‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 50 sur 252 · ACTE IV, SCENE III. 6d · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE III. 6d

Ils paroissent, aimés. Les Maures se confondent, L'épouv^te les prend à demi descendus ; Avant que de combattre ils s'estiment perdus. Us oouroient au pilla^^ et rencontrent la guerre ; Nous les pressons sur Peau, nous les pressons sur terre, Et nous ftisoiis courir des ruisseaux de leur sang^ Avant qu'aucun résiste, ov reprenne son rang. Mais bientôt, malgré nous, leurs princes les rallient, Leur courage renaît, et leurs terreurs s'oublient ; La honte.de mourir aans avoir combattu Arrête leur désordre, et leur rend la vertu.

Contre nous de pied ferme ils tirent leurs épées : Des plus braves s<^dats les trames sont coupées ; Et la terve, et le fleuve, et leur flotte, et le port, Sont des champs de carnage où triomphe la mort.

O combien d'actions, combien d'exploits célèbres Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres. Ou chacun, seul témoin des grands coups qu'il donnoit. Le pouvoit discerner où le sort inclinoit!

J'allois de tous côtés encourager les nôtres. Faire avancer les uns, et soutenir les autres. Ranger ceux qui venoