‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 183 sur 252 · ACTE V, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE III

J'ose avec vanké me donner cet éclat, Puisqu'il change mon cœur, qu'il veut changer l'état. Ma haine va mourir, que j'ai crue immortelle ; Elle est morte ; et ce cœur devient sujet fidèle ; Et proMUit désormais cette haine en horreur, L'aitleor de vous servir succède à sa lîireur.

CINNA

Seigneur, qUe vous dirai-je après que nos offenses Au lieu de <^timents trouvent des récompenses ? vertu sans exemple! ô clémence, qui rend Votre pouvoir plus juste, et mon crime plus grand !

AUOtJSTE.

Cesse d'en retarder un oubli magnanime ; Et tous deux avec moi faites grâpe à Maxime:

Il nous a trahis tous; mais ce qu'il a commis Vous conserve innocents, et me rend mes amis. (à Maxime.) Reprends auprès de moi ta pktce accoutumée ; Rentre dans ton crédit et dans ta renommée.

Qu'Euphorbe de tous trois ait sa grâce à son tour ; Et que demain l'hymen couronne leur amour...

Si tu l'aimes enoor, ce sera ton supplice.

MAXIME

Je n'en murmure point, il a trop de justice; Et je suis plus confus, seigneur, de vos bontés, Que je ne suis jaloux du bien que vous m'ôtea. ^

CINNA

Soufifrez que ma vertu dans mon cœur rappelée Vous consacre une foi lâchement violée,

78 CINNA

Mais si ferme à présent, à loin de chancdcr.

Que la chute du eiel ne ponmit rébraBler.

Puisse le grand moteur des belles dertinèes Pour prolonger vos jours retranclier nos années ; Et moi, par un bonheur dont chacun soit jaloBi, Perdre pour vous cent fois ce que je tiens de tov!

LiriE.

Ce n*est pas tout, seigneur; une céleste flamme D'un rayon prophétique illunûne mon âme:

Oyez ce que les dieux vous font savoir par moi ; De votre heureux destin c'est l'immuable loi.

Après cette action vous n'avez rien à craindre; On portera le joug désormais sans se plaindre ; Et les plus indomtés, renversant leurs projets, Mettront toute leur gloire à mourir vos sujets. Aucun lâche dessein, aucune ingrate envie N'attaquera le cours d'une si belle vie ; Jamais plus d'assassins, ni de conspirateurs : Vous avez trouvé l'art d*être maître des cœurs. Rome avec une joie et sensible et profonde Se déaiet en vos mains de l'empire du monde : Vos royales vertus lui vont trop enseigner Que son bonheur consiste à vous faire régner. D'une si longue erreur pleinement afiranchie. Elle n'a plus de vœux que pour la monarchie.

Vous prépare déjà des temples, des autels, Et le ciel une place entre les immortels ; Et la postérité, dans toutes les provinces.

Donnera votre exemple aux plus généreux princes.

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