FIN
NOTES
CINNA
CoRNBiLLB a tiré le sujet de cette tragédie d'on récit de Sénèque qni se trouve dans son Ttaité de la Clémence, Qaoiqa*oo reconnaisse dans ce morceau toutes les idées principales» et souvent même les expresuoos de Corneille, on ne peut qu'admirer le talent du poète qui a su revêtir de tous les charmes de la pins belle poésie un simple récit historique.
Le premier acte présente une conspiration contre Auguste» formée parCiNNA, petit-fils du grand Pompée; par Maxime, ami de Cinna; et par Emilie, fille deToranius, qui était le tuteur d*Octave, et qui fut proscrit par son pupille.
L'effroyant tableau que trace Cinna, dans la troisième scène du premier acte, des proscriptions sanglantes et des autres cru* autès d'Octave, met diyis son parti les spectateurs qni ne voient dans son entreprise contre ce dernier qu'une vengeance l^itime. L'ouverture du second acte nous fait voir Auguste eptre les deux chefs de la conspiration, s'en rapportant entièrement à leur avis sur le parti qu'il prendra de déposer ou de garder la souveraine puissance. Cette idée est grande et dramatique; mais malheureusement cette scène offre un grand défaut. Cinna, qui d'abord avait inspiré tant d'intérêt le perd dès-lors en conseillant en suppliant Auguste de garder l'empire, et cela afin qu'il ait une itdson pour l'assassiner ensuite, tandis qn»- Maxime, dont le spectateur ne se soucie guère et qu'il doit ensuite mépriser, en agit avec franchise. Parce moyen, non-seulement Cinna perd l'intérêt qu'il avait inspiré, mais cet intérêt retombe sur Auguste, qui Paugmente encore par les témoignages d'amitié dont il comble les conspirateurs. Cette inconvenance rebute d'autant plus qu'il eût été facile de l'éviter ; car M axi me, que le poète représente comme un vil scélérat, aurait pu tenir les discours de CiNNN, dont la bassesse ne peut être excusée, ni par la haine qne lui avaient inspiré les cruautés d'AuousTB, ni par l'amour qu'il ressent pour Emilie.
Le troisième acte offre bien des fiiutes aussi graves et qui ne sont pas rachetées par des beautés semblables a celles du second acte. Maxime qui vient de gagner l'estime des spectateurs la perd tout-à-coup en découvrant la bassesse de son caractère.