CIX. Thémistocles ayant reconnu qu'il ne
GVll. Xerxès, ayant remis ses enfants à Arté- persuaderait pas, du moins à la plupart des mise, afin de les mener à Ephèse, manda Har- alliés, de faire voile vers l'Heliespont, changea donius , et lui ordonna de choisir dans toute de sentiment, et, s'adressant aux Athéniens son armée les troupe i qu' il voudrait garder, et qui , étant surtout indignés de ce qu'on laissait de faire répondresesactions à ses paroles. Telles I échapper l'ennemi, voulaient, après en avoir sont les choses qui se passèrent ce jour-là; mais délibéra en leur particulier , aller dans l'Hellespendant la nuit , les commandants de la flotte ' pont, quand même les alliés refuseraient de les partirent de Phalère , par ordre du roi , avec suivre; s'adressant, dis-je, aux Athéniens, il leurs vaisseaux , pour regagner l'Heliespont leur tint ce discours : f Je me suis déjà trouvé
avec toute la célérité possible , afin de garder les ponts sur lesquels le roi devait passer. Lorsque les barbares furent près de Zoster , ils prirent pour des vaisseaux les petits promontoires qui s'avancent dans la mer» Us en furent tellement effrayés, qu'ils s'enfuirent en désordre ; mais ayant reconnu leur erreur, ils se réunirent et continuèrent leur route.
CVin. Quand le jour parut, les Grecs, voyant l'armée de terre des Perses au même endroit, crurent que leurs vaisseaux étaient aussi à Phalère , et s'imaginant qu'ils leur livreraient un autre combat naval, ils se disposèrent à se défendre; mais lorsqu'ils eurent appris le départ de la flotte , ils résolurent sur-le-champ de la poursuiwe. Ils le firent jusqu'à Andros ; mais ne pouvant l'apercevoir, ils abordèrent à cette He , où ils tinrent conseil. Thémistocles conseilla de poursuivre l'ennemi à travers la mer Egée, et d'aller droit à l'Heliespont pour lompre les ponts. Eurybiades fut d'un avis con-
ende pareilles occasions, et j'ai plus souvent encore ouï dire que des troupes vaincues et réduites au désespoir avaient repris cœur, et que dans une nouvelle action elles avaient rétabli leurs affaires. Ainsi, Athéniens, puisque nous avons, nous et les Grecs, dissipé, contre notre attente, cette effrovable ntkée de barbares , ne poursuivons point un ennemi qui fuit. Ce n'est point à nos forces que nous devons cette victoire, mais aux dieux et aux héros; ils ont été jaloux qu'un seul homme, qu'un impie, qu'un scélérat, qui, sans mettre de distinction entre le sacré et le profane , a brûlé les temples des dieux et renversé leurs statues ; qui a fait aussi fustiger la mer, et lui a donné des fers ; ils ont , dis-je , été jaloux que cet homme eût lui seul l'empire de l'Asie et de l'Europe. Mais puisque nous sommes à présent dans une position heureuse, restons en Grèce, et occupons-nous de nous-mêmes et de nos familles. Le bar-
4goiv.j.H:. IIRANIE.- LIVRE VIII. 301
puissance d'Alhènes ne serait plus forte que leur impuissance. Sur cette réponse et leur refus, on les assiégea.
CXII. Avide d'argent, Thémistocles ne cessait d*en amasser. II en envoya demander aux vue de se ménager Tamitié du roi , et de se pro- autres insulaires, par les mêmes députés, qui
» bare est entièrement chasse ; que chacun réi tahlisse sa maison , et s'applique avec ardeur » ù ensemencer ses terres. Au retour du prin- > temps, nous irons dans THellespont et en i lonie. > Thémistocles parlait ainsi dans la
curer un asile, en cas que les Athéniens lui suscitassent dans la suite quelque fâcheuse affaire ; ce qui ne manqua pas d'arriver.
