ACTE V, SC£N£ III. 7ô
Après que du péril tu m'as su garantir:
C'est à toi que je dois et le jour et l'empire.
MAXIMS.
De tous vos ennemis connoisaez mieux le pire:
Si vous régnes encor, seigneur, si vous vivez.
C'est ma jalouse rage à qui vous le devez.
Un vertueux remords n'a point touché mon âme: •.
Pour perdre mon rival j'ai découvert sa trame j
Euphorbe vous a feint que je m'étois noyé,
De crainte qu'iqprès moi vous n'eussiez envoyé.
Je vouIms avoir lieu d'abuser Emilie,
Effirayer son esprit, la tirer cl Italie ;
Et pensMs la résoudre à oet enlèvement
Sous l'espoir du retour pour venger son amant.
Mais, au lieu de goûter ces grossières amorces.
Sa vertu combattue a redoublé ses forces :
Elle a lu dans mon cœur. Vous savez le surplus,
Et je vous en ferois des récits superflus ;
Vous voyez le succès de mon lâche artifice.
Si pourtant quelque grâce est due à mon indice,
A vos bontés, seigneur, j'en demanderai deux,
Le supplice d'Euphorbe, et ma mort à leurs yeux.
J'ai trahi mon ami, ma maîtresse, mon maître,
Ma gloire, mon pays, par Pavis de ce traître ',
Et croirai toutefois mon bonheur infini.
Si je puis m'en punir après l'avoir puni. JB
AUGUSTE
En est-ce assez, ô ciel ! et le sort pour me nuire A-t-il quelqu'un des miens qu'il veuille encor séduh*e ?
7« CIXNA.
Qu'il joiene à «r« effbitc le secomrs des enfeis. Je sois aHÛtre de moi catame de l^mivcn ; Je leiinsyje vevxl'étic. Oàèdes! ômémoife!
Conserfcz à jftBus ma dernière victoire: ■ Je triomphe anjonrd'hoi do pli» juste coorrouz De qui le soareDir pvime aller jvsqv'à tous.
Soyons amis, Cinna , c'est min qui t*cn convie : Comme à mim ennemi je t'ai donné la vie ; Et, malgré la foreur de ton lâche dessein.
Je te la donne encor comme à mon awiwrin Comniençons on combat qni montre par l'issue Qui l'aura mieux de nous ou donnée, on reçue. Tu trahis mes bien&its, je les veuc redonhlcr ; Je t'en avois oomblc^ je t'en veux accabler:
Arec cette bcantè qne je t'avois donnée, Reçois le consulat pour la prochaine année.
Aime Cinna, ma fille, en cet illustre rang, Préfère-s-en la pourpre à celle de mon sang; Apprends sur mon exemple à vaincre ta colère : Te rendant un époux, je te rends plus qu'un père.
EHILŒ..
Et je me rends, seigneur, à ces hantes bontés ; Je recouvre la vue auprès de leurs clartés :
Je connois mon forfait, qui me sembloit justice ; Et, ce que n'avoit pu la terreur du supplice, IMtos naître en mon âme un repentir puissant i Et mon cœur en secret me dit qu'il y consent.
Le ciel a résolu votre grandeur suprême ; F.t pour preuve, seigneur, je n'en veux que moi-même: