‹ Choix des lettres edifiantes ecrites des missions etrangeresChapitre 12 sur 70 · XIV DISCOURS · texte numérisé non relu

XIV DISCOURS

ils traversent des fleuves rapides, s'embarquent sur des mers orageuses, tantôt sur une frêle barque, se mettant à la merci d'un pilote inconnu, tantôt poussés par les vents contraires , entraînés par le courant, exposés au risque de voir la mer ouvrir ses abîmes, ou au danger de se briser sur le rivage.

Ils ont encore à lutter souvent contre la rigueur des saisons et les besoins de la vie, ne sachant, comme le Fils de l'homme, où reposer leur tête; «ils vivent avec l'Eskimau dans son outre de peau de vache-marine; ils se nourrissent d'huile de baleine avec le Groënlandais ; avec le Tartare ou l'Iroquois, ils parcourent la solitude; le Chinois, le Japonais, l'Indien, sont devenus leurs néophytes; il n'est point d'île ou d'écueil dans l'Océan qui ait pu échapper à leur zèle; et comme autrefois les royaumes manquoient à l'ambition d'Alexandre, la terre manque à leur charité. » {Génie du Christianisme.)

Plus d'un éloquent panégyriste a célébré les travaux des missionnaires; mais s'il appartenoit plus particulièrement à un ministre des autels de nous faire sentir tout ce qu'ils ont eu de sublime et de touchant, c'est sans doute à ce Fénélon dont l'âme et le génie semblent formés pour ce ministère évangélique, qu'il avoit exercé lui-même dans la Saintonge et l'Aunis, où il avoit paru comme un ange de paix , mettant ainsi en pratique cette maxime enseignée par lui à son royal élève : Que l'œuvre de Dieu sur les cœurs ne se fait point par violence.

Qui ne pleureroit avec lui sur la tombe du missionnaire qu'il nous peint succombant aux travaux de l'apostolat ?

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