‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 137 sur 252 · ACTE I, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III

Qu'un crayon imporfiât de leur sanglante paix.

Vous dizai-je les ncmis de ces giands personnages

Dont j'ai dépeint les morts pour aigrir les courages,

De ces fiuneux proscrits, ces demi-dieux mortels,

Q^'on a saeriâés jusque sur les autels ?

Mais pourroÎB-je tous dire à quelle impatience,

A quels firèmissements, à quelle violence,

Ces indignes trépas, quoique mal figurés.

Ont porté les esprits de tous nos conjurés ?

Je n'ai point perdu temps ; et voyant leur colère

Au point de ne rien craindre, en état de tout Êdre,

J'ajoute en peu de mots : *' Toutes ces cruautés,

" La perte de nos biens et de nos libertés,

'' Le ravage des champs, le pillage des villes,

" Et les proscriptions, et les guerres civiles,

*' Sont les degrés 4sanglants dont Auguste a &it choix

" Pouf monter sur le trône et nous donner des lois.

" Mais nous pouvons changer un destin si funeste,

'* Puisque de trois tyrans c'est le seul qui nous reste ;

*' Et que juste une fois il s'est privé d'appui,

*' Perdant, pour régner seul, deux méchants comme lui.

" Lui mort, nous n'avons point de vengeur, ni de maitre ;

** Avec la liberté Rome s'en va rensûtre ;

'' Et nous mériterons le nom de vrais Romains

*' Si le joug qui l'accable est brisé par nos mains.

" Prenons l'occasion tandis qu'elle est propice :

« Demain.au capitole il fait un sacrifice ;

" Qu'il en soit la victime ; et faisons en ces lieux

** Justice à tout le monde à la face des dieux.

" Là presque pour sa suite il n'a que notre troupe ;

TOM. II. c

14 CINNA-

" C'est de ma main qu'il prend et l'eDcens et ]x coupe:

" Et je veux pour signal que cette ménie main

" Lui donne au lieu d'eacenid'nnpoignajd duule aein.

" Ainsi d'un coup mortel la victime fiappée

" Fera, voir si je suis du aouft du gnnd Pompée ;

" Fajtcs voir ii{)rès moi El vous vous souveneK

" Des illustres aieun de qui vou* iK» nés."

A peiue ai-jc achevé que chacun rencnivetle,

Par un noble serment, le vœu d'être fldfele:

L'occasion leur plaît ; luais chacun veut pour soi

L'boDnenr du premier coup, que j'ai cboin pour moi.

La raisoD régie enfin l'aideui qui les empotte :

Maxime et la moitié s'assurent de la porte.

L'autre moitié me suit, et doit l'ei

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