ACTE IV, SCENE UI
De mériter si peu Phanneur que j'en reçoL Je sais trop que je àoia au bien de votre empire, Et le sang qui m'anim^ et l'air que je respire ; Et quand je les perdrai pour un si digne olrjet. Je ferai seulement le devoir d'un sujet
D. FEBNAND.
Tous ceux que ce devoir à mon service engage Ne s'en acquittent pas avec même courage ; Et lorsque la valeur né va p(»nt dans l'excès, Elle ne produit point de si rares succès.
Souffire donc qu'on te loue ; et de cette vietoire Apprends-moi plus au long la véritable histoire.
D. RODRIGUE
Sire, vous avez su qu'en ce danger pressant Qui jeta dans la ville un effiK>i si puissant Une troupe d'amis chez mon père assemblée Sollicita mon âme encor toute troublée . . .
Mais, sire, pardonnez à ma témérité. Si j'osai l'employer sans votre autorité ; Le péril approchoit; leur brigade étoit prête ; Me montrant à la cour je hasardois ma tête ; Et s'il falloit la perdre, il m'étoit bien plus doux De sortir de la vie en combattant pour vous.
D. FERNAND
J'excuse ta chaleur à venger ton offense.
Et l'état défendu me parle en ta défense.
Crois que dorénavant Chimène a beau parler, Je ne l'écoute plus que pour la consoler.
Mais poursuis.
D. RODRIGUE
Soas inoi donc cette troupe s'afanee, Et porte snr le front une mâle assorance.
Nous partîmes cinq cents, mais, par un prompt renlbrt Nous nons vîmes trois mille en arrivant an port^ Tant à nous voir marcher en si bon équipage Les plus épouvantés roprenoient de courage!
J'en cache les deux tiers aussitôt qu*arrivé8 Dans le fond des vaisseaux qui lors furent trovrés ; Le reste, dont le nombre augmentoit à toute heure^ Brûlant d'impatience, autodr de moi demeure, Se couche contre terre, et, sans faire aucun bruit^ Passe une bonne part d'une si belle nuit Par mon commandement la garde en fiiit de même, Et se tenant cachée aide à mon stratagème ; Et je feins hardiment d'avoir reçu de vous L'ordre qu'on me voit suivre et que je donne à tous.
Cette obscure clarté qui tombe des étoiles Enfin avec le flux nous. fait voir trente voiles; L'onde s'enfle dessous, et d'un commun eSbit, Les Maures et la mer montent jusques au port. On les laisse passer ; tout. leur paroît tranquille ; Point de soldats au port, point aux murs de la ville. Notre profond silence abusant leurs esprits.
Ils n'osent plus douter de nous avoir surpris ; Ils abordent sans peur, ils ancrent, ils descendent, Et courent se livrer aux mains qui les attendent Nous nous levons alors, et tous en même temps Poussons jusques au ciel xuille cris éclatants; Les nôtres à ees cris de nos vaisseaux répondent ;