‹ Choix des historiens grecsChapitre 72 sur 286 · M AT. J · texte numérisé non relu

M AT. J

PisistratideSy comme ceux-ci en parlaient au roi d'une manière honorable, toutes les fois qu'il se présentait devant ce prince, il lui récitait des oracles. S'il y en avait qui annonçassent nn malheur aux Barbares, il les passait sous silence; mais, faisant choix de ceux qui prédisaient d'heureux événements, il lui disait, en parlant du passage de son armée en Grèce, qu'il était écrit dans lesdestinées, qu'un Perse joindrait les deux bords de THellespont par un pont.

YIL Ce fut ainsi qu'Onomacrite , par ses oracles, et les Pisistratides et les Aleuades par leurs conseils persuasife , portèrent Xerxès à faire la guerre aux Grecs. Cette résolution prise, ce prince commença par les Égyptiens, qui s'étaient révoltés. Il les attaqua la seconde année après la mort de Darius. Lorsqu'il les eut subjugués, et qu'il eut appesanti leurs chaînes beaucoup plus que n'avait fait son père, il leur donna pour gouverneur Achéménès son frère, et fils de Darius. Ce prince fut tué dans la suite par Inaros, fils de Psammilichus, roi de Libye.

VIII. L'Egypte ayant été soumise, et Xerxès étant sur le point de marcher contre Athènes , ce prince convoqua les principaux d'entre les Perses, tant pour avoir leurs avis, que pour les instruire de ses volontés. Lorsqu'ils furent assemblés , il leur parla en ces termes : ^ c Perses , je ne prétends pas introduire parmi vous un nouvel usage , mais suivre celui que nous ont transmis nos ancêtres. Depuis que Cyrus a arraché la^ couronne à Astyages , et que nous avons enlevé cet empire aux Mèdes, nous ne sommes jamais restés dans l'inaction , comme je l'ai appris de nos anciens. Un dieu nous conduit, et sous ses auspices nous marchons de succès en succès. 11 est inutile de vous parler des exploits de Cyrus, de Cambyses, de Darius mon père, et des provinces qu'ils ont ajoutées à notre empire ; vous en êtes assez instruits. Quanta moi, du moment où je suis monté sur le trône , jaloux de ne point dégénérer de mes ancéti es , je songe comment je pourrai procurer aux Perses une puissance non moins considérable que celle qu'il m'ont laissée. En y réfléchissant , je tf ouve que nous pouvons illustrer de plus en plus notre nom , acquérir un pays qui n'est pas inférieur au nôtre , qui loéme est plus

fertile , et que nous aurons en même temps la satisfaction de punir les auteiurs des injures que nous avons reçues, et de nous en venger. Je vous ai donc convoqués pour vous faire part de mes intentions. Après avoir construit un pont sur l'Hellespont, je traverserai l'Europe pour me rendre en Grèce , afin de venger les Perses et mon père des insultes des Athéniens. Vous n'ignorez point que Darius avait résolu de marcher contre ce peuple. Mais la mort ne lui a pas permis de satisfaire son ressentiment. C'est à moi à venger et mon père et les Perses , et je ne me désisterai point de mon entreprise que je ne me sois rendu maître d'Athènes , et que je ne Taie réduite en cendres. Ses habitants, vous le savez, ont commencé les premières hostilités contre mon père et contre moi. Premièrement, ils sont venus à Sardes * avec Aristagoras de Milet, notre esclave, et ils ont mis 1q feu aux temples et aux bois sacrés. Que ne vous ont-ils pas fait ensuite à vous-mêmes, quand vous êtes allés dans leur pays sous la conduite de Datis et d'Artapherhes ! Personne d'entre vous ne l'ignore. Voilà ce qui m'anime à marcher contre les Athéniens.

Mais en y réfléchissant , je trouve un grand avantage à cette expédition. Si nous venons à les subjuguer eux et leurs voisins , les habitants du pays de Pélops le Phrygien ^ , la Perse n'aura plus d'autres bornes que le ciel; le soleil n'écbirera point de pays qui ne nous touche ; je parcourrai toute l'Europe, et avec votre secours je ne ferai de la terre entière qu'un seul empire. Car on m'assure que, les Grecs une fois réduits, il n'y aura plus de ville ni de nation qui puissent nous résister. Ainsi, coupables ou non, tous subiront également notre joug. En vous conduisant ainsi , vous m'obUgerez sensiblement. Que chacun de vous se hâte de venir au rendez-vous que j'indiquerai. Celui qui s'y trouvera avec les plus belles troupes, je lui ferai présent des choses que l'on estime le plus dans ma maison. Telle est

' Voyei liv. v, S xax et cv.

^ Hérodote s'est servi à dessein de cette tournaref afin de faire sentir qae Pélops étant Phrygien , et par conséquent esclave des Perses (voyez ci-dessous, S zrf» le pays où domina ensuite ce Phrygien deytit lai appartenir, à lîd qui était fon maître.

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