‹ Choix des historiens grecsChapitre 57 sur 286 · XXV. Les Samiens, qui avaient secoué le · texte numérisé non relu

XXV. Les Samiens, qui avaient secoué le

HWOIKSI P*HÉR01X)ffe.

joag dos Mèdes, ce mirem wê$ peine en posses* âion de la belle ville de Zancle. Après le combat naval dont Tobjet était de recouvrer Miiet, les Perses firent ramener à Samos , par les Phéniciens, i£acès, fils de Syloson , qu'ils estimaient beaucoup , et qui leur avait rendu de jgprands services. Il n'y eut que les Samiens dont la révolte ne fut point punie par la destruction de leur ville et Tincendie de leurs templesy parce que leurs vaisseaux s'étaient retirés pendant le combat naval. Aussitôt après la prise de Milet, les Persçs se rendireut maîtres delà Carie, dont une partie des villes reçut volontairement le joug y et l'autre le subit par force. XXYI. Tandis qu'Histiée de Milet interceptait aux environs de Byzanceles vaisseaux mar* chands icmiens qui sortaient du Pont-£uxin , on vint lui apprendre les malheurs arrivés à Milet. Aussitôt il remit à Bisaltes, fils d'Apollopbanes, d'Abydos, les affaires de l'Hellçs-

£ont , et fit voile vers Ghios avec les Lesbiens» lais la garnison n'ayant pas voulu le recevoir , il lui livra bataille à l'endroit appelé Cœles * , en tua un grand nombre, et partant de Polichna , dont il s'était emparé , il subjugua à l'aide des liVbiensle reste des habitants de l'île , d'autant plus aisément , qu'ib avaient été fort maitraile d^ns le combat naval K

XXVU. Lorsqu'une nation , ou une ville » doit éprouver quelque grand naalheur , œ mal* beur est ordinairement précédé de quelques lignes. Aussi ceux de Chios eurent-ils des présages avant-coureurs de leur désastre. D'un cb<$ur de cent jeunes garçoqs (qu'ils avaient envoyé à Delphes , il n'en revint que deux ; les quatre^vingt-dîHiuit autres périrentdela peste. V^rs le même temps « et un peu avant le combat naval, le toit d'uoe école de^la ville tomba 9ur des enÊuits ^ qui on enseignait les lettres ; d^ cent vingt qu'ils étalent , il n'en échappa qu'un seul. Tels furent les signes avant-cou-^ reurs que la divinité l0iir envoya. Us furent Suivis de la perle de la bataille nav;de qui les «battit. Survint ensuite Histiée avec les Lesbiens , qui eut d'autant moins de peme à les «nbjuguer , qu'ik étaient dqà épuisés.

XX VUI. Histiée alla de l'ile de Chios à celle

^ Cavités, crea:(.

• yoyesleiSxTt^zTf.

de Tbasos avee on gimdMmbre d'Ioniens et d'Eoiiens. Tandis qu'il en formait le siège, il apprit que les Phéniciens étaient sortis du port de Milet , pour attaquer par mer les autres places de rionie. Sur cette nouvelle , il leva le siège de Thasos, et se rendit précipitamment dans l'île de Lesbos avec toute son armée. Mais n'ayant plus de provisions, et la faim se faisant sentir, il pas^a snr le continent pour moissonner le blé de l'Atarnée, et de la jdaine duCaîque, dont la récolte appartenait aux Mysiens. Harpage, Perse de naissance, qui commandait dans ce canton des forces considérables, lui livra bataille aussitôt qu'il fut à terre, tailla en pièce la plus grande partie de ses troupes , el le fit prisonnier de la manière que je vais le raconter.

XXIX. La bataille se donna à Matène dans l'Atarnée : les Grecs tinrent ferme pendant long-temps ; mais la cavalerie perse étant tombée sur eux, ils furent mis en fuite. Les Perses" furent redevables de cette victoire à leur cavalerie. L'espoir du pardon, dont se flattait Histiée, lui inspira un tel désir delà vie, que se voyant arrêté dans sa fuite par un soUat prêt à lui passer son épée à travers le corps , il se fit connaître , et lui dit en perse qu'il éuit Histiée de Milet.

