‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 237 sur 252 · ACTE V, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE I

Lui-même assurément se perdroit avec nous.

Je veux tenter pourtant encor une outre voie.

(à CUm,) Amenez Polyeucte; et si je le renvoie, S'il demeure insensible à ce dernier effort, Au sortir de ce lieu qu'on lui donne la mort.

ALBIN

Votre ordre est rigoureux.

FELIX

Il faut que je le suive, Si je veux empêcher qu'un désordre n'arrive.

Je vois le peuple ému pour prendre son parti; Et toi-même tantôt tu m'en as averti :

Dans ce zèle pour lui qu'il fait déjà paroitre. Je ne sais si long-temps j'en pourrois être maitre. Peut-être dès demain, dès la nuit, dès ce soir, J'en verrois des effets que je ne veux pas voir j Et Sévère aussitôt courant à sa vengeance, M'iroit calomnier de quelque intelligence.

Il faut rompre ce coup qui me seroit fatal.

ALBIN

Que tant de prévoyance est un étrange mal!

Tout vous nuit, tout vous perd, tout vous fait de l'om-

bmge:

Mais voyez que sa mort mettra ce peuple en rage, due c'est mal le guérir que le désespérer.

FELIX

En vain après sa mort il voudra n^urmurer;

Et, s'il ose venir à quelque violence,

C'est à faire à céder deux jours à l'insolence:

Iâ6 POLYEUCTE

J^anni fiût mon deroir, qnoiqii*!! paisse arriver. Mais Polyencte Tient; tâchoos à le saiiTer.

SoldaU, rctirez-voes, et gardez bien la porte.

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