‹ Choix des historiens grecsChapitre 85 sur 286 · LIVRE VH. âTS · texte numérisé non relu

LIVRE VH. âTS

ëtai«Dt derrière h munûfe qa'oira?iril tfimét^ 11 aperçut seulement celles qui campaient devant. Les Lacédémoniens gardaient alors oe poste. Les uns étaient occupés en ce moment aux exercices gymniques ; les autres peignaient leur chevelure. Ce spectacle l'étonna : il prit connaissance de leur nombre , et s'en retourna tranquillement, après avoir tout examiné avtc soin ; car personne ne le poursnivit, Uint on te méprisait.

CCI X. Le cavalier, de retour , raconta à Xerxès tout ce qu'il avait vu. Sur oe récit, le roi ne put imaginer qu'ils se disposassent, autant qu'il était en eux , à donner la mort eu à la re* cevoir , comme cela était cependant vrai. Cette manière d'agir lui paraissant ridicule , il envoya chercher Démarate, fils d'Ariston, qnî était dans le camp. Démarate s'étant rendu à ses ordres, ce prince l'interrogea sur cette con^ çluite des Lacédémoniens, dont il voulait connaître les motifs, c Seigneur, répondit Dénut- » rate , je vous parlai de ce peuple lorsque noms

> marchâmes contre la Grèce; et lorsque je

> vousfispartdesévènementsquejeprévo]^, » vous vous moquâtes de moi. Quoiqu'il y ait » du danger à soutenir la vérité contre un si » grand prince, écoutes-moi cependant. Ces » hommes sont venus pour nous disputer le

> passage, et ils s'y disposent, car ils ont con- » tume de prendre soin de leur chevelure. » quand ils sont à la veille d'exposer leur vie. » Au reste, si vous subjuguez ces liommes-ei » et ceux qui sont restés à Sparte, sachez, Sei*' » gneur,qu'ilnesetronverapasune8eidenation

> qui ose lever le bras contre vous; car les » Spartiates, contre qui vous nuirchea, sont te t plus valeureux peuple de la Grèce, et leur

* royaume et leur ville sont les plus florissants

> et les plus beaux de tout le pays. » Xerxès, ne pouvant ajouter foi jt ce discours , lui demanda une seconde fois comment les Grecs, étant en si petit nombre, pourraient combattre son armée.

• Seigneur, reprit Démarate; traitez - moi

> comme un imposteur si cela n'arrive pas » comme je le dis. >

CCX. Ce discours ne persuada pas le rat. Il laissa passer quatre jours, espérant (fue les Grecs prendraient la fuhe. Le cinquième enfin , comme ils ne se retiraient pas, et qu'ils I lui paraissaient ne rester qM<^ par impndence

et 1^ iimiéléi *à m nil en colère, el envoya contre »i^%. un déucbeinenl de Mèdes e| de Cis^iew, iivec ordre de les iaire prisonniers, et de les lui amener. Les Mèdes fondirent aveu împé^MP^^té sur les Grec^, mais il en pérît un grand nombre. De nouvelles troupes vinrent à te charge, et, quoique fort maltraitées, elles ne reculaient pas. Tout le oxuide vit alors dairement, et le roi lui:ffléme, qu'il avait beaucoup d'hommes, mais peu de soldats. Ce combat dpra tout Iç jour.

CGXI. Les MMes» se voyant si rudement menés, se retirèrent. Les Perses prirent leur place. (C'était ta troupe que le roi appelait les immortel), et qui était commandée par Uydarnes.) Ils allèrent i Tennemi comme à une viaoîre <:^rt(^ine et facile. Maia lorsqu'ils en furent venus aux maios, ils n'eurent pas plus d'avantage que les Mèdes, parce que leurs piques étaient plus courtes que celles des Grecs, et que, l'action se passant dans un lieu étroit, ils ne pouvaient faire usage de leur nombre. Les Lacédémoniens combattirent d'une manière qui mérite de passer à la postérité , et firent voir qu' ils éi a jeo t habites et que leurs ennemis étaient li*ès-ignoraots dans l'art militaire. Toutes les fois qu'ils tournaient le dos , ils tenaient leurs rangs serrés. Les Barbares , les V4)yant fuir , les poursuivaient avec des cris et un bruit affreux ; mats dès qu'ils étaient près de se jeter iMir eux , les Lacédémoniens , faisant volte-face , «n renversaient un très«grand nombre. Ceuxci essuyèrent aussi quelque perte légère. Enfin ks Perses voyant qu'après des atuques réitérées, tant par bataillons que de toute autre manière, ils faisaient de vains efforts pour se rendre maîtres du passage , ils se re^ tirèrent.

CCXIL On dit que le roi, qui regardait le combat, craignant pour son armée, s'élança par trois fois de dessus son trône. Tel fut le succès de oeue action. Les Barbares ne réussirent pas mieux le lendemain, lis se flattaient cependant que les Grecs ne pourraient plus i>ésister, vu leur petit nombre et les blessures dont ils les croyaient couverts. Mais les Grecs, 8*étant rpngés en bataille par nations et par bataillons, combattirent tour à tour, excepté les Phocidiens, qu'on avait placés sur la nM>ntagne pour en garder le sentier. Les Perses ,

HISTOIRE DHÉRODOTË. s^.. ,^

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voyant qu'ils se battaient Comme le jonr précédent, se retirèrent.

