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133 POLYEUCTE
QuMl y manque, s'il veut ; je dois £ûre le mien. Quoi ! s'il .'-.imoit ailleurs, serois-je dispensée A suivre, à son exemple, une ardeur insensée ? Quelque chrétien qu'il soit, je n'en ai point d'horreur j Je chéris sa personne, et je hais son erreur. Mais quel ressentiment en témoigne mon père }
STRATONICE
Une secrète rage, un excès de colère, Malgré qui toutefois un reste d'amitié Montre pour Polyeucte encor quelque pitié.
Il ne veut point sur lui faire agir sa justice. Que du traître Néarque il n'ait vu le supplice.
PAULINE
Quoi! Néarque en est donc?
STRATONICE
Néarque l'a séduit:
De leur vieille amitié c'est là l'indigne fruit. Ce perfide tantôt, en dépit de lui-même.
L'arrachant de vos bras le traînoit au baptême. Voilà ce grand secret et si mystérieux Que n'en pouvoit tirer votre amour curieux.
Tu me blâmois alors d'être trop importune.
STRATONICE
Je ne prèvoyois pas une telle infortune.
PAULINE
Avant qu'abandonner mon âme à mes douleurs, Il me faut essayer la force de mes pleurs ; En qualité de femme, ou de fille, j'espère Qu'ils vaincront un époux, ou fléchiront un père.