GX. Ce discours trompeur persuada les Athéniens. Ils étaient en effet d'auiant plus disposés à croire Thémistocles, qu'il s'était fait auparavant la réputation d'un homme sage, et que, dans l'occasion présente, il avait donné par ses
leur tinrent le même langage qu'à ceux d*Andros, et les menacèrent, en cas de refus, de les assiéger avec l'armée grecque, et de les détruire eniièrement. Il tira par cette voie de grandes sommes desCarystiens et des Pariens, qui les envoyèrent, dans la crainte d'être traités comme Andros, dont ils avaient appris qu'on formait le siège à cause de son attache-
bons conseils des preuves de sa prudence. Les ment aux Mèdes, et parce qu*ils savaient que Athéniens n'eurent pas plus tôt approuvé son Thémistocles jouissait, auprès des g:énéraux» avis, qu'il fit partir sur un esquif des gens de du plus grand crédit. J'ignore si quelques aueonfiance et incapables de révéler ce qu'il leur , très lies en donnèrent aussi. Je croirais volonavait ordonné de dire au roi, quand môme on ' tiers qu'il y en eut d'autres, et que celles-là ne les aurait misa la torture. L'esclave Sicinnus furent pas les seules. Le malheur desCarystiens fut encore de ce nombre. Lorsqu'ils furent ar- ne fut pas pour cela différé '. Quant aux Parivés sur les côtes de l'Attique, Sicinnus laissa ; riens, ils apaisèrent Thémistocles avec de Taries autres dans l'esquif , et se rendit auprès de gent, et l'armée n'alla pas chez eux. Ce fut Xerxès : c Thémistocles, fils de Néoclès, lui ainsi que Thémistocles, ù l'insu des autres gé-
> dit-il , général des Athéniens , le plus brave néraux , tira beaucoup d'argent des insulaires ,
> et le plus sage de tous les alliés, m'a envoyé à commencer par ceux d' Andros.
> vous dii*e que » par zèle pour votre service, il a | GXIII. L'armée de terre, ayant séjourné quel- » retenu les Grecs qui voulaient poursuivre vo- ' ques jours dans l'Attique après le combat naval, » tre flotte, et rompre les ponts de Fflellespont. prit avec Xerxès la route de laBéotie» et le
> Vous pouvez donc maintenant vous retirer môme chemin qu'elle avait tenu en venant. » tranquillement. > Cet ordre exécuté, ils s'en Mardonius avait jugé à propos d'accompgner retournèrent. le roi, parce que la saison n'était plus propre
CXI. Les Grecs, ayant résolu de ne pas pour- aux opérations de la guerre, et qu'il croyait suivre plus loin la flotte des barbares , et de ne plus avantageux de passer l'hiver en The^salie, point rompre les ponts de l'Hellespont, assié- etd'attaquerensuitelePéloponnèseaucommengèrent Andros , dans le dessein de la détruire. ' cernent du printemps. Lorsqu'on fut arrivé en Ces insulaires refusèrent les premiers à Thé- Thessalie, Mardonius choisit d'abord tous les mistocles l'argent qu'il exigeait d'eux. Comme Perses qu'on appelle immortels, exceptés Hyce général alléguait qu'ils ne pouvaient se dis- , darnes, leur commandant, qui ne voulut point penser d'accorder cet argent à deux grandes abandonner le roi. Il prit ensuite parmi les audivinités, la Persuasion et la Nécessité, dont très Perses les cuirassiers et le corps de mille les Athéniens étaient accompagnés, ils lui ré- chevaux', auxquels il joignit toutes les troupes pondirent qu'Athènes, protégée par deux di- mèdes, saces, bactriennes et indiennes, tant vinitésfavorables,était avec raison grande, ri- infanterie que cavalerie. Quant au reste des che et florissante; que le territoire d' Andros alliés, il ne fit choix que d'un petit nombre, était très-mauvais ; que deux divinités perni- et ne prit que les beaux hommes et ceux qui cieuses , la Pauvreté et l'Impuissance, se plai- avaient fait de belles actions et dont la valeur saient dans leur tie, et ne la quittaient jamais ; ' qu'étant au pouvoir de ces deux divinités, ils [ , voy« tÀ^demom, $ cki. ne pouvaient donner d'argent , et que jamais la ' » voyez H?, tu, s u , et Uy, ix , $ tm.
