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d'écouter les Scythes » qui les priaient de rompre le pont de liteaux ^ , et de se retirer ensuite dans leur pays. Quand on le lui eut amené» il le combla de biens , au lieu de lui foire du mal » lui donna une maison et des terres , et lui fit épouser une Perse » dont il eut des enfants qui jouirent des privilèges des Perses.
XLn. D'Imbros , Hiltiades vint à Athènes. Les Perses cessèrent cette année les hostilités contre les Ioniens^ et s'appliquèrent à leur donner des règlements utiles. Ariaphernes, gouverneur de Sardes , manda les députes des villes ioniennes , et les obligea à s'engager par un traité à recourir réciproquement à la justice» quand ils se croiraient lésés , sans user dormais de voies de fait. Il fit ensuite mesurer leurs terres par parasanges , mesure usitée en Perse » qui équivaut à trente stades » et régla en conséquence les impôts que chaque ville devait payer. Ces impôts ont toujours continué à se percevoir depuis ce tcrops-Ià jusqu'à présent, selon la répartition qui en fut foite par Artaphemes , et qui était à peu près la même que celle qui était établie aupiaravant. Ces règlements tendaient à pacifier les troubles.
XLin. Le roi ayant ôté le commandement des armées aux généraux précédents, nomma en leur place Mardonius» fils de Gobryas. Celoi-d partit au commencement du printemps , et se rendit sur les bords de la mer avec une armée nombreuse de terre , et des forces considérables destinées à monter sur les vaisseaux. Il était jeune , et venait d'épouser Artozostra , fille de Darius. Lorsqu'il ftit arrivé en Cilicie avec l'armée » il s'embarqua , et partit avec le reste de la flotte, tandis que l'armée de terre s'avançait vers l'Hellespont , sous la conduite d'autres généraux. Après avoir côtoyé l'Asie , il vint en lonie, et je vais rapporter une chose qui paraîtra fort surprenante à ceux d'entre les Grecs qui ne peuvent se persuader que dans ' l'assemblée des sept Perses, Otanes ait été d'avis d'établir en Perse le gouvernement démocratique, comme étant le plus avantageux.il déposa en effet les tyrans des Ioniens, et établit dans les villes la démocratie. Gela fait, il mar-
* LIrre n, S cxxiiii et eux?!, s Voyet Ut. m, S lxxx
HÉROnOTB.
cha en diligence vers l'Hellespont » et lorsqu'il y eut rassemblé une très-grande quanthë de vaisseaux , ainsi qu'une nombreuse armée de terre, il fit traversera ses troupes l'HellMpont» et prit avec eUes son chemin par l'Europe, pour se rendre à Érétrie et à Athènes.
XLIY. Ces deux places étaient l'objet apparent de l'expédition des Perses; mais ilsavaient réellement intention de subjuguer le plus grand nombre de villes grecques qu'ils pourraient. D'un côté la flotte soumit les Tha^iens, sans la moindre résistance de leur part. D'un autre , l'armée de terre réduisit en esclavage ceux d'e»> tre les Macédoniens qui ne l'avaient pas encore été ; car tous les peuples qui habitent en deçà * de la Macédoine étaient déjà asservis. De Thasos, la flotte passa sous le continent opposé, et le côtoya jusqu'à Acanthe, d'où elle partit pour doubler le mont Atkos. Tandis qu'elle le doublait , il s'éleva un vent de nord violent et impétueux, qui maltraita beaucoup de vaisseaux, et les poussa contre le mont Athos. On dit qu'il y en périt trois, cents, et plus de vingt milie hommes. Les uns furent enlevés par les monstres marins qui se trouvent en très-grand nombre dans la mer aux environs de cette montagne; les autresfurent écrasés contre les rochefs ; quelques-uns périrent de froid, et quelques au« très parce qu'ils ne savaient pas nager. Tel Ait le sort de l'armée navale.
XLV. Pendant que Mardonhis était campé en Macédoine avec l'armée de terre, les Thraces Bryges l'attaquèrent la nuit, lui tuèrcitf beaucoup de monde, et le blessèrent lui-même. Cependant ils n'évitèrent point l'esclavage. Mardonius en effet ne quitta point ce pays qu'il ne les eût subjugués. Ce peuple soumis , H s'en retourna en Perse avec lesdébrîsde ses armées, dont l'une avait essuyé un rude échec de la part des Bryges, et l'autre avait été fort maltraitée par la tempête auprès du mont Atiios. Ainsi Mardonius fut obligé de repasser honteusement en Asie avec son armée.
