‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 136 sur 252 · ACTE I, SCENE III. Il · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III. Il

Ne permit d*espérer une û belle issue ; Jamais de telle ardeur ou n'en jura la mort; Et jamais conjui^s ne forent mieux d'aocord.

Tous s*7 Montrent portés avec tant d'allégresse Qu'ils semblent, comme moi, servir une maîtresse; Et tous font éclater un si puissant courroux Qu'ils semblent tous venger un père, comme vous.

EMILIE

Je Pavois bien prévu que pour un tel ouvrage Cinna sanroit dioisir des hommes, de courage, Et ne remettroit pas en de mauvaises mains L'intérêt d'Emilie et celui des Romains.

"cinna.

Plût aux dieux que vous-même eussiez vu de quel zèle Cette troupe entreprend une action si belle ! Au seul nom de César, d'Auguste, -et d'empereur, Vous eussiez vu leurs yeux s'enflammer de fureur. Et dans un même instant, par un effet contraire. Leur front pftHr d'horreur, et rougir, de colère. ** Amis, leur ai- je dit, voici le jour heureux '* Qui doit conclure enfin nos desseins, généreux: *' Le ciel entre nos mains a mis le sort de Rome, *' Et son salut dépend de la perte d'un homme, " Si l'on doit le nom d'homme à qui n'a rien d'humain " A ee tigre altéré de tout le sang Romain :

'^ Combien pour le répandre a-t-il formé de brigues! ** Combien de fois changé de paitis et de ligues, *' Tantôt ami d'Antoine, et tantôt ennemi, ^ Et jamais insolent ni cruel à demi !" Là, par un long récit de toutes les misères

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Que durant notre enfiuice ont enduré wm pères. Renouvelant leur haine avec leur soavenir.

Je redouble en leurs cœurs Pardeor de le punir. Je leur fiûs des tableaux de c^ tristes hntaillm Où Rome par ses mains déchiroit ses entrailles ; Où l'aigle abattoit l'aigle^ et de chaque côté Nos légions s^armoient contre leur liboté; Où les meilleurs soldats et les chefs les plus braves Mettoient toute leur gloire à devenir esclaves ; Où, pour mieux assurer la honte de leurs fers. Tous vouloient à leur chaîne attacher Funivers i Et Texécrable honneur de lui donner un maître Faisant aimer à tous l'infâme nom de traître ; Romains contre Romains, parents contre parents, Combattoient seulement pour le choix des ^nms. J'ajoute à ces tableaux la peinture efQpoyable De leur concorde impie, afi^use, inexorable.

Funeste aux gens de bien, aux riches, au sénat. Et, pour tout dire enfin, de leur triumvirat Mais je ne trouve point de douleurs assez noires Pour en représenter les tragiques histoires : Je les peins dans le meurtre à Tenvi triomphants, Rome entière noyée au sang de ses enfants ; Les uns assassinés dans les places publiqHes, . Les autres dans le sein de leurs dieux domestiques ; Le méchant par le prix au crime encouragé, Le mari par sa femme en son lit égorgé ; Le fils tout dégouttant du meurtre de son père, Et sa tête à la main demandant son salaire ; Sans pouvoir exprimer par tant d'horribles traits

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