HISTOIRE DHÉRODOT|;,
lui était connue. II choisit aussi I9 plus grande partie des Perses, ceux surtout qui portaient des colliers et des bracelets , et ensuite les Mèdes. Ceux-ci étaient égaux en nombre aux Perses, mais inférieurs du côté de la force. Toutes ces troupes réunies faisaient trois cent àiille hommes, y compris la cavalerie.
GXIV. Pendant que 3Iardonius était occupé du choix de Tarméé, et que Xerxès était aux environs delaThessalîe, il vint aux Lacëdémoniens un oracle de Delphes qui leur ordonnait de demander à Xerxès justice de la mon de Léonidus, et d'accepter, comme un augure, la réponse qu*il leur ferait. Aussitôt les Spartiates dépéchèrent un héraut , qui fit tant de dili- Kgence, qu*il rencontra encore toute Tarmée en Thessalie avec Xerxès. Ce prince lui ayant donné audience : c Roi des Perses, lui dit-il,
> les Lacédémoniens et les Héraclides de
> Sparte vous demandent justice de la mort de
> leur roi, qui a éié tué, par vous, en combat- 9 tant pour la défense de la Grèce. § A ces mots, Xerxès se mit à rire, et apiès avoir été long-temps sans répondre : t Voilà, dit-il en < montrant Mardonius, qui était présent, voilà € celui qui la leur fera comme il convient. » Le héraut accepta l'augure et se retira.
CXV. Xerxès, laissant Mardonius en Thessalie, se hâta de gagner THellespont. II arriva en quarante-cinq jours au passage du détroit, n'ayant pour ainsi dire avec lui qu'une trèspetite partie de son armée. Cependant partout où passaient ces troupes, elles enlevaient les grains, et, à leur défaut, elles se nourrissaient de l'herbe des campagnes, de l'écorce et des feuilles des arbres sauvages et culiivés, et ne laissaient rien, tant la faim était pressante. La peste et la dyssenterie qui survinrent en firent périr beaucoup en route. Xerxès laissait les malades dans toutes les villes qu'il traversait, ordonnant aux magistrats de les nourrir et d'en prendre soin. Il y en eut quelques-uns qui restèrent en Thessalie, d'autres à Sirîs en Paeonie, et en Macédoine. En allant en Grèce, Xerxès avait laissé dans la Macédoine le char sacré de Jupiter; il ne le retrouva plus : les Paeoniens Tavaient donné aux Thraces; ei quand il le redemanda, ils lui répondirent que les cavales de ce char avaient été enlevées dans les pâturages par les peuples de la Tbraoe supérieure
40OAV.1..Ç.
qui habitaient vers les sources du Strymon.
CXYI. Ce fut dans ce pays que le roi des Bisaltes et de laCresioniqué, Thrace de nation, fit une action bien atroce, iprès avoir déclaré qu il ne se soumettrait jamais volontairement à Xerxès, il se retira sur le mont Rhodope, et défendit à ses fils de porter les armes contre la Grèce. Soit mépris de ses ordres, soit envie de voir la guerre, ils accompagnèrent Tarmée; mais étant, revenus tous six sains et ssnifs de cette expédition, leur père leur fit arracher les yeux, et les punit ainsi de leur désobéissance.
CXVIL Les Perses partirent delà Thrace, et dès qu ils furent arrivés au détroit, ils se pressèrent de traverser THellespont sur leurs vaisseaux pour gagner Abydos, parce que les ponts de l>ateaux ne subsistaient plus, la tempête les ayant rompus. Ils fii ent quelque séjour en ces lieux, et, y ayant trouvé des vivres eu plus grande abondance que dans leur marche, ils mangèrent avec excès, ce qui, joint au changement d*eau, fit périr une grande partie de ce qui restait de cette armée. Les autres arrivèrent à Sardes avec Xerxès.