XLVI. Le seconde année après ces événements , les Thasiens ftii*ent accusés par leurs voisins de tramer une révolte. Darius leur ordonna d'abattre leurs murs, et d'envoyer leurs vaisseaux à Abdères. Comme les Thasiens
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ntSTOlRE DHÉRODOTE.
avaient été assièges par Histiëe de Milet , et qu'ik jouissaient d*tin revenu Considdrahle , ils Âisaieni servir l^urs richesses à construire des vaisseauK de gfuerre , et à entourer leur ville d'une muraille plus forte que la précédente. Ces richesses provenaient du continent et des mines de leur lie» l^es mines d*orde Scapté-Hylé rapportaient ordinairement au moins quatre-vingt talents. Celles de nie ne rendaient pas autant. La produit eii était cependant si considérable, que les Thasiens étant la plupart du temps exempts de payer des impAts sur les denrées , les revenus du continent et des mines de File allaient, année commune, à deux cents talents \ et.méme k trois cents *, lorsqu'elles étaient du plus grand rapport.
XLVII. J'ai vu aussi ces mines. Les plus admirables de beaucoup , étaient celles que découvrirent les Phéniciens qui fondèrent avec Thasos cette lie s , à laquelle il donna son nom. Les mines de cette Ile, découvertes par les Phéniciens , sont entre Cœnyres et le lieu nommé iEnyres, Vis-à-vis de l'Ile de Samothrace, est une grande montagne que les fouilles précédentes ont détruite. Tel est l'état actuel des choses.
XLVill. Les Thasiens, dociles aux ordres do roi , abattirent leurs murs, et conduisirent tous leurs vaisseaux à Abdères. Darius sonda ensuite les Grecs , afin de savoir s*ils avaient intention de lui foire la guerre , ou de se 30u« mettre, il envoya donc des hérauts de côté et d'autre en Grèce, avec ordre de dematider en son nom la terre et Teau. Il en dépécha d'autres dans les villes maritimes qui lui payaient tribut, pour leur ordonnei* de construire des vaisseaux de guerre , et des bateaux pour le transport des chevaux.
XUX. Les hérauts étant arrivés en Grèce pendant ces prépdratift , plusieurs peuples du continent accordèhent an roi la terre et l'eau , .ainsi que tous les insulaires che2 qui ces hérauts se transportèrent. Cet exemple fut suivi par lés autres insulaires chez qui ils ne se rendirent pas, et entre autres par les Ëgtnètes. Ceux-ci ■e les eurent pas plutAt domiés , que les Athé-
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* Voyei liv. u, $ xlit.
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niens, phoques dec^tte conduite « et persuadas qu'ils tie l'uvatent tenue qtie par haine contjre eux , et dans le dessein de leur faire la guerre de concert avec les Perses , saisirent avioement ce Dre'texte pour les accuser à Sparte de trahir la urèce.
L. Sur cette accusation, CléomèneSi lilsd*Anaxandrides , roi de Sparte , passa en Égine pour prréler les plus coupables. Comn^e il se disposait à le faire , des Ëginètes s'y opposèrent, et entreautres Crios, fils de Pplycrite, qui montra en cette occasion le plus de chaleur, et lui dit qu'il n^eAimënerait point impunément aucun habitatit d'Égine; qu'il agissait ainsi sans l'aveu de là république de Sparte , et seulemept à l'instigation des Athéniens , qui l'avaient gagné avec de l'argent ; qu'autrement il terait venu avec l'autre roi pour les arrêter. En tenant ce langage, Crios suivait les ordres qu'il avait ireçus dé Démarate. Cléomènes, repoussé de rtle d'Égine, lui demanda son nom. Celui-ci le lui ayant dit : Eh bien ! Crios *, repartit alors Cléomènes , arme bien tes cornes , car tu auras à lutter contre un rude adversaire.
LL Démarate , fils d' AristOQ , qui était resté pendant ce temps à la ville , et qui était aussi roi de Sparte, quoique d*une branche inférieure, accusait Cléomènes son colIègue.Cpmme ces deux princes avaient la mécpe origine, cette branche n'!étaitioféri(eurequeparcequ'e)le était la cadette', celle d'Eurysthènes , en qualité d'aînée , jouissait d'une plus grande considération.
LH. Les Lacédémoniens*, qui lyesont en cela nullement d'accord avec les poètes , prétendent ({u'ils n'ont pas été conduits dans le pays dont ils sont actuellement en possession , par les fils d'Arislodémus , mais par Aristodémus lui-même, qui régnait alors, 0t qui était fils d'Arf^tomachus , petit-fils de Cléodéus, et arrière petit-fils d'HylIus ; que peu de temps après Argia, femme d'Arislodémus, qui était fille d'Autésioti , petite-fille 4e Tisamènes , et qui avait Thersaudre pour bisaïeul , et Polynioes pour trisaïeul , accoucha de deux fils ju-
> Qrim» m 90e, ripiiflB ftëlter.
* Hérodote interrooipt n narraUon pour parler de rantiquiké dei rois de Laoédémone, Pis reprealfluiiite^
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meanx. Aristodénms moarat de maladie * , après avoir vu ces deux eoftinls. I^es LacëdémoDÎens d'alors, continuent-ils, résolurent dans un conseil de donner la couronne, selon la loi , à Talné; mais ne sachant sur lequel des deux foire tomber leur choix, parce qu'ils se ressemblaienl parfoitement , et ne pouvant pas plus qu'auparavant distinguer l'atné du cadet, ils interrogèrent la mère , qui leur répondit qu'elle l'ignorait elle-même. Elle soutint cette réponse, non que cela fia vrai, mais parce qu'elle désirait que tous deux fussent rois. Dans cette incertitude, les Lacédëmoniens envoyèrent demander à l'oracle de Delphes de quelle manière ils se conduiraient. La pythie leur ordonaa de regarder ces deux enfants comme leurs rois , mais de rendre plus d'honneur à Tainé. Les Lacëdémoniens ne se trouvant pas moins embarrassés pour reconnaître l'alné , un Messénien, nomtné Panitès, leur conseilla d'observer la conduite de la mère à Tégard de ses deux enfants ; que si elle donnait invariablement à l'un ses soins avant l'autre, leurs incertitudes seraient dissipées ; mais que si elle les donnait indistinctement, tantôt à l'un et tantôt à l'autre, il serait évident qu'elle n'en savait pas plus qu'eux, et que duns ce cas ils prendraient d'autres mesures. Les Spartiates ayant , suivant le conseil du Messénien , observé la mère , sians qu'elle en sût le motif, remarquèrent celui qu'elle honorait toujours de ses premiers soins. Ils le regardèrent comme Falné , parce qu'elle lui témoignait plus de considération qu'à l'autre , le firent élever en public , et lui donnèrent le nom d'Eurysthènes, et à son frère cadet tehil de Procl^. On dit que ces deux princes étant devenus grands , ne purent jamais s'accorder , quoique frères , et que celte division subsiste pareillement parmi leurs descendants. LIIL. Tel est le récit des Lacëdémoniens; mais comme ils sont seuls de ce sentiment , je vais aussi rapporter les choses de la manière que le racontent les Grecs. Ceux-ci font une énumération exacte des ancêtres de ces rois Doriens jusqu'à Persée, fils de Danaê, sans y
* Dtns la «rite de ce |Mngraphe, ce tont toajoan lei hmoédéamùan» qui puioat» comme on ïfi voit bien dairejQMPit aacommeooement du paragraphe suiTaol. Gela est plus clair dam le grec, parce que tout dépend de ^«youocv.
comprendre le dfen * ^ei ib prouvent qu'ils sont Grecs ; car dès ces premiers tem|)S, on te comptait déjà au nombre des Grecs» J'ai dit que ces princes Doriens remontaient jusqu'à P^ sée , sans reprendre les choses de plus haut , parce que ce héros n'a point de père mortel de qui il ait pu emprunter on surnom, et teiqu' Amphitryon l'était à l'égard d'Hercules. J'ai donc eu raison de faire remonter seulement ces deux princes jusqu'à Persée*. Mais si, à compter de Danaê, fille d'Acristus, on veut parler de leurs ancêtres , on trouvera que les chefs des Doriens sont originaires d'Egypte. Telle est , au rapport des Grecs , leur généalogie.
LIY. Mais selon les traditions des Perses » Persée était lui-même Assyrien, et devint Grec» quoique ses pères ne le fussent pas. Ils coavieiinent aussi 'qu'il n'y avaic aucune sorte de parenté entre Persée et (es ancêtres d'Acrisius : ceux-ci éunt Egyptiens , comme le disent (es Grecs. En voilà assez sur ce sujet.
