‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 228 sur 252 · POLYEUCTE, PAULINE, GARDES · texte numérisé non relu

POLYEUCTE, PAULINE, GARDES

POLYEUCTE

Madame, quel dessein vous fait me demander ?

Est-ce pour me combattre, ou pour me seconder ?

14() POLYEUCTE

Cet effort généreux cle votre amour parfiûte Vient-il à mon secours, vient-il à ma défaite ? Apportez-vous ici la haine, ou Pamitié, Comme mon ennemie, ou ma chère moitié ?

PAULINB.

Vous n'avez point ici d'ennemi que vous-même ; Seul vous vous haïssez lorsque chacun vous aime; Seul vous exécutez tout ce que j*ai rêvé :

Ne veuillez pas vous perdre, et vous êtes sauvé. A quelque extrémité que votre crime passe.

Vous êtes innocent si vous vdus fiûtes grâce. Daignez considérer le sang doiït vous sortez, Vos grandes actions, vos rares qualités ; Chéri de tout le peuple, estimé chez le prince. Gendre du gouverneur de toute la province.

Je ne vous compte à rien le nom de mon époux : C'est un bonheur pour moi, qui n'est pas grand pour

vous ; Mais après vos exploits, après votre naissance. Après votre pouvoir, voyez notre espérance j Et n'abandonnez pas à la main d'un bourreau Ce qu'à nos justes vœux promet un sort si beau.

POLYEUCTE

Je considère plus ; je sais mes avantages.

Et l'espoir que sur eux forment les grands courages. Ils n'aspirent enfin qu'à des biens passagers ; Que troublent les soucis, que suivent les dangers ; La mort nous les ravit, la fortune s'en joue j Aujourd'hui dans le trône, et demain dans la boue; Et leur plus haut éclat fait tant de mécontents,

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