XXX. Si on Teût mené à Darius dès qu'il fut fait prisonnier, je pense que , loin d'éprouver aucun fÂcheux traitement, ce prince lui aurait pardonné sa révolte. Ce fut aussi par cette raison , et de crainte qu'au lie^ d'être puni , il ne reprit son ancienne faveur auprès de Darius , qu'Artaphemes, gouverneur de Sardes, et Harpage, dont il était prisonnier, le firent mettre en croix, aussitôt après qu'on Teut amené à Sardes. On salaensuite sa tête , et oa l'envoya à Suses à Darius. Ce prince, ayant appris ce qui s'était passé, s'en plaignit amèremeut aux auteurs de cette action, et fut très-fiché decequ'on ne le lui avait pas amené vivant. Après avoir lait laver cette tôte, il voulut qu'on l'ensevelît honorablement, et qu'on lai donnât la sépulture, comme étant celle d'un hommequi avait rendu de grands services aux Perses et à lui-même. Telfutlesortd'Hisiiée.

XXXI. La flotte des Perses, qui avait pa^sé l'hiver aux environs de Milet, ayant remis à la voile la seconde année , prit aisément les tle&

Y0f8ip68 dii (miki^ntt etttm deCMos» de Lesr bos, de Ténédos. Quand ib voalaîent en prendre aiie » îU en anveloppaienl les habitants eomme dooft im filet , de manière qu'ils ne pouvaîeuf Jeiir échapper. Yoiqi comment cela se pratique, lia 9é tienpept tess uds les autres par la main , et étendent leur ligne depuis la partie de la mer quiet^tim pord, jusqu'à oelio qui regarde le sud f ils parcourent File entière, et vont ainsi à la chasse des hommes. Ils s'emparèrent aussi arec la même facilité des villes ioniennes de la terr^ ferme; mais il n'en prenaient pas de même les habitants ; eela n'était pas possible.

XXXil. Les généraux perses efïsctuèrent alors les menaces qu'iia avaient iî^ites au; lo* ni^s , lorsque les deux armées étaient en pré* aence. En effet, ils ne se (tirent pas plutôt rendus maîtres de lemrs villes, qu'ils choisirent le^ )di|8 béhnx eoiants pour en feire des eunuques, qa*i|s arrachèrent les plus belles filles des bras do leurs mères pour bs envoyer au roi , et qtt», non contents de cela , ils mirent le feu à lears villes et i leurs temples. Les Ioniens furwt ainsi subjugués pour la troisième fois ; ils l'ayaieqt été la première par les Lydiens * , et dans la auiie ils le furent deux fois par les Per« aaa^

XXXIIL La flotte passa des cAtes de l'Ioaie à neUsa de l'Hellespont , et soumit tout ce qui s'y trouve à gauche '. Les pays à droite sur le continent Tavaient été auparavant par les Perses *. EHe s'empara de la partie de l'Hellespont qui est ea Europe , de la Ghersonèse et de ses villes, de Périnthe, des châteaux qui sont en Thraœ , de Sélibrie et de Byzaace. Les Byzantins, et lesChalcédonlens, qui habitent sur le rivage opposé ^ n'attendirent pas la flotte phé* MO^ime; ib quittèrent leurs villes, et s'enf ni* vmt sur les côtes du Pont-Ëuxin , oh ils fondévmt la ville de Mésambria. Les Phéniciens , ayant parcouru ce pays la flamme à la main , toiimèrent du côté de Proconnèse et d' Ar lacé , al les brAlèrent aussi. Ils revinrent ensuite dais la Ghersonèse , pour détruire toutes les vittea qu'ils avaient épargnées à leur premier

4 Urrs I, $ Mui f

* Lifre i, $ clxix, et Iît, ti, S xxxi et xsxii. ' Le pays à gaœhe de rHellespoat appartenaiU fEorope, odiii à droite appartenait à l*Aas. 4 Uîre r, $ cxth.

