LIVRE YI
losses. Tel est le nottbm d4 ctax qui reblier*
chèrent Agariste.
GXXVIII. Lorsqu'ils furent arrhes au Jour marqué, Glisthènes s'informa d'abord de leo^ pays et de leur naisaanoe ; puis il les reiint u an près de lui, afin d'éprouver pendant oa temps-là leur mérite , leurs inclinaiions » leurs mœurs et leurs connaissances , dans les entre* tiens qu'il avaitavec eux en particulier, ou dans les conversations générales, dans les exercices oii il engageait les plus jeunes d'entre eux, et surtout dans les festins où il les invitait. Il agit de cette manière tant qu'ils furent cbca lui» et les traita toujours avec magnificenee. Mais de tons ces amants, ceux qui étaient venus d*A« tliènes étaient le plus de son goût, et surtout Hippoclides, fils de Tisandre, qu'il distinguait, tant à cause de son ' mérite particulier que parce que ses ancêtres étaient parents des Gypsélidea de Gorinthe.
CXXIX. Le jour fixé par Clisthèaes pour dé* darer celui qu'il choisissait pour gendre et pour célébrer le mariage étant venn, ce prince immola cent bœufs, et régala non-seuleaiént les amanis de sa fille , mais encore tous les Si«cyonieas. Le repas fini , les aspirants s'entre* tinrent de musique à l'envi l'un de l'autre, et de tout ce qui fait le sujet ordinaire des coa« versations. Pendant qu'on était occupé à boire, Hippoclides, qui attirait l'attention de toute ta compagnie, dit au joueur de flûte de k» jouep l'Emmélie. Le joueur deflàte obéit, et Hippo« clides se mit à danser. U était fort content de sa danse ; mais Glisthènes, qui était l'un dea spectateurs, le regardait d'un œil irrité. Hip* pocUdes , s'étant repcisé quelque temps , srfit ensuite apporter unetable, sur laquelle il daasa d'abord des danses à la dianière de Lacédë" moae, ensuite à celle d'Athènes ; enfin, s'appuyant la tête sua* la taUe , il gesticula avec les jambes comme on gesticule avec les mains. Quoique l'imoMidestie et l'impiidenee des deux premières danses eussent inspiré de l'aversion à Clisthènes , et qp'U Eût élo^é d^
lechoisfa*poorgendre,cepeâdh«t il se retenait ' et ne voulait point faire d'éclat. Mais, ne pou- ' vant plus se contenir quand il le vit gesticulef avec les jambes comme on fait avec les mains ; c fâs, de Tisandre, lui dit-il , votre danse a ài< - I truit votre mariage.---Peit a'ea seacie Hyppe* *
mSTOIRE D HÉRODOTE.
4MAf»J.-C.
> clfdes, reprit TAtliémeii. > Cette réponse p^ssa depuis en proverbe.
« GXXX. Alors Clisthènes» ayant fiiit faire siknoe , parla ainsi à rassemblée : c Jeunes as- » pirantsau mariage de ma fille, j'ai poar yous
> la pins grande estime , et je vous obligerais
> tous si je le pouvais. L'on ne me verrait pas
> en effet, par le choix d'un d'aitre vous, ex-
> dure tous les autres. Mais comme je ne puis
> combler les vœux de tant de personnes ,
> n'ayant qu'une fille à marier, je donne un ta- » lent d'argent * à chacun de ceux sur qui mon
> choix ne peut tomber, afin de reconnaître » rhonnair qu'il m'a fait en recherchant mon » alliance , et la peine qu'il a prise en s'absen-
> tant de chez lui. Je fiance ma fille Agariste , » suivant les lois d'Athènes , à Mégaclès , fils » d'Alcmaeon. > Mégaclès accepta l'alliance, et le mariage fut ratifié par Clisthènes.
