‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 154 sur 252 · ACTE m, SCENE II. d · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE II. d

£t n*eût jamais souffert qu'un intérêt léger

De vengeance ou d*amour Teût remise en danger.

N'écoutez plus la voix 'd'un tyran qui vous aime,

Et vous veut Étire part de son pouvoir suprême;

Biais entendez crier Rome à votre c6té:

** Rends-moi, rend^moi, Cinna, ce que tu m'as ôté ;

'' Et si tu m'as tantôt préféré ta maltresse,

*' Ne me préfère pas le tyran qui m'<^pre8se."

CINNA

Ami, n'accable plus un esprit malheureux Qui ne forme qu'en lâche un dessein généreux. Envers nos citoyens je sais quelle est ma &ute. Et leur rendrai bientôt tout ce que je leur ôte : Biais pardonne aux abois d'une vieille amitié Qui ne peut expirer sans me faire pitié ; Et laisse-moi, de grâce, attendant Emilie, Donner un libre cours à ma mélancolie.

Blon chagrin tHmportune, et le trouble oh je suis Vent de la solitude à cahner tant d'ennuis.

MAXIME

Vous voulez rendre compte à Fobjet qui vous blesse De la bonté d'Octave et de votre foiblcsse:

L'entretien des amants veut un entier secret ; Adieu : je me retire en confident discret

40 CINNA

Page 1