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prétresse des dieux infernaax , avait servi de guide à Miltiades , voulurent la punir de celte trahison. Ils envoyèrent des députes à Delphes dès que la levée du siège leur eut rendu leur première tranquillité, afin de demander au dieu s'ils feraient mourir la prêtresse des dieux infernaux pour avoir enseigné aux ennemis les moyens de s*emparer de sa patrie , et pour avoir révélé à Miltiades des mystères interdits aux hommes. La pythie leur défendit de faire mourir Timo. Elle ajouta qu'elle n'était point coupable, mais que Miltiades devant faire une fin malheureuse , elle lui avait servi de guide pour le conduire à son malheur.
GXXXVL Miltiades étant de retour de Tile deParos, les Athéniens ne s'entretenaient que de sa malheureuse expédition , et surtout Xantippe» fils d'Ariphron» Celui-ci lui intenta une afiaire capitale devant le peuple , et l'accusa d'avoir trompé la nation. Miltiades ne comparut point en personne pour se défendre. La gangrène, qui s'était mise à sa cuisse, le retenait au lit, et le mettait dans Tmipossibililé de le faire ; mais ses amis prirent en main sa défense, et, rappelant souvent la gloire dont il s'était couvert à la journée de Marathon et à la prise de Lemnos, qu'il avait livrée aux Athéniens après les avoir vengés des Pélasges , ils mirent le peuple dans ses intérêts. Il fut déchargé de la peine de mort , mais condamné poursaiauteàuneamendede cinquante talents.
La gangrène ayant foit des progrès , il mourut quelque temps après , et Gimon son fils paya les cinquante talents ^
CXXXYII. Voici comment Miltiades, fils de Gimon , se rendit maître de l'ile de Lemnos. Les Athéniens chassèrent anciennement les Pélasges de F Attique. S'ils eurent raison , ou s'ils commirent en cela une injustice , c'est ce que je n'entreprendrai point de décider. Je me contente de rapporter ce que l'on en dit. Hécatée, fils d'Hégésandre , raconte dans son histoire que ce fut injustement. Les Athéniens, dit-il , wyant que le terrain qu'ils avaient cédé aux Pâasges au pied du mont Hymette, pour les récompenser d'avoin élevé le mur qui environne la citadelle, était bien cultivé, quoique auparavant il fût mauvais et de nulle yaleur, ils les en
chassèrent , sans autre prétexte que leur jalon* sie et le désir de s'en remettre en possession. Mais les Athéniens prétendent qu'ils le firent justement. Les Pélasges, disent-ils, faisaient du pied du mont Hymette où ils demeuraient/ des incursions sur leurs terres , et insultaient les jeunes filles des Athéniens qui allaient puiser de l'eau à h fontaine appelée Ënnéarounos : car il n'y avait point alors d'esclaves à Athènes, ni dans le reste de la Grèce. Toutes les fois, disje , que ces jeunes filles venaient à la fontaine» les Pélasges leur disaient violence de la manière la plus insultante et la plus méprisante ; et, non contents de ces outrages , ils formèrent le projet de se rendre maîtres de l'état , et ils en furent pleinement convaincus. Les Athéniens ajoutent qu'ils firent paraître d'autant plus de générosité, qu'étant en droit de les faire mourir, puisqu'ils les avaient surpris machinant conU'e eux , ils ne voulurent pas le foire , et se contentèrent de leur ordonner de sortir du pays. Les Pélasges, forcés d'abandonner l'Attique, se dispersèrent en différents lieux ; et une partie alla à Lemnos. Ce récit est celui des' Athéniens; le premier vient d'Hécatée.
. GXXXVIII. Ceux de ces Pélasges qui étaient alors établis à Lemnos cherchèrent les moyens de s| venger des Athéniens. Gomme ils connaissaient très-bien leurs jours de fêtes , ils équipèrent des vaisseaux à cinquante rames, et s'étant mis en embuscade , ils enlevèrent un grand nombre d'Athéniennes qui célébraient la fête de Diane dans le bourg de Brauron. Os remirent ensuite à la voile , et les menèrent à Lemnos, oii ils les prirent pour leurs concubines. Elles en eurent beaucoup d'enfonts, à qui elles apprirent la langue et les usages d'Athènes. Ges enfonts ne voulaient, par cette-raison, avoir aucun commerce avec ceux des femmes des Pélasges, et si quelqu'un d'entre eux venait à en être frappé, ils accouraient tous à son secours^et se déJFendaient les uns les autres. Ils se croynient même en droit d'être leurs maîtres, et ils étaient bien plus forts. Le courage et l'union de ces enfants firent faire de sérieuses réflexions aux Pélasges. Quoi donc ! se disaientils dans leuç indignation, s'ils sont déjà d'accord pour se dpnner du secours contre nos enfants légitimes ; s'ils tâchent dès à présent de domi- ner sur eux , que ne feront-ils pas quand il
auront att^t l'ége viril ! Ayant pris là-dessus la rësolutio» de tuer tous les enfonts qu'ils •vaieat eus des Athéniennes, ils exécutèrent ce projet, et maasaorèrent aussi les mères en même t^mps. Depuis cette action et une autre pr^demoient arrivée » où les femmes de Lemnoa égorgèrent en une nuit tous leurs maris, avec leur roi Thoas, l'usage s'établit en Qràoe d'appeler actions lemniennes toutes les actions atroces.
. CXXXIX. Après que les Marges eurent massacré leurs ooncubuies et les enânts qu'ils on avaient eus , la terre cessa de produire des fruîla , et les femmes et les troupeaux devinrent stériles. Affligés par la famine et par la stérilité de leurs femmes , ils envoyèrent à Delphes prier le dieu de les délivrer de leur maux. La pythie leur commanda de donner aux Athéniens la satisfaction que ceux-ci jugeraient à propos d'exigen Les Pélasges se rendirent à Athènes , et promirent de subir la peine qu'on leur imposerait en réparation de leur ciîme. Les Athéniens dressèrent un lit * dans le Prytanée avec toute la magnificence possible y et ayant couvert une table de toutes sortes de
Lies anefeni msogeaient sar des lits.
HISTOIRE D'HERODOTE. ^»^^- ' -«'
viandes et de fruits » ils dirent aux Pélasges de leur livrer l'tle de I^mnos dans le même état où était cette table. Nous vous )a livrerons, reprirent les Pélasges^ lorsqu'un de vos vaisseaux arrivera par un vent de nord-est de votre pays à Lemnos en un seul jour. Us firent cette réponse parce que l'Attique étant située au midi de Lemnos , et à une distance considérable de cette tle, il leur paraissait impossible de faire un si long trajet en un jour par un vent de nord-est.
CXL. Les choses en restèrent là. Mais après bien des années, la Ghersonèse, su r l'Hellespont, ayant été conquise par les Athéniens, Miltiades, fiU de Gimon , passa en un jour, à la faveur des vents étéstens, de la ville d'Ëléonte, port de la Ghersonèse, dans Ttle de Lemnos. Il rappela aux Pélasges l'oracle , dont ils ne croyaient jamais voirTaccompiissement, et leur commanda de sortir de l'île. Les habitants d'Hépbœstia obéirent; maisceux de Myrine ayant rép(mdu à Miltiades qu'ils ne reconnaissaient point la Ghersonèse pour l'Attique, ils soutinrent le siège jusqu'à ce qu'ils se vissent forcés de se rendre. Telle fut la manière dont les Athéniens s'emparèrent de l'île de Lemnos, sous la con« duite de Miltiades.
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