CXVlil. On raconte aussi de la manière suivante la retraite de ce prince. Étant arrivé à Eion sur le Strymon, après son départ d'Athènes, il ne continua plus sa route par terre; mais, laissant à Hydarnes le soin de conduire son armée sur les bords de THellespont, il monta sur un vaisseau phénicien qui le transporta en Asie. Pendant qull voguait, il s'éleva du Strymon ua vent impétueux, qui, soulevant les flots, rendit la tempête d'autant plus dangereuse qu'il y avait jusque sur les ponts un très grand nombre de Perses qui s'éuient embarqués avec Xerxès , et qui surchargeaient le vaisseau. Le roi, effrayé, cria au pilote s'il y avait quelque espérance de salut: 1 Aucune, Seigneur, lui > répondii-il, si l'on n'allège le vaisseau d'une • grande partie de ses défenseurs. > On ajoute que sur cette réponse Xerxès s'adressa aux Perses: « C'est à vous maintenant à montrer » l'intérêt que vous prenez à votre roi; ma vie » dépend de vous. » II dit, et les Perses, s'étant prosternés, se jetèrent dans la mer. Le vaisseau allégé, le roi arriva sain et sauf en Asie. On dit qu'aussitôt après qu'il eut débarqué, il donna une couronne d'or au pilote pour avoir sauvé la vie au roi; mais qu'il lui fit couper la tét« pour
4i0iv. J.-C.
avoir caoïié la pfiHç d*{tii fi:ap<| ^çnhre, {je Perses.
ÇXIX. pet(e autre manière (}e raçoi^ter la retraite de Xerxès * ne me parait i^uUeQuij^i croyable par bien des pi^s, et surtout à cau$e du maljieur des Persçs. En e^et, si le pilote a (lit vérilablemeat au Roi qu*il fallait a|léf;er Je vaisseau > je sul& persuadé que de mille personnes, il n*y en a pas une <|ui ^e convint que le roi aurait fa^t descen(]|(*e a foo^ de calé ceux qui étaient sur les ^^nts , d'autan^ plus qu ils éiaieni Perses et des premier^ de sa cour y et qu kl aurait plutôt fait j[eter dans la mer autant de rameurs phéaiciens qu'il y avait de Perses. Mais, comme je Tai dit plus haut ^, Xerxès retourna par terre en Asie avec le reste de son armée.
CXX. £b voici une forte preuve. Il est certain qu'en s'en retournant il passa par Aiderez, où il se lia d*amîtié avec les Abdérites , et qu'il leur fit présent d'un cimeterre d'or e^ d'une tiarç tissue en or. Ce fut en cette ville, au rapport des mêmes Abdérites, que Xerxès détacha sa ceinture pour la premièie fois depuis son départ d'Athènes , comme étant alors déljivré de toute crainte; mais cette drconstaoce ne me paraît point croyable. Or, Abdères est plutôt vers Tllellespont que vers le Sirymonetla ville d'Eion, oii l'on dit qy'il ^'embarqua.
CXXl. Les Grecs, ne pouvant prendre Andro$, tournèrent leura armes contre Caryste ', et après avoir ravagé son territoire, ils revinrent à Salamine. On commença par mettre de côté les prémices du butin pour les dieux , et ^ntre autres trois vaisseaux phéniciens. Ils en envoyèrent un à l'isibaie pour y être consacré aux dieux : on l'y voyait encore de mou temps; un autre à Sunium , et le troisième fut dédié à Ajax dans 1 Oie de Salamine. On partagea ensuite le butin , et l'on en envoya les prémices ^ Pelphes. On en fit une sutiue de douze coudées de haut , tenant à la main uo éperon de vaisseatf . On la plaça au même endroit oii est (a statue d'or d'Alexandre, roi de Macédoine. CXXIL Ces prémices envoyées à Delphes »
* Ob te rapporte ao eonmeBoeniaDt du S avni.
* SCtTlI.
* VoyetoL4eMQ»«SGiii«
1^ Grecs deii^pdèrçot au dieu , ay ^om d9 tous les confédérés, sll avait reçu des prémices coQiplè^es çt qui lui fussent agréables. Le dieu répondit qi^* il tu avait reçu de tous les Grecs , çxcepté des Eginèies, dont il exigeait un présent, p^lce qu'ils s étaient plus distingués que les autres au combat naval de Salamine. Sur cette réponse, les Eginèies lui coosacrèrenC trois étoiles d^or , qui sont sur un mit d'oirain à l'angle fort près d|^ cratère de Crésus*. ÇXXUl. Le butin partagé, les Grecs firent voile vers rythme , pour donner le prix de lu valeur ^ celui i^'entr'eux qui c'était le plus distiogué (laD§ celte guerre. Lorsqu'ils y furent arrivés , les généraux se partagèrent les flottes auprès de l'autel de Neptune, afiu de donner leurs suffrages a ceux qu'ils croiraient dignes du premier et du second prix. Chacun, j^osant s'être plus distingué que les autres , se donna la première voix ; mais pour le second prix, la plupart Tadjugèreni d'un commun accorda Thémistocles. Les généraux n'eurent par ce moyen qu'un seul suffrage chacun, et Thémistocles eut la très grande pluralité pour le second prix.
CXXIV. Quoique l'envie eût empêché les Xîrecs de porter un jugement, et quechacun, en reiournant dans sa patrie, eût laissé la chose indécise , Thémistocles n'en fut pas moins célébré, et n'en passa pas moirs dans toute la Grèce pour le plus prudent des Grecs. Comme ceux avec qui il avait combattu à Salamine ne lui avaient pas rendu les honneurs qu'il mérit;àit par sa victoire, il se rendit a Lacédémone aussitôt après le départ des alliés, pour y recevoir les marques de distinction qui lui étaient dues. I Les Lacédémoniensle reçurent magnifiquement et de la manière la plus honorable. Ils donnèrent, il est vrai , àEurybiades une couronne ' d*oIivier pour prix'de la valeur; mais ils adjugèrent à Thémistocles celui de la [prudence et de rbabileté, et le couronnèrent aussi d^olivier. Ils lui firent, outre cela, présent du plus beau char qu'il y eût à Sparte ; et après lui avoir donné de grapdes louanges, trois cents Spartiates d'élite, qu'on appelle les chevaliers, l'escortèrent à son retour jusqu'aux frontières de Tégée. De tous les hommes que nous connais-
Cétait le cral^ d'argent. Voyez Iît. i , S u.
504 HISTOIRE D
sions, c'esrle seul que les Spartiates aient reconduit.
GXXV. Lorsque Thëmistocles fut de retour de Lacedémone à Athènes, Timodème d'Aphid* neSy qui n'était guère connu que par la haine qu'il lui portait, et la rage jalouse dont il était anhné contre lui , lui reprochait son voyage de Sparte, en lui disant que les Laoédémoniens ne ui avaient point rendu des honneurs à cause de son propre mérite , mais par égard pour la ville d* Athènes. Comme il répétait sans cesse ce reproche : f Vous avez raison , lui dit-il , si
> j*étais Belbinite, je n'aurais pas reçu tant
> d'honneurs des Spartiates , et jamais ils ne
> vous en feraient autant , quand même vous
> seriez Athénien. > Mais en voilà assez làdessus.
GXXVI. Pendant ce temps-là , Artabaze , fils de Pharnaces , qui depuis long-temps s'était fait une grande réputation parmi les Perses, et qui en acquit encore davantage à la bataille de Platées, accompagna le roi jusqu'au passage de l'Hellespont avec soixante mille hommes de l'armée que Hardonius avait choisie. Xerxès étant passé en Asie, et Artabaze se trouvant à son retour aux environs de la presqu'île de Pallène, comme Mardonius, qui avait pris son quartier d'hiver dans la Thessalie et dans la Macédoine , ne le pressait pas de venir le rejoindre, il crut que, le hasard l'ayant conduit près des Potidéates, il devait les remettre sous le joug des Perses , qu'ils avaient secoué. Ces peuples s'étaient ouvertement révoltés contre les barbares aussitôt après le départ du roi et la fuite de l'armée navale des Perses, et leur exemple avait été suivi du reste des habitants de la presqu'île de Pallène.
CXXYU. Artabaze assiégea alors Potidée , et, soupçonnant les Olynlhiens de vouloir se révolter contre le roi, il les assi^ea aussi. Leur ville était en ce temps-là occupée pur les Bottiéens, qui avaient été chassés du golfe de Therme par les Macédoniens. Artabaze, ayant pris celte ville, en fit forger les habitants dans un marais où on les conduisit. Il y mit ensuite des habitants de la Chalcidique , et en confia le gouvernement à Gritobule de To)*one. Ce fut ainsi que les Ghalcidiens devinrent les maîtres d'Olynthe.