‹ Choix des lettres edifiantes ecrites des missions etrangeresChapitre 13 sur 70 · PRÉLIMINAIRE. XV · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRE. XV

« Frappe, cruel Japon; le sang de ces hommes apostoliques ne cherche qu'à couler de leurs veines, pour te laver dans celui du Sauveur que tu ne connois pas. Empire de la Chine, tu ne pourras fermer tes portes. Déjà un saint pontife, marchant sur les traces de François Xavier, a béni cette terre par ses derniers soupirs.

» Nous l'avons vu cet homme simple et magnanime , qui revenoit tranquillement de faire le tour entier du globe terrestre. Nous avons vu cette vieillesse prématurée et si touchante, ce corps vénérable courbé, non sous le poids des années, mais sous celui de ses pénitences et de ses travaux ; et il sembloitnous dire à nous tous, au milieu desquels il passoit sa vie, à nous tous qui ne pouvions nous rassasier de le voir, de l'entendre, de le bénir, de goûter l'onction et sentir la bonne odeur de Jésus- Christ qui étoit en lui, il sembloitnous dire : Maintenant me voilà, je sais que vous ne verrez plus ma face. Nous l'avons vu qui venoit de mesurer la terre entière : mais son cœur, plus grand que le monde, étoit encore dans ces régions si éloignées. L'esprit l'appeloit à la Chine ; et l'Évangile , qu'il devoit à ce vaste empire, étoit comme un feu dévorant au milieu de ses entrailles, qu'il ne pouvoit plus retenir.

» Allez donc, saint vieillard, traversez encore une fois l'Océan étonné et soumis ; allez au nom de Dieu. Vous verrez la terre promise; il vous sera donné d'y entrer, parce que vous avez espéré contre l'espérance même. La tempête qui devoit causer le naufrage vous jetera sur le rivage désiré. Pendant

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