‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 47 sur 252 · ACTE IV, SCENE U · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE U

Ce n'est pas qu'i^près tout tu doives épouser Celui qu'un père mort t'obligeoit d'accuser; Je te voudrois moi-même en arracher l'envie : Ote-lni ton amour, mais laisse-nous sa vie.

CHIMSNE.

Ah! ce n'est pas à moi d'avoir tant de bonté ; Le devoir qui m'aigrit n'a rien de limité.

Quoique pour ce vainqueur mon âme s'intéresse, Quoiqu'un peuple l'adore, et qu'un roi le caresse, Qu'il soit environné des plus vaillants guerriers. J'irai sous mes cyprès accabler ses lauriers.

l'ikfante.

C'est générosité, quand, pour venger un père, Notre devoir attaque une tête si chère :

Mais c'en est une encor d'un plus illustre rang, Quand on donne au public les intérêts du sang. Non, crois-moi, c'est assez que d'éteindre ta flamme ; Il sera trop puni s'il n'est plus dans ton âme. Que le bien du pays t'impose cette loi:

Aussi-bien, que crois-tu que t'accorde le roi ?

CHIMENB.

n peut me refuser, mais je ne puis me taire.

l'infante.

Pense bien, ma Chimène, à ce que tu veux £ûre. Adieu. Tu pourras seule y songer à loisir.

CBfTMENE.

Après mon père mort, je n'ai point à choisir.

Page 1