée de miet) qu'il retenait à sa cour déjà depuis longleiiips. t Histiée, lui dit-il , j'apprends que le ft gouverneur à qui vous avez confié Milet , a >elcitédes troubles- contre moi ^ qu'il a foit
sra IV,' J.6.
» j'eusse Aésur Idé Keùx, àlidllné tllle n^eflt
• osé remuer. Renvoyez-moi dbnc an plus tôt » en lonie, afin que j'y rétablisse votre auto* I rite dans son premier état, et que je remette » en vos mains Âristagoras , l'auteur dé cette f trame. Ces deux points exécutés , selon Vos t intentions, je jure par les dieux, protecteurs » des rois, que je ne quitterai point l'habit que
• j'aurai à moii arrivée en lonie^ que je ne vouft » aie rendu tributaire la grande tie dé SÉr^- > daigne. »
Cyn. Darius se laissa persuader par ce dis« cours, qui ne tendait qu'A le trohiper. Il renvoya Histiée , et lui ordonna , en parlant , de revenir à Suses , aussitôt qu'il auitJt rempli ses engagements.
GVIIL Pendant qu'on portait au roi la Nouvelle delà prise de Sard^, que ce prince, après avoir tiré une flèche contre le ciel , délibérait sur ce sujet avec Histiée , et qu'Histiée, oongé-
* iraiir des peuples de l'autre continent^ et que dié par lui, se rendait' sur les bords de la mel^i
* les ayant joints aux Ioniens , que je saurai s punir ^ il les a eagagés à le suivre » et lii'a f enlevé la ville de Sardes ; cette entreprise
* vous paratt<elle honnête ? Aurait-elle pu » s'exécuter sans votre participation ? Prenez 9 garde de vous rendre coupable une autre s fois. — Que me dite»- vous, seigneur» répondit f Histié ? Me croyez-vous capable de donner i un conseil qui puisse voils causer le plus lé- » get chagrin ? Que prétendrais-je en agissant
* delasorte.^Dequoimanqué-je présdevousT
> Ne me foite»-votis point part de tous vos
> biens? Ne daignez -vous pas m'admettrèà É tous vos oonseik ? Si mon lieutenant a fori-mé l'entreprise dont vous me parles, c'est , 9 seigneur , de son proDre mouvement; mais
> je nepuis.alwolumait me persuader que lui
* et les Milésiens aient excité des troubles f contre vous. Si cependant ils l'ont foit , si 9 ce qu'on vous en a dit est vrai , considérez, » seigneur « si vous n'y avez pas donné lieu ,
* en m' Arrachant des bohdsde la mer^ Les 9 Ioniens désiraient sans doute depuis longs temps se soustraire à votre obéissance ; 9 mon éloignement a favorisé leurs vu^. Si
> Il me semble qoe Texpression qu'Hérodote met daof la bouche d'Hûtiée, pouvait fai^ toupçomier à Darius jia'U éUlt i laeoar malgré lui, étparcona^iQentooBfitaer
Prince daoi iS» toopfooi.
on apprit à Onésilus de Salamine , qui était o<x»pé au siège d'Amathonte , qu on attendait incessamment en Gypre Artybius , Perse de naissance, avec une armée considérable de troupes de sa nation. Sur cette nouvelle, Oné^ silus dépécha des hérauts aux Ioniens, pourleu inviter à le secourir. Ceux-ci ^ sans perdt*e le tempe en longues délibératioas ^ vinrent â soft secours aveaune flotte nombreuse. Les loaietië étaient déjà en Gypre^ Ibrsque les Perses ayaât passé de la Gilicle en cette tte^ se rendireut pat' terre à Salamine ; les Phéniciens doublèrent de leur côté le promontoire qu'on appelle les Cieldes de Gypre.