LV. Je ne raconterai point comment , élant Égyptiens , ils parvinrent à être rois des Doriens; d'auti^es l'ont dît avant moi ; mais je ferai mention des choses que les autres n*oB€ pas touchées.
LYI. Les Spartiates ont accordé à leurs rois les prérogatives suivantes; deux sacerdoces, celui de Jupiter Lacédémonien , et celui de Jupiter Uranien' ; le privilège de porter la guerre partout où ils le souhaiteraient , sans qu'aucun Spartiate puisse y apporter d'(4)Stacle, sinon il enci^urt l'anatbème. Lorsque l'armée se met en campagne , les rois marchent à la tête des troupes , et lorsqu'elle se retire , leur poste est au dernier rang. Ils ont à l'armée cent hommes d'élite pour leur garde; dans leurs expéditions ils prennent autant de bétail qu'ils en veulent, et ils ont pour eux les peaux et le dos de tous les animaux qu'on immole. Tels sont les privilèges dont ils jouissent en temps de guerre.
LVH. Voici maintenant ceux qu'ils ont en temps de paix. S'il se fait un sacrifice au nom de la ville , les rois sont assis au festin à la pi*emière place , on les sert les premiers , et on h'ur
' Jupiler, dont Penée passait pov le Sis. ' 11 a dit deux mots de l'origine égyptieime de Persée. liî.u, SxGi.
'Céleste.
HISTOIRE D'HÉRODOTE
4MâT.f^-C.
donne à chacun le double de ce qu'ont les au- 1 maison * un extérieur sale et malpropre. Ils ne
- très convives. Ils font aussi les premiers les libations , et les peaux des animaux qu'on immole leur appartiennent. On leur donne àt^hacun tons les mois, le premier et le sept , aux frais publics, une victime parfaite qu'ils sacrifient clans le temple d'Apollon. On y joint aussi une mëdioane de farine d'orge , et une quarte de vin , mesure deLacëdémone. Dans tous les jeux ils ont la place d'honneur, et ils nomment à la dignité de Proxènes qui bon leur semble parmi les citoyens. C'est une de leurs prérogatives. Ils choisissent aussi chacun deux Pytbiens v qui sont nourris avec eux aux dépens de l'état. Tel ^es^e nom qu'on donne aux députées qu'on envoie à Delphes consulter le dieu. Lorsque les rois ne se trouvent point ati repas public, on leur envoie à chacun deux chénices de farine d'orge avec un cotyle devin. Lorsqu'ils y vont, on leur sert une double portion. Si un particulier les invite ù un repas , il leur rend les mêmes .honneurs *. Ils sont les dépositaires des oracles rendus, mais les Pythiens doivent en avoir aussi communication. Lesaffaires suivantes sont les seules qui soient soumises à la décision des rois , et ils sont les seuls qui puissent les juger. Si une héritière n'a point encore été fiancée par son père» ils décident à qui elle doit être mariée. Les chemins publics les regardent , et si quelqu'un veut adopter un enfant , il n&'ipeut le faire qu'en leur présence. Ils assistent aux délibérations du sénat, qui est composé de vingt-huit sénateurs. S'ils n'y vont poii^, ceux d'entre les sénateurs qui sont leurs plus proches parents, y jouissent des prérogatives des rois, c'est-à-dire qu'ils ont deux voix sans compter la leur.
LVIII. Tels sont les honneurs que la république de Sparte rend à ses rois pendant leur vie. Passons maintenant à ceux qu'elle leur rend après leur mort. A peine ont-ils terminé lenrs jours qu'on dépêche des cavaliers par toute la Laconie, pour annoncer celte nouvelle, et des femmes à Sparte parcourent la ville en frappant sur dès chaudrons. A ce signal, deux personnes de condition libre, un honuneetune femme, prennent dans chaque
* (Tett-à-dire qu'il leur Mt servir noe; double por-
peuvent s'en dispenser, et s'ils y manquaient, ils seraient punis Irès-grièv^ment.
