LE COMTE, D. DIEGUE
LE COMTE
Enfin vous l'emportez, et la faveur du roi Vous élève en un rang qui n*étoit dû qu'à moi ;
11 vous fait gouverneur du prince de Castille.
D. DIEGUE
Cette marque. d'honneur qu'il met dans ma famille Montre à tous qu'il est juste, et £ait connoitre assez Clu'il sait récompenser les services passés.
LE COMTE
Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous - sommes,
Ils peuvent se tromper conmie les autres hommes ; Et ce choix sert de preuve à tous les courtisans Qu'ils savent mal payer les services présents.
p. DIEGUE.
Ne parlons plus d'un choix dont votre esprit s'irrite, La fiiveur l'a pu faire autant que le mérite ; Mais on doit ce respect au pouvoir absolu.
De n'examiner rien quand .un roi l'a voulu.
A l'honneur qu'il m'a fait ^joutez-en un autre ; Joignons d'un sacré nœud ma maison à la vôtre : Rodrigue aime Chimène, et ce digne sujet De ses affections est le plus cher ol^jet; Consentez-y, monsieur, et l'acceptez pour gendre.