W AV. I.-G
> grande partie de voire armée ; mais donnez-
> moi truis c^nt mille hommes à mon choix, et » je m'engage à faire passer la Grèce sous vo- * ire joug. »
CI. Xerxès , sentant à ce discours sa douleur se calmer et la joie renaître dans son ûme, répondit à Mardonius qu'après en avoir délibéré avec son conseil , il lui ferait part de ses intentions. Tandis qu*il agitait cette question avec les Perses qu'il avait convoqués , il voulut avoir aussi Tavis d'Artémise , parce qu'il avait reconnu auparavant qu elle était la seule qui lui eîît donné de bons conseils. Il Tenvoya donc chercher; il ordonna aux Perses de son conseil et à ses gardes de se retirer , et lui parla en ces termes :
€ Mardonius m'exhorte à rester ici, et à at- 1 taquerIePéioponnèse,en me représentant que
> les Perses et mon armée de terre rie sont point t cause de notre défaite , et qu'ils offrent de ^ m'en donner des preuves. Mais il me conseille
> d'un autre côté de retourner dans mes états avec mes troupes , et de lui laisser trois cent mille hommes ^ son choix , avec lesquels il me prometdesubjuguer laGrèce. Vous donc, qui m*aviez si sagement détournéde combattre sur mer , dites-moi maintenant lequel
> de ces deux partis vous me conseillez de
> prendre. * CIL f — Seigneur, répondit Arlémise, il est
> dirKcile de vous donner le meilleur conseil ;
> mais dans les conjonctures présentes, je suis
> d'avis que vous retourniez en Perse , et que » vous laissiez ici Mardonius avec les troupes
gu'il vous demande , puisqu'il le désire , et qu'il s'engage à subjuguer la Grèce. S'il en fait la conquête . et qu'il réussisse dans ses desseins, vous en aurez tout l'honneur, puisque cette conquête sera l'ouvrage de vos esclaves. Si au contraire son entreprise n'a pas
> le succès dont il se flatte , ce ne sera pas un
> grand malheur, pourvu que vous viviez, et
> que votre maison demeure florissante. En f effet , Soigneur , tant que vous vivrez et que • votre maison subsistera, les Grecs auront de
fréquents combats à livrer pour défendre leur
liberté. Si Mardonius éprouve quelque revers,
ce revers ne sera d'aucune conséquence ; et,
» en faisant périr un de vos esclaves, les Grecs
> n'auront remporte qu'un faible avantage.
» Quant à vous , Seigneur , vous vous en re-
> tournerez après avoir brûlé la ville d'Athènes,
> comme vous vous l'étiez proposé lorsque vous
> entreprîtes cette expédition. >
cm. Cet avis fit d'autant plus de plaisirà Xerxès qu'il s'accordait avec sa manière -de penser, ftiiis quand même tout le moude lui aurait conseillé de re^^ter, je crois qu'il ce l'aurait p^s fait, tant il était épouvanté. Après avoir donné de grandes louanges à Artémise , il la renvoya avec quelques-uns de ses fils naturels qui l'avaient suivi dans cette expédition , et qu'ellp eut ordre de conduire à Ephèse. Hermoiime dePédases,qui tenait le premier rang parmi le$ eunuques du roi,Iesacco(npagnait pour les gai»der.
CIV. [Les Pédasienshabiientau-dessusd'Har licarnasse. On dit que lorsqu'ils sont menaces de quelque malheur , eux et leurs voisins , il vient une longue barbe à la prétresse de Minerve qui est à Pédases, et qu'on a d^à vu oe prodige arriver deux fois.]
GV. Je ne connais per&onne qui se soit plus cruellement vengé d'une injure (;ue ctx ilermotime. Ayant été pris par ûvs ennemis, il fuj venduà Panionius,de 1 île de Chios.Cei homm^ vivait d'un trafic infâme : il sichetail desjeuii^ garçons bien faits , les faisait eunuques , et les menait à Ephèse , où il les vendait très-cher. Car la fidélité des eunuques les rend , chez les barbares , plus précieux que lesautres hommes* Panionius , qui vivait , dis-je, de ce trafic , fit eunuques un grand nombre de jeunes garçQos» et entre autres Hermotime. Cet Hermotime ne fut pas malheureux en tout : conduit de Sardss au roi avec d'autres présents, il parvint avsc]^ temps, auprès de Xerxès, à un plus haut point de faveur que tous les autres eunuques.
CVL Tandis que le roi était à Sardes, et qu'il se disposait à marcher avec ses troupes contre Athènes , Hermotime, étant allé pour quelque affaire dans TAtarnée^ canton de la Mysje cultivé par les habitants deChios, y rencontra Panionius. L'ayant reconnu, il lui témoigos beaucoupd'amitié; et commençant par un grand détail de tous les biens qu'il lui avait procurés» il passa ensuite à ceux qu'il promettait de lui faire par reconnaissance, s'il voulait venir avec toute sa famille demeurer diez lui. Panionius, charmé de cesoffres, alla chez Hermotime avec
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sa femme et ses enfants. Quand celui-ci feut en sa puissance avec toute sa famille : « 0 de tons » les hommes le plus scëléi*at , lui dit-il , qui
> g^ng^nes ta vie au plus infiàme métier ! quel » mal t'avions-nous fait , moi et les miens , à
> toi , ou à quelqu'un des tiens , pour m'avoir » privé de mon sexe, et m'avoir réduit à n'être
> plus rien ? T'étais - tu donc imaginé que les » dieux n'auraient aucune connaissance de ton i action ? Scélérat , par un juste jugement ils
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traire. Tl représenta qu'en rompant les ponts , on attirerait sur la Grèce le plus grand de tous les malheurs ; que si le roi était intercepté et forcé de rester en Europe , il ne se tiendrait pas en repos , |)arce que s'il s'y tenait , il ne pourrait ni réussir dans ses projets, ni retourner en Asie , et qu'il faudrait que son armée périt de faim;quesi, au contraire, il tentait quelque entreprise, et s'y attachait fortement, toutes les nations et toutes les villes de l'Europe se
i t'ont attiré parunappât trompeur entre mes ! joindraient à lui, de gré ou de force; enfin que t mains, afin que tu ne puisses te plaindre de la la récolte annuelle des Grecs lui fournirait des
> peine que je vais t'infïiger. » Après ces reproches , il se fit amener les quatre enfants de
vivres. Il njouta qu'il croyait que le roi, après la perte d'unebataille navale, ne resterait point
Panionius , et le força de les mutiler lui-même, en Europe ; qu'il fallait donc le laisser fuir Panionius , s'y voyant contraint , le fit, et cet jusqu'à ce qu'il fût arrive dans ses états , et ordre exécuté, Hermoiime obligea les enfants : qu'alors on pourrait l'y attaquer, et qu'il les y à faire la même opération à leur propre père. I exhortait. Cet avis fut appi*ouvé jm' le reste C'est ainsi que fut puni Panionius , et qu'Her- , des généraux péloponnésiens.
moiime se vengea.