Les usages que pratiquent leis Lacédémoniens à la mort de leurs rois, ressemblent à ceux des barbares de l'Asie.- La plupart de ceux-ci observent en effet les mêmes cérémonies en pareille occasion. Lorsqu'un roi de Lacédémone est mort, un certain nombre de Lacédémoniens, indépendamment des Spartiates, est obligé de se rendre à ses funérailles , de toutes les parties de la Laconie. Lorsqu'ils se sont assemblés dans le même endroit avec les Hilotes et les Spartiates eux-mêmes , au nombre de plusieurs milliers , ils se frappent le front àgrands coups, hommes et femmes ensemble, en poussant des cris lamentables, et ne manquent jamais de dire que ce prince était le meilleur des rois. Si l'un des rois meurt à la guerre, on en fait faire une figure qu'on porte au lieu de la sépulture sur un lit richement orné. Quand on la mis en terre, le peuple^ cesse ses assemblées, les tribunaux vaquent pendant dix jours , et durant ce temps , le deuil est universel.
LIX. Ils ont encore ceci de comm^ avec les Perses. Le successeur du roi mort remet , à son avènement au trône , tout ce que les Spartiates devaient à ce prince ou à la r^ublique. Il en est de même chez les Perses ; celui qui succède au dernier roi remet à toutes les villes les impôts qu elles devaient à la mort de ce prince.
LX. Les Lacédémoniens s'accordent pareillement en c^i avec les Égyptiens. Chez eux, les hérauts, les joueurs de flûte, les cuisiniers succèdenlau métier de leurs pères. Les filsd'un joueur de flûte, d'un cuisinier ou d'un héraut, sont joueurs de flûte, cnisiniei-s ou hérauis. Ils exercent toujours la profession de leurs pères ; et s'il se trouvait quelqu'un qui eût la voix plus sonore que le fils d'un héraut, ce talait ne ferait pas donner à celui-ci l'exclusion. Tels sont les usages qui s'observent à Lacédémone.
LXI. Tandis que CIcomènes s'occupait dans l'Ile d'Egine, non-seulement des intérêts de sa patrie , mais encore du bien général de la Grèce, Démarate l'acottsait ,^ moins par ^rd pour les Éginètes, que par envie et par jalousie.
^ S0it qa'Ui 0e eonvrent de iMNie ou autrement.
WAT.i.^ ERATO. —
Mais Cléomène» résolut» à son retour d'Égiac» de te renverser du trdne, en lui intentant une action pour la chose qnc je vais rapporter.
Àriston , roi de Sparte, n*avait point eu d'enfants de deux femmes qu'il avait épousées. Comme il était persuadé que c'était plutôt la faute de ses femmes que la sienne , il en prit uiie troisième , et v<»ici comment ^ fit ce mariage. U était intime ami d'un citoyen de Sparte, dont la femme, après avoir éié très-laide dans son enlance, était devenue, sans contredit, la plus belle personne de iu ville. Sa nourrice la voyant extrêmement laide, et que ses parents, gens très-riches, en étaient fort affligés, s'avisa de la porter tous les jours au temple d'Hélène, qui est dans le lieu appelé Thérapné, au-dessus du temple de Phœbeum. Toutes les fois qu'elle Yy portait , elle se tenait debout devant la statue de la déesse , et la priait de donner de la beautéàcette en iantOnracontequ un jour cette nourrice revenant du temple, une femme lui apparut, et lui demanda ce qu'elle portait entre les bras ; que lui ayant répondu que c'était un enfisint, cette femme la pria instamment de le lui montrer , qu'elle le refusa , p;^*ce que les parents de l'enfant lui avaient absoioment défendu de la laisser voir à qui que ce fût; mais que cette femme l'ayant priée avec beaucoup d'instances de la lui montrer , elle le fit d'autant plus volontiers , qu'elle remarquait en elle un désir extrême de se satisfaire. On ajoute que cette femme flatta cette enfant de la main, en disant qu'elle serait la plus belle personne de Sparte, e^ que depuis ce jour elle changea de figure. Lorsqu'elle fut en âge d'être mariée, . elle épousa Agétus, fils d'Alcidas, cet ami d'Ariston dont je viens de parler.
LXII. Comme .Ariston en était vivement épris , il eut recours à cet artifice. Il promit à son ami, qui en était le mari , de lui donner ce qui lui plairait le plus parmi toutes les choses qui étaient en sa possession , à condition qu'il en agirait de même à s6n égard. Agétus, quine craignait rien pour sa femme, parce qu'il voyait qu'Arkton en avait une aussi, y consentit, et ils ratifièrent leurs promesses par des serments mutuels. Après quoi Ariston donna à Agétus ce que celui-ci avgtt, trouvé le plus de son goût parmiseKttrésors, dabs l'espoir d'être