CXXXI. Ce fut ainsi que ce prince s'y prit pour choisir un gendre parmi tant de prétendants, et ce fut ainsi que les AlcmaH)nides acquirent en Grèce une si grande célébrité. Le premier enfant qu'eut Mégaclès de ce mariage fut appelé Clisthène, du nom de son aïeul maternel , le tyran de Sicyone. Ce fut lui qui partagea le peuple en dix tribus , et qui établit le gouvernement démoératique. Il eut ensuite Hippocrates. D'ilippocrates naquit un autre Mégaclès et uneaulre Agariste, ainsi nommée d'Agartote, fille de Clisthènes. Elle épousa Xantippe, fils d'Ariphron. Tandis qu'elle était enceinte , elle crut en songe qu'elle enfantait un Hon , et quelques jours après elle accoucha de Périclès.
CXXXn. La défaite des Perses à Marathon augmenta la considération qu'on avait déjà à Athènes pour Miltiades. Il demanda au peuple soixante-dix vaisseaux , des troupes et de l'argent. 11 ne leur dit point où il avait dessein de porter la guerre ; mais il leur promit de les enrichir s'ils voulaient le suivre, et de les mener dans un pays d'où ils ni[qporteraient sans peine une quantité prodigieuse d'or. Flattés de cet espoir, les Athénieiis lui accordèrent les vaisseaux qu'il demandait.
CXXXKI. Miltiades fit voile à Paros avec les
troupes qu'on lui donna ; il colora son expédition du prétexte de punir les Pariens , parce qu'ils avaient accompagné les Perses à Maraj thon, et leur avaient fait les premiers la guerre. Mais il y était porté par la haine qu'il avait contre eux depuis que Lysagoras, fils de Tisias, Parien de naissance, l'avait voulu rendre odieux au Perse Hydarnes *, Lorsqu'il fut arrivé à Paros avec ses troupes , il fit le siège de la ville, où les Pariens s'étaient renfermés , et leur envoya ensuite demander cent talents ^ par un héraut, avec menace^ en cas de refus, de ne point retirer ses troupes qu'il ne les eût subjugués. Les Pariens, bien loin de songer à lui donner de l'argent, ne pensèrent qu'à la sûreté de leur ville, et entre autres choses qu'ils imaginèrent, ilsélevèrent pendantlanuitle mur, dans les endroits les plus faibles , une fois plus haut qu'il ne l'était anciennement.
CXXXIV. Tous les Grecs sont jusqu'ici d'accord ; mais les Pariens racontent eux seuls les événements suivants, comme je vais moi-même les raconter. Tandis que Miltiades était embarrassé sur les suites du si^e, Timo, prétresse des dieux infernaux , qui était de Paros et sa prisonnière , vint le trouver. Lorsqu'elle fut seule avec lui, elle lui conseilla de suivre les avis qu'elle allait lui donner, s'il avait envie de prendre la ville. 11 les écouta ; il se rendit en conséquence à la colline qui est devant la ville, et comme il ne pouvait pas ouvrir les portes du lieu consacré à Cérès Thesmophore , il sauta par-dessus le mur d'enclos , et marcha droit au temple ; mais l'on ignore s'il avait dessein d'emporter quelqu'une des choses sacrées qu'iln'est pas permis de toucher , ou s'il avait quelque autre intention. Lorsqu'il fut à la porte, il se sentit tout à coup saisi d'une si grande frayeur, qu'il retourna sur ses pas; mais en sautant pardessus le mur, U se démit la cuisse, ou se blessa au genou, suivant d*àutres.
CXXXV. Ce fâcheux accident le força de remettre à la voile; sans porter d'argent aux Athéniens, et sans s'être rendu mattre de Pa« ros. Il avait tenu cette place assiégée vingt-six jours, et avait ravagé pendant tout ce temps l'Ile entière. Les Pariens, instruits que Timo ,
« 5,100 Ht. Cef pTétendants à la main d'Agaritle étant ■ Il pantt qne c'est lé même Hydarnes qui était goam MBiwe de treiie, la somme 911e OisthèDet leor dis- 1 veroeor de la cdte d'Asie. Voyes lir. vu, $ onv.
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