GIX. Pendant que ces événements se paè^ saient, les tyrans de Gypre convoquèrent les commandants des Ioniens, et leur parlèrent eil ces termes : < Ioniens, nous vous donnons le choix, nous autres Gypriens, d^atiàquer lès Perses, ou les Phéniciens. Si vou^ voûtez es^ sayer sfiûr terre vos forces contre les Perses, fl est temps de quitter vos vaisseaux et de vdus ranger en bataille ; et nous, après être mon-» tés sur vos vaisseaux , nous combâtirotas contre les'Phéniciens ; sf voiis aimez mienx attaquer les Phéniciens i.foites-le. Mais quel que soit votre choix, songes que de vous dé* pend la liberté de Gypre et del'Ioniè. * 9 -i-PriiMmije Cypre^répondirént les lohieÉis»
> ]e conseil cchbibiiii de rioniê bovs a envoyé» » pour garder la mer, et non poor l^metlre noa » vaisseaux aux Cypriens* et pour oombaitre » nousrmèmes à terre contre les Perses. Nous » tâcherons de faire notre devoir dans le poste • où Ton nous a placés. Pour vous , rappelez^ » vous le dur asservissement où vous ont tenus
> les Mèdes » et combattez en gens de cœur. » GX. Les ennemis étant arrivés après cela
dans la plaine de Salamine , les rois de Gypre choisirent les meilleurs soldats de Salamine et de Soles pour les opposer aux Perses » et ran« Çèrent leurs autres troupes contre le reste de iWmée. QuantàOnésilas* il se plaça luî-méme vis-à-vis d'Artybius, général des Perses.
CXI. Artybius montait un cheval instruit k se dresser contre un homme armé. Onésilus , qui en fut averti, en ptrla à son écuyer, Carien de nation, homme plein de courage et très-entenda dans Tart de la guerre. « J'apprends , lui dit-ii, que le cheval d'Artybius se dresse , et que des pieds el des deuts il tue celui confire lequel on le pousse. Faites sur-le-champ vos Inflexions là-dessus i el dites-moi lequel vous aimez mieux observer et frapper du maître ou du cheval. — Seigneur, répondh récuyer, je suis prêt à faire l'un et l'autre , ou l*un des deux, et absolument tout ce qu'A vous plaira de m'ordonner. Je vous dirai Dépendant ce qui me parait convenable à vos inté^réls. Je pense qu'un fti et un général doivent combattre contre un roi et un général. Si vous tuez un général ^ il en résultera pour vous une grande gloire ; s'il voils tue , ce qu*aux dieux ne plaise, il est moins triste de mourir de h main d'un homme de marque ^ Quant à nous autres serviteurs , il faut que nous combattions contre d'autres serviteurs. A regard du cheval d' Artybius, ne craignez point son manège; je vous garantis qu'il ne se dressera plus contré personne. > CXH. 11 dit, et bientôt après les deux armées de terre el de mer en vidreht aux mains. Les Ioniens firent paraître beaucoup de valeur sur mer, et battirent en cette journée les Phéniciens :ceux d'entre euii qui se distinguèrent le plos, furent les Samlens. Les armées de
» Qateitrit 6B) éjUTenls» tolâtfâ mortti h4l)eto , DixU, ab Haernonio quod ds jugolatiu Adiille. (OviD., Mé(«Hli«t|A.; ta, se.)
TERFMCROitE. ^ LIVRE V.
terre s'approchèrent , et fondnrent l'une suif l'autre. Voici ce qtti arriva aux deuxgénél*auxa Tandis qù' Artybius poussait son cheval contre Onésilus^ celui-ct le f^appe| comme 11 était coih venu avec son écuycr. Le cheval dresse eii même temps ses pieds sur le bouclier d'Onési-s lus ; le Carien les loi coupe avec une iànlk ; le cheval s'abat , et le général perse tombe avec lui.
CXIII. Pendaftt qu'on était occupé à combattre* Stésénor , tyran de Gurium » qui com« mandait un corps considérable de troupes» passa du côté de l'ennemi. On prétend que les Guriens sont une colonie d'Argiens^ Les chsL" riots de guerre des Salaminiens suivirent aussitôt l'exemple des Guriens. Les Perses ac» quirent par ce moyen de la supériorité. Les Cypriens prirent la fuite ; il en périt beaucoup, et entre autres Onésilus , fils de Ghersis, celuilà même qui avait excité lesGypriens à la ré« volte. Aristocypros , roi des Soliens , perdît aussi la vie i cette joiirnée. Il était fils de cft Philocypros, que Selon d* Athènes^ étant venu en Gypre, célébra dans ses vers héroïques par* dessus tous les tyrans.
GXIV. Les habitants d'Amathontecoupèrent k tète d'Onésilus, parce qu'il les avait assiégés; la portèrent à Amathonte, et la mirent sur une des portes de la ville. Quelque temps après , cette tète étant vide, on essaim d'abeilles la remplit de rayons de miel. Là-dessus ceux d' Amathonte consultèrent l'oracle, qui leur ré^ pondit d'emerrer cette tête, d'offrir tous les ans des sacrifices à Onésilus comme à un héros, et que par ce moyen ils s'en trouveraient mieux. Ils obéirent, et de mon temps ils lui sacrifiaient encore.
CXV. Les Ioniens , qui s'étaient battus sur mer près de Gypre, ayant appris que les c^foires d'Onésilus étaient perdues sans ressource , et que les villes de Gypre étaient assiégées , excepté Salamine^ que ses habitants avaient ren«* due à tiorgus leur ancien roi, remirent sur-lechamp à la Voile pour se rendre en lonie. «De toutes les villes de Gypre, Soles fut celle qui fil une plus longue résistance. Les Perses poussèrent des mines sous le mur tout autour de hi place, et la prirent de cette manière le cinquième mois»
GX VI. Les Gypriens furent de nouveau ré-
200 HISTOIRE D'HERODdTE.
duits en esclavage, après avoir joui de la liberté pendant un an *, Daurisès, gendre de Darius, Hymées, Oianes, et d'autres généraux perses » qui avaient aussi épousé des filles de ce prince, poursuivirent les Ioniens qui avaient été de Texpédiiion de Sardes, et les battirent , après les avoir forcés à rentrer dans leurs vaisseaux. Us se partagèrent ensuite les villes et les pillèrent.
GXVII. Daurisès tourna ses armes contre ks villes de THelIespont. Dardanus , Abydos , Percote , Lampsaque et Paesos ne résistèrent chacune qu'un jour. Mais, tandis qu'il était en marche pour se rendre de Paesos à Parium, il apprit que lesCariens s'étaient révoltés contre les Perses, de concert avec les Ioniens. Sur cette nouvelle, il quitta l'Hellespont, rebroussa chemn, et mena ses troupes en Carie.
CXVIII. Les Gariens en eurent connaissance avant son arrivée. Là-dessus ils s'assemblèrent au lieu nommé les Colonnes-Blanches, flbr les bords du Marsyas , qui se jette dans le Méandre, après avoir traversé le territoire d'Idrias. Les avis furent partagés. Le meilleur, du moins autant que j'en puis juger , fut celui de Pixodare , fils de Mausole , de la ville de Cindys, qui avait épousé une fille de Syennésis, roi de Cilicie. Il conseilla aux Cariens de passer le Méandre , et de combattre ayant le ffeuve à dos , afin que oe pouvant reculer , la nécessité de rester dans ce poste leur inspirât plus de courage qu'ils n'en avaient naturellement. Cet avis ne prévalut pas. 11 fut au contraire résolu que les Perses auraient le Méandre derrière eux, sans doute afin que , s'ils venaient à être vaincus et à être mis en fuite , ils tombassent dans le fleuve , et ne pussent se sauver*
ÇXIX. Les Perses étant arrivés quelque temps après , et ayant traversé le Mâmdre , les Cariens leur Uvrèrent bataille sur les bords du Marsyas. Le combat fut rude et long ; mats enfin ils furent forcés de céder au nombre. Il périt dans' cette action deux mille hommes du côté des Perses, et dix mille de celui des Cariens. Ceux d'entre ces derniers qui échappèrent à cette dërou te se réfugièrent à Labranda,
dans le temple de Jupiter Stratius, et dans un grand bois de planes qui lui est consacré. Les Cariens sont les seuls peuples , que je sache , qui offrent des sacrifices à Jupiter «ous le nom de Stratius. Lorsqu'ils furent renfermés dans ce bois, ils délibérèrent sur le parti le plus sa» lutaire , et s'il leur serait plus avantageux de se rendre aux Perses, ou d'abandonner totalement l'Asie.