CCKIIl. Le roi se trouvait très embarrassé dans les circonstances présentes, jorsqu'JÊphial* tes, Mélien de nation, et fils d'Èurydèipe, vint le trouver, dans Tespérance de recevoir ^^lui quelque grande récompense. G^tra)tr^ li^i découvrit le sentier qui conduit parla mpniagne aux Tbermopyles, et fiii cause par-là de ia perte totale des Grecs qui gardaient ce passage. Dans la suite il se réfugia en Tliessalie pour se mettre à couvert du ressentiment de$ Lfcédémoniens, qu'il craignait. Mais quoiqu'il eût|kris la fuite, les Pylagôres,dans upeassemblîéeg^ nérale des Amphictyons, aux Pyles, ipirentsa tète à prix ; et, dans la suite, étant venu || An^ ticyre, il fot tué par un Tracbinien, nonunë Athénadès. Celui-ci le tua pour un autre sujet, dont je parlerai dans la suite de cci|e histoire. Mais il n'en reçut pas moins des Lacédémoniens la récompense qu'ils avaient promise. Ainsi périt Éphialtes , quelque temps après cette expédition des Barbares.

CCXIV. On dit aussi que ce furent Onét^, de Caryste, fils de Phanagoras, et Çorydale, d'Anticyre, qui firent ce rapport au roi, et qui conduisirent les Perses autour de cette montagne. Je n'ajoute nullement foi à ce récit» et je m'appuie , d'un côté , sur ce que les Pylagôres ne mirent point à prix la tête d'Onétè$. ni celle de Gorydale , mais celle du Tracbinien Éphialtes ; ce qu'ils ne firent sans doute qu's|près s'éire bien assurés du foit. D'un autre côté, je sais très certainement qu'Épbialies prit h| fuite à celte occasion. Il est vrai qu'Onétè^ aurait ))u connaître ce sentier, quoiqu'il ne fAt pas Mélien , s'il se fût rendu le pays très-familier ; mais ce fut Éphialtes qui conduisit les Perses par la montagne ; ce fut lui qui leur découvrît ce sentier, et c'est celui que j'accuse de ce crime.

CCXV. Les (promesses d'Épbialtes plurent beaucoup à Xerxès, et lui donnèrent bien de la joie. Aussitôt il envoya Hydarnesavecles troupes qu'il commandait^ pour mettre ce projet à exécution. Ce général partit du cairip à l'entrée de b nuit. Les Méliens , qui sont les habitants

* C'était le oorps de dii mille hommes morlelfi.

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^o^v.j..ç. POLTHNIE. -^

liatur^ de ce pays > déeoiitrirent oe sentier , et ce fat par là qu'ils conduisirent les Thessaliens conti'e les Phocidiens » lorsque ceux-ci y ayapt (erméd'un mur le passage des Thermo* pyles, se furent mis à couvert de leurs incursions; et depuis un si long temps, il était prouvé que ce sentier n'avait été d'aucune utilité

au\ Mèliens*

CCXYI. En voici la description. U commence à TAsppe y qui coule par l'ouverture de la ipQqtagae qui porte le nom d'Anopée, ainsi que le sentier. U va par le haut de la montagne, et finit vers la ville d'Alpène, la première du pays des Locriens, du côté des Méliens, près de la roche appelée M élampyge , et de la démettre des Gercopes. C'est là que le chemin est Je plus étroit.

GCXVIL Les Perses, ayant passé l'Asope, près do sentier dont j'ai fait la description , marchèrent toute la nuit, ayant à droite les monts des OÉtéens, et à gauche ceux des Trachiniens. Ils étaient déjà sur le sommet de « U montagne, lorsque l'aurore commença à paraître. On avait placé en cet endroit , comme je l'ai dit plus haut * , mille Phocidiens pesamment armés, pour garantir leur pays de i'inva^ sioQ des Barbares , et pour garder le sentier ; car le passage inférieur était défendu par les tTQupes dont j'ai parlé ^, et les Phocidiens avaient promis d'eux-mêmes, à Léonidas, de garder (^ui de la montagne.

CCXyUI. Les Perses montaient, sans être aperçus, les chênes dont est couverte cette monlilgne , empêchant de les voir. Le temps étant eaUoe, les Phocidiens les découvrirent au bruit que.faisaient, sous leurs pieds, les feuillesdes arbres, comme cela était naturel. Aussitôt ils accoururent , se revêtirent de leurs armes, et dans l'instant parurent les Barbares. Les Perses, qui ne s'attendaient point à rencontrer d'enaemir, furent surpris à la vue d'un corps de troupes qui s'armait. Alors Hydarnes , craignant que ce ne fussent des Laeédémoniens, demanda à Éphialtes de Quel pays étaient ces troupes. Instruit de la vérité, il rangea les Perses en bataille. Les Phocidiens , accablés d'une nuée de flèches, s'enfuirent sur la cime

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