ACTE IV, SCENE
Chacun te suit d'un pas ou plus ou moins pressé.
Selon qu'il se rencontre ou plus ou moins blessé;
liCur ardeur est égale à poursuivre sa fuite,
Mais leurs coups inégaux séparent leur poursuite.
Horace, les voytfnt l'un de l'autre écartés.
Se retourne, et déjà les croit demi domtés;
Il attend le premier, et c'étoit votie gendre.
L'autre, tout indigné qu'il ait osé l'attendre,
En vain en l'attaquant £ût paroître un grand cœur,
Le sang qu'il a perdu ralentit sa vigueur.
Âlbe à son tour commence à craindre un sort contraire ;
Elle crie au second qu'il secoure son frère ;
n se hâte, et s'épuise en efiforts superflus,
n trouve en le joignant que son fr^re n'est plus.
CAMILLE
HéUsJ
VALE&E
Tout hors d'haleine il prend pourtant sa place. Et redouble bientôt la victoire d'Horace :
Son courage sans force est un débile appui; Voulant venger son frère, il tombe auprès de lui. L'air résonne des cris qu'au ciel chacun envoie ; /Ube en jette d'angoisse, et les Romains de joie. Comme notre héros se voit près d'achever.
C'est peu pour lui de vaincre, il veut encor braver: 'J'en viens d'immoler deux aux mânes de mes frèiss, Rome aura le dernier de mes trois adversaires ; D'est à ses intérêts que je vais l'immoler," Oit-il, et tout d'un temps on le voit y voler. La victoire entre çux deux u'étoit pas incertaine ;
L*Albain, percé de coups, ne se traînoit qu*à peine. Et, comme une victime aux marches de Pautel, Il sembloit présenter sa gorge au coup mortel: Aussi le reçoit-il, peu s'en faut, sans défense ; Et son trépas de Rome établit la puissance.
LE YIEIL HOEACE.
O mon fils! ô ma joie ! ô Phonneur de nos jours! O d'un état penchant l'inespéré secours !
Vertu digne de Rome, et sang digne d'Horace ! Appui de ton pays, et gloire de ta race !
Quand pourrai-je étouffer dans tes embrassements L'erreur dont j'ai formé de si faux sentiments? Quand pourra mon amour baigner, avec tendresse, Ton front victorieux de larmes d'allégresse ?
VALERB.
Vos caresses bientôt pourront se déployer :
Le roi dans un moment vous le va renvoyer.
Et remet à demain la pompe qu'il prépare D'un sacrifice aux dieux pour un bonheur si rare. Aujourd'hui seulement on s'acquitte vers eux Par des chants de victoire et par de simples vœux ; C'est où le roi le mène ; et tandis il m'envoie Faire office vers vous de douleur et de joie. Mais cet office encor n'est pas assez pour lui ; Il y viendra lui-même, et peut-être aujourd'hui ; Il croit mal reconnoitre une vertu si pure Si de sa propre bouche il ne vous en assure.
S'il ne vous dit chez vous combien vous doit l'état
LE VIEIL HORACE
De tels remerciments ont pour moi trop d'éclat ;