SCENE I
PAULINE
Que (le soucis flottants, que de confus nuages, Présentent à mes yeux d'inconstantes images!
Douce tranquillité que je n'ose espérer, Que ton divin rayon tarde à les éclairer !
Mille agitations que mes troubles produisent Dans mon cœur ébranlé tour-à-toVir se détruisent; Aucun espoir n'y coule où j*ose persister ; Aucun eflroi n*y règne où j*ose m'arrêter.
Mon espiit, embrassant tout ce qu'il s'imagine. Voit tantôt mon bonheur, et tantôt ma ruine.
Et suit leur vaine idée avec si peu d'effet, Qu'il ne peut espérer ni craindre tout-à-fait Sévère incessamment brouille ma Êmtaisie ; ' J'espère en sa vertu, je crains sa jalousie; Et je n'ose penser que d'un œil bien égal Polyeucte en ces lieux puisse vpir son rival. Comme entre deux rivaux la haine est naturelle, L'entrevue aisément se termine en querelle :
L'un voit aux maius d'autrui ce qu'il croit mériter, L'autre un désespéré qui peut tout attenter.