CXX. Pendant qu'ils délibéraient là^lessus , les Milésiens vinrent à leur secours avec leurs alliés. Les Cariens abandonnèrent alors leurs premières résolutions, et se préparèrent à recommencer la guerre. Ils en vinrent aux mains avec les Perses, qui venaient les attaquer, et furent battus , après un combat pins long et plus opiniâure que le précédent. En général il périt beaucoup de monde à cette journée, surtout du côté des Milésiens.
CXXL Quelque temps après , les Cariens réparèrent cette défaite dans une autre action. Ayant appris que les Perses étaient en marche pour attaquer leurs villes, ils se mirent en embuscade sur le chemin de Pédases. Les Perses s'y étant engagés pendant la nuit , y périrent avec leurs généraux Daurisès, Amorg^ et Sisimacès. Myrsus , fils de Gygès , y fut aussi tué.
CXXII. HéracUdes' fils d'Ibanolis , de la ville de Mylasses, conduisait cette embuscade. Tel fut le sort des Perses qui s'y étaient engagés. Hymées , qui était aussi ^ du nombre de ceux qui avaient poursuivi les Ioniens après leur expédition contre Sardes , tourna vers la Propontide, et prit Cios en Mysîe. Ayant eu ensuite avis que Daurisès avait quitté l'Hellespont pour marcher en Carie, il abandonna la Propontide, et mena son armée vers l'Hellespont. Il subjugua tous les Éoliens du territoire de Troie , et les Gergithes , reste des anciens Teucriens. Tandis qu'il était occupé de ces conquêtes, il fut attaquéVune maladie, dont il mourut dans la Troade.
' Il reprend loi la narcatton desaflairesdlonie. Voyes le $ eu.
> Je crois STOir déjà remarqué que la division par paragraphes , qu'on IrouTe dans les édiUons , était mal faite. Cet endroit en est une preuve bien sensible. J'ai cru cependant devoir la conserver, afin qae ceux qui voudront comparer ma tradaction avec Toriginal , paissent le feire commodément.
' Yoyesci-dessos, S Gxvi.
4WAT«j.-c ÉRATO. —
CXXIII. Artapbernes, gomrerneur de Sardes, reçut l'ordre d'alter avec Oianes, un des trois génëraax * de Farinée de Darius , en lonie et dans i'EoIide , qui lui est contiguë. Ils prirent Glazomènes en lonle, et Gyme dans FEolide.
GXXIV. Aristogoras de Milet, Fauteur du soulèvement de rionie et des troubles qui Tagitaient , montra en cette occasion bien peu de fermeté. II fut tellement déconcerté de la prise de ces villes, qu'il résolut de prendre la fuite; et d'ailleurs il lurparaissait impossible de l'emporter sur le roi. Il convoqua en conséquence ses partisans , et délibéra avec eux s'il ne leur serait pas très*avantageui d'avoir un asile tout prêt, en cas qu'ils fussent chassa de Hilet, soit qu'il fallût les mener en colonie en Sardtfigne , ou à My reine , dans le pays des Edo-
> Voyei S cxn, où il n'y a «d effet qae trois gâiéraoi de nommé».