LITSIB .VI4

abord. Haisib n'dIèreBtfieitft A Clyzfqàe. Ses habittfits avaient prévequ leur arrivée, en ren* trant dans l'obéissance du roi par un traité qu'ils firent avecŒbarès, Ais de Mégabyze, gouverneur de Dascylîum. Quant à la Ghersonèse , les Phéniciens en subjuguèrent toutes les villes , excepté Gardia.

XXXIV. MUtiâdes, fils de Cimon, et petitfik de Stésagoras , éuit alors tyran de ces viN les; il les tenait de tfiltiades, fils de Gypsélus,* qui en avait acquis précédemmai't la souverain neté de la manière que je vais le raconter. Les Dolonces, peuple de Thrace, étaient en possession de celte Ghersonèse. Vexés parles Ap sinthiens , avec qui ila étaient en guerre , ils ea* voyèrent leurs rois A Delphes pour consulter l'craele. La pythie leur répomiit : d'engager A mener une colonie dans leur pays, le premier homme qui, au sortir du temple, ieslnviterah à loger dans sa maison. Les Dolonces s'en retournèrent par la Voie Sacrée, traversèrent la Phodde et la Béotie ; et comme personne ne leur offrait l'hospitalité, ils toum^ent du coté d'Athènes.

XXXV. Plsisirate jouissait alors à Athènes de la souveraine puissance. Miltiades y avak aussi quelque autorité. Il Aait d'une maison oh l'on entretenait quatre chevaux pour les jeux olympiques ; sa naissance était illustre. li remontait à iEacus, et à ifigine ; mais dans les temps plus récents , cette iamille s'était naturalisée à Athènes, depuis Philée, fils d'Ajax, le premier de cette femille qui soit devenu citoyen de eette ville, Miltiades, étant un jour assis de* vaut sa porte , vit passer les Dolonces. fl re« connut à leur halMt et à leurs piques , qu^îls étaient étrangers. Il les appela , et lorsqu'ils se ' forent approchés , il leur offrit sa maison et les présents qu'on a coutume de faire à des hôtes. Les Dolonces ayant accepté ses offres , et se voyant bien traités , lui découvrirent l'oracle , et le pcièrent d'obéir au dieu. Ge discours le persuada d'autant plus aisément , qu'il était afflige de la domination de Pisistrate , et qu'il souhaitait s'éloigner de sa patrie. Dalla sur4echamp à Delphes demander à l'oracle s'il se rendrait aux prières des Dolonces.

XXXVI. La pythie le lui ayant aussi ordonné, MUtiades, fils de Cypsélus, qui auparavapt avait remporté aux jeux, olympiques le prix de

mStOnOL D^HÉRODOTE.

la coarae da char à quatre tibevaux » prit avec lui tous les Athëoiens qui voulurent avoir part à cette expëditicMi» et s'ëtaut embarqué avec eux et avec les Dolonces , il s'empara du pays, et fut mis en possession de la tyrranie par ceux qui ravalent amené. Il commença par fermer d'un mur l'isthme de la Chersonèse, depuis la ville de Cardia jusqu'à cdle de Pactye, afin d'en interdire l'entrée aux Apsinthiens , et de 4es empêcher de la ravager. L'isthme , en cet endroit , a trente-six stades , et la longueur de la Gbersonèse endère » à compter de l'isthme , est de quatre cent vingt.

