ACTE III, SCENE
PAULINE
II est mort ?
STRATONICE
Non, il vit ; mais, ô pleurs superflus !
Ce courage si grand, cette âme si divine, N'est plus digne du jour, ni digne de Pauline. Ce n'est plus cet époux si charmant à vos yeux; Cest l'ennemi commun de l'état et des dieux.
Un méchant, un infâme, un rebelle, un perfide. Un traître, un scélérat, un lâche, un parricide, Une peste exécrable à tous les gens de bien.
Un sacrilège impie, en un mot un chrétien.
PAULINE
Ce mot auroit suffi sans ce torrent d'injures.
STRATONICE
Ces titres aux chrétiens sont-ce des impostures ?
PAULINE
n est ce que tu dis, s*il embrasse leur foi ; Mais il est mon époux, et tu parles à moi.
STRATONICE
Ne considérez plus que le dieu qu'il adore.
PAULINE
Je l'aimai par devoir; ce devoir dure encore.
STRATONICE
Il vous donne à présent sujet de le haïr.
Qui trahit tous nos dieux auroit pu vous trahir :
PAULINE
Je l'aimerois encor, quand il m'auroit trahie. Et si de tant d'amour tu peux être ébahie, Apprend» que mon devoir ne dépend point du sien.