DE CETTE TROISIÈME ÉDITION
« L'arc et la flèche échappoient à la main du sauvage ; l'avant-goût des vertus sociales et les premières douceurs de l'humanité entroient dans son âme confuse; il voyoit sa femme et son enfant pleurer d'une joie inconnue; bientôt subjugué par un attrait irrésistible, il tomboit au pied de la croix, et mêlait des torrens de larmes aux eaux régénératrices qui couloient sur sa tête. »
Quels sont donc les bienfaiteurs du genre humain, les envoyés du ciel qui apportent au sauvage ce bonheur ineffable que le génie seul a pu nous peindre avec tant de charmes ? L'éloquent panégyriste du christianisme nous l'apprend : ce sont les missionnaires, quittant les délices de la patrie pour aller, au prix de leur sang, révéler à un barbare qu'ils n'avoient jamais vu... — quoi? rien, selon le monde, presque rien : l'existence de Dieu et T immortalité de l'âme.
Portés par un enthousiasme divin au devant des peuples plongés dans l'ignorance , l'erreur et l'idolâtrie , ils se présentent comme successeurs des apôtres. C'est à l'établissement du christianisme que l'Église fait remonter l'origine de leur mission.