LIVRE vn
' s Odii.
* S ecn.
de la montagne, et croyant que ce corps alarmée était venu exprès pour les attaquer , ils «e préparèrent à les recevoir comme des gens qui se dévouent à la mort. Telle était la résolution des Phocidiens. Mais Hydarnes et les Pér^ ses , guidés par Ëphiahes , descendirent à ht hâte delà montagne, sans prendre garde seulement à eux.
CCXIX. Le deviù M^islias ^ , ayant coosnltë les entrailles des victimes, apprit le premier aux Grecs qui gardaient le passage des Thèrmopyles qu'ils devaient périr le lendemain au lever de l'aurore ; ensuite des transfuges les avertirent du circuit que faisaient les Perses , et aussitôt ils firent part de Cet avis à tout le camp , quoiqu'il fût encore nuit. Enfin le jour parut, et les héméroscopes' accoururent de dessus les hauteurs. Dans le conseil tenu à ce sujet , les sentiments furent partagés : les uns voulaient qu'on demeurât dans ce poste, et les autres étaient d'un avis contraire. On se sépara après cette délibération ; les uns partirent et se dispersèrent dans leurs villes respectives ; les autres se préparèrent à rester avec Léonidas.
GGXX. On dit que Léonidas les renvoya de son propre mouvement , afin de ne pas les exposer à une mort certaine , et qu'il pensa qu'il n'était ni de son honneur ni de celui des Spartiates présents d'abandonner le poste qu'ils étaient venns garder. Je suis bien plus porté i croire quel^nidas, ayant remarqnéle découragement des alliés , et combien ils étaient peu disposés à courir le même danger que les Spartiates, leur ordonna de se retirer , et que, pour lui , il crut qu'il lui serait honteux de s'en aller , et qu'en restant, il acquerrait une gloire immortelle , et assurerait à Sparte un bonheur inaltérable ; car la pythie avait répondu aux Spartiates, qui Tavaient consultée dès le commencement de cette guerre , qu'il fallait qoe Lacédémone fût détruite par les Barbares, ou que leur roi pérît. Sa réponse était conçue en vers hexamètres : c Citoyens de la spacieuse » Sparte , ou votre ville célèbre sera détruite > par les descendants de Persée ', ou le pays
< u était d'Âcarnanie.
* Ceux qtii font le gu6t pendant le jonr.
* LetPcnei.
276 HISTOÎRË D'HÉRODOTE. ièèàn.i.-t.
9 de Lacëdéduofie pleui-era la mort d'un roi fiders, postés derrière les rangs le fiioetà la > issu du sang d'Hercules. Ni la force des tau- main , frappaient les soldats, et les animaient » reaux , ui celle des lions , ne pourront soate- oonlînneiiement à mardier. Il en tombait beau- » nir le choc iropëtueuidu Perse: il a la puis- j coup dansla mer, on ib trouvaient la fin de leurs » sance de Jupiter. Non» rien ne pourra lui «jours; il en périssait un plus grand nombre sous
» résister qu'il n'ait eu pour sa part Tun des 9 deux rois. > J'aime mieux penser que les réflexions de Léonidas sur cet oracle , et que la gloire de cette action qu'il voulait réserver aux seuls Spanîates» le déterminèrent à renvoyer les alliés y que de croire que ceux-ci furent d'un avis contraire au sien » et qu'ils se retirèrent avec tant de lâcheté.
CGXXI. Cette opinion me parait vraie, et en voici une preuve très-forte. Il est certain que Léonidas, non seulement les renvoya , mais encore (|u'il congédia avec eux le devin Hégistias d'Acarnanie , afin qu'il ne périt pus avec lui. Ce devin descendait , à ce qu'on dit , de Mélampus. Mais Mégistias ne l'abandonna point , et se contenta de renvoyer son fils unique, qui l'avait suivi dans cette expédition.
CCXXII. Les alliés que congédia Léonidas se retirèrent par obéissance. liCS Tbébains et les Thespiens restèrent avec les Lacédémoniens: les premiers malgré eux et contre leur gré, Léonidas les ayant retenus pour lui servir d'otages ; les Tliespiens restèrent volontairement. Jls déclarèrent qu'ils n'abandonneraient jamais Léonidas et les Spartiates : ils périrent avec eux. Ils éuiient commandés par Démophile , fils de j)iadromas.
CGXXiU. Xerxès fit des libations au lev^ du soleil, et, après avoir attendu quelque temps, il se mit en marche vers l'heure où la place est ordinairement pleine de monde , comme le lui avait lecommandé Ephialtes ; car, en descendant la montagne, le chemin est beaucoup pLus court que lorsqu'il la £siut monter et en faire le tour. Les Barbares s'approchèrent avec ^çrxès. Léonidas et les Grecs, marchant comme ;i une mort certaine, s'avancèrent beaucoup plus loin qu'ils n'avaient fait dans le commencement , et jusqu'à l'endroit le plus large du iléfilé ; car jusqu'alors le mur leur avait tenu Jieu de défense. Les jours précédents, ils n'avaient point passé les lieux étroits, et c'était là «qu'ils avaien t combattu . Mais ce jour-là le combat s>ngagea dans nn esp^œ plus étendu » at il y l>éwt un grand nombre de Barbares. Leurs of-
les pieds de leurs propres troupes ; mais on n'y avait aucun ^rd. Les Grecs, s'attendant à une ' mort certaine de la part de ceux qui avaient fait le tour de la montagne, employaient tout ce qu'ils avaient de forces contre les Barbares', comme des gens désespérés, et qui ne font aucun cas de la vie. Déjà b plupart avaient leurs piques brisées, et ne se servaient plus contre les Perses que de leurs épées.
CCXXIV. Léonidas fut tué dans cette action, après avoir fait des prodiges de valeur. Il y périt aussi d'autres Spartiates d'un mérite distingué. Je me suis informé de leurs noms, et même de ceux des trois cents. Les Perses perdirent aussi beaucoup de gens de marque, et entr'an* très Abrocomès et Hypéranlhès, tous deux fils de Darius. Ce prince les avait eus de Phrata« gune , fille d'Ârtanès, lequel était frère de Darius, fils d'Hystaspes et petit-fils d'Arsames. Gomme Artanès n'avait pas d'antres enfants , tous ses biens passèrent avec elle à Darius.
GCXXY. Ces deux frères de Xerxès périrent dans o^t endroit les armes à la maio. Le combat fut très- violent sur le corps de Léonidas. Les Pei*ses et les Lacédémoniens se repoussèrent alternativement ; mais enfin les Grecs mi* rent quatre fois en fuite les ennemis, et, par leur valeur , ils retirèrent de la mêlée le corps de ce prince. Cet avantage dura jusqu'à l'arri* vée des troupes conduites par Ephialtes. A cette nouvelle , la victcMre changea de parti. Les Grecs regagnèrent l'endroit le plus étroit du défilé ; puis ayant passé la muraille , et leurs rangs toujours serrés, ib se tinrent tous, excepté les Thébains , sur la colline qui est à l'entrée du passage, et où se voit aujourd'hui le lion de pierre érigé en l'honneur de Léonidas. Ceux à qui il restait encore des épées s'en servirent pour leur défense ; les autres combattirent avec les mains nues et les dents ; mais les Barbares les attaquant, les uns de front, après avoir renversé la muraille , les autres de toutes parts, après les avoir environnés , les enterré* rent sous un monceau de traits, CCXXVL Quoique les Lacédémoniens et les
àT. hiC
POLYMNIE. -
Thespieiis se fussent conduits en gens de cœur, on dit cependant que Dîénëcès de Sparte les surpassa tons. On rapporte de lui un mot remarquable. Avant h bataille , ayant entendu dire à un Tracbinien que le soleil serait obscurci par les flèches des Barbares, tant était grande leur multitude , il répondit sans s'épouvanter , et comme un homme qui ne tenait aucun compte du nombre des ennemis : t Notre hôte de Tra- » cbinie nous annonce toutes sortes d*avanta- > ges ; si les Hèdes cachent le soleil , oucom- » battra à Tombre , sans être exposé à son » ardeur. > On rapporte aussi du même Diénëcès plusieurs autres faits pareils , qui sont comme autant de monuments qu'il a laissés à la postérité.
CCXXYII. AtpbéeetMaron, filsd'Orsiphante, tous deux Laoédémoniens , se distinguèrent le plus après Diénécès ; et parmi les Thespiens , Dithyrambus, fils d'Harmatidès, acquit le plus de gloire.
GCXXYIII. Ils furent tous enterrés au même endroit où ils avaient été tués , et Ton voit sur leur tombeau cette inscription, ainsi que sur ie moonmentde'ceux qui avaient péri avant que LéonidaseAt renvoyé les alliés: c Quatre mille
• Péloponésiens combattirent autrefois dans
• ce lieucontretroismillîoDsd'bommes.» Cette inscription regarde tous ceux qui eurent part à Faction des Thermopy les ; mais celle - ci est pour les Spartiates en particulier : c Passant , » va dire aux Lacédémoniens que nous repo- » sons ici , pour avoir obéi à leurs lois. > En ▼oici une pour le devin H^gistias : c C'est ici le
• monument de l'illustre Mégistias, qui fut au- 9 trefois tué par les Hèdes, après qu'ils eui*ent
• passé le Spercbius.il ne put serésoudreàaban- » donner les cbeis de Sparte, quoiqu'il sût avec » certiiudeque les Parques venaient fondre sur » hii. »
Les Amphictyons firent graver ces inscrip* lions sur les colonnes , afin d'honorer bt mémoire de ces braves gens. J'en excepte rinscrip- Mn du devin Mégistias, que fit, par amitié pour lui , Simonides, filsdeLéoprépès.
CCXXIX. On assure qu'Eurytus et Aristo* démus, tons deux du corps des trois cents, pouvant conserver leur vie en se retirant d'un commun accord à Sparte, puisqu'ils avaient été fettfpYfb du camp par Léonidas, et qu'ils étai^t