ACTE III, SCENE I
Quelque haute raison qui règle leur courage,
L'un conçoit de Tenvie, et Tautre de l'ombrage ;
La honte d'un afiîront que chacun d'eux croit voir
Ou de nouveau reçue, ou prête à recevoir,
Consumant dès l'abord toute leur patience,
Forme de la colère et de la défiance.
Et, saisissant ensemble et l'époux et l'amant,
En dépit d'eux les livre à leur ressentiment
Mais que je me figure une étrange chimère !
Et que je traite mal Polyeucte et Sévère,
Comme si la vertu de ces fameux rivaux
Ne pouvoit s'affiranchir de ces communs défauts !
Leurs âmes à tous deux d'elles-mêmes maîtresses
Sont d'un ordre trop haut pour de telles bassesses ;
Ils se verront au temple en hommes généreux.
Mais, las! ils se verront, et c'est beaucoup pour eux:
Que sert à mon époux d'être dans Mélitène,
Si contre lui Sévère arme l'aigle romaine.
Si mon père y commande, et craint ce favori.
Et se repent déjà du choix de mon mari ?
Si peu que j'ai d'espoir ne luit qu'avec contrainte ;
En naissant il avorte, et fait place à la crainte ;
Ce qui doit l'affermir sert à le dissiper.
Dieux, fiaiites que ma peur puisse enfin se tromper!
Mais sachons-en l'issue.
Idl) Pi>LYELXTE.