XXXVII. Après avoir fermé le col de la Chersonèse par un mur qui la mettait à l'abri des incursions des Absinthiens , les Lampsacéniens furent les premiers queMiltiades attaqua. Mais ils le firent prisonnier dans une embus* cade qu'ils lui dressèrent. Grésus» roideLydie, dont il était aimé, ne l'eut pas plus tôt appris, qu'il envoya ordre à ceux de Lampsaque de^le relâcher, avec menaces de les détruire comme des pins , s'ils ne le faisaient pas. Les Lampsacéniens, incertains ne comprenaient rien à la menace de ce prince; mais un vieillard , qui en saisit enfin le sens, quoiqu'avec bien delà peine, leur en donna l'explication. De tous les arbres, dit-il, le pin est le seul qui, étant une fois coupé, ne pofisse plus de rejetons et périt tout-à-fâit. Sur cette menace , les Lampsacéniens , qui redoutaient la puissance de Grésus, le remirent en liberté.

XXXYIII. Miltiades en eut obligation à ce prince. Il mourut dans la suite sans enfants, laissant sa principauté et ses richesses à son neveu Stésagoras, fils de Gimon son frère utérin. ■ Depuis sa mort, les habitants de la Chersonèse lui otfrent des sacrifices, comme c'est l'usage d'en faire à un fondateur, et ils ont institué en son honneur des courses de chars et des jeux gymniques, où il n'est point permis aux Lampsacéniens de disputer le prix. On était ëhcore ea guerre contre ceux de Lampsaque, lorsque Stésagoras mourut aussi sans enfants 8*un coup de hache à la tète que lui donna, dans le Prytanée , un homme qui passait pour un transfuge, mais qui au fond était un ennemi violent.

XXXIX. Stésagoras ayant péri de cette manière, lesPisistratides envoyèrent sur un tri-

rème dans la Chersonèse i Milttade» fils de Ci» mon ) et frère de Stésagoras » qui venait dé mourir, afin qu'il prit en main les rênes du gouvernement. Ils l'avaient déjà traité avec bienveillance à Athènes, comme s'ils n'eussent point eu part au meurtre de son père Gimon, dont je rapporterai ailleurs les circonstances ^ Hiltiades étant arrivé dans la Chersonèse , se tint renfermé dans son palais , sous prétexte d'honorer la mémoire de son frère. Sur cette nouvelle, tous ceux qui jouissaient de quelque autorité dans la Chersonèse s'étant rassemblés de toutes les villes', et étant venus ^semble le trouver pour prendre part à sa douleur, il les fit arrêter ; par ce moyen , et en entretenant une garde de cinq cents hommes, il devint maître absolu de la Chersonèse. Il épousa H^ésipyle, fille d'Olorus, roi de Thrace.

XL. Il y avait peu de temps que Miltiades , fils de Gimon ; était arrivé, lorsqu'il lui survint des affaires eucore plus fâcheuses que ceUes qui l'occupaient alors. En effet, trois ans après ces événements, il s'enfuit à l'approche des Scythes nomades. Irrités de l'invasion de Darius , ils s'étaient réunis en un corps d'armée, et s'étaient avancés jusqu'à cette Chersonèse. Miltiades n'ayant pas osé les attendre , s'enfuit à leur approche. Mais, après leur retraite , les Dolonces le ramenèrent. Ces événements arrivèrent trois ans avant les afiaires présentes ^ , dont il était alors fort occupé.

XLL Miltiades ayant appris sur ces entrefaites , que les Phàiiciens étaient à Ténédos, fit charger cinq trirèmes de ses effets, et mit à la voile pour Athènes. 11 partit de la ville de Car* dia, traversa le golfe Mêlas, et tandis qu'il longeait la c6te de la Chersonèse , les Phéniciens tombèrent sur lui. Miltiades se sauva avec quatre vaisseaux à Imbros ; mais Métiochus , son fils aîné, qui commandait le cinquième, fut poursuivi par les Phéniciens, et pris avec son vaisseau. Il était né d'une autre femme que de la fille d'Olorus, roi de Thrace. Les Phéniciens ayant appris qu'il était fils de Miltiades , le menèrent au .roi, s'imaginant que ce prince leur en saurait d'autant plus de gré, que dans le conseil des Ioniens , Miltiades avait été d'avis

* CX'àeaaom,S cm.

' Les troubles de l'Ionie.

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