ACTE V, SC£N£ lU. Iô
Maû en sacrifier la plus chère moitié.
Les nœuds de Phyménée et son amour extrême
Font qu'il vit plus en moi qu'il ne vit en lui-même ;
Et si voua m'acoordez de mourir aujourd'hui,
U mourra plus en moi, qu'il ne mourroit ei> lui.
La mort que je demande, et qu'il fiiut que j'obtienne,
Augmentera sa peine et finira la mienne.
Sire, rojcx l'excès de mes tristes ennuis, ■
Et l'elEftrfable état où mes jours sont réduits.
Quelle lioiTeiir d'embrasser un homme dont l'épéc
De toute ma fiunille a la trame coupée !
Et queHe impiété de haïr un époux
Pour avoir bien servi les siens, Tétat, et vous !
Aimer un bras souillé du sang de tous mes frères !
N'aimer pas un mari qui finit nos misères !
Sire, délivrez-moi, par un heureux trépas.
Des crimes de l'aimer, et de ne l'aimer pas :
J'en nommerai l'arrêt une fiiveur bien grande.
Ma main peut me donner ce que je vous demande ;
Mais ce trépas enfin me sera bien plus doux
Si je puis de sa honte aflranchir mon époux ;
Si je puis par mon sang appaiser la colère
Des dieux qu*a pu fâcher sa vertu trop sévère,
Satbfaire en mourant aux mânes de sa sœur.
Et conserver à Rome un si bon défenseur.
LE VIEIL HORACE
Sire, c'est donc à moi de répondre à Valèrc.
Mes enfonts avec lui conspirent contre un père : Tous trois veulent me perdre, et s*arment sans raison Contre si peu de sang qui reste en ma maison. (àSalrine.) p2
Toi, qui, par des douleurs à ton devoir eontrsûre Veux quitter un mari pour rejoindre tes frères, Va plutôt consulter leurs mânes généreux ; Ils sont morts, mais pour Albe, et s'en tiennent hev Puisque le ciel vouloit qu'elle fut asservie. Si quelque sentiment demeure après la vie, Ce malheur semble moindre, et moins rudes ses < Voyant que tout Phonneur en retombe sur nous i Tous trois désavoueront la douleur qui te touche Les laimes de tes yeux, les soupirs de ta bouche^ L'horreur que tu fais voir d'un mari vertueux. Sabine, sois leur sœur, suis ton devoir comme ev
(au r&i.) Contre ce cher époux Val ère en vain s'anime : Un premier mouvement ne fut jamais un crime j Et la louange est due au lieu du châtiment Quand la vertu produit ce premier mouvement.
Aimer nos ennemis avec idolâtrie.
De rage en leur trépas maudire la patrie, Souhaiter à Tétat un malheur infini.
C'est ce qu'on nomme crime, et ce qu'il a puni. Le seul amour de Rome a sa main animée ; Il seroit innocent s'il l'avoit moins aimée.
Qu'aî-je dit, sire ? il Test, et ce bras paternel L*auroit déjà puni, s'il étoit criminel , J'aurois su mieux user de l'entière puissance Que me donnent sur lui les droits de la naissanc J'aime trop l'honneur sire, et ne suis point de ra A souffrir ni d'affront ni de crime en mon sang. C'est dont je ne veux point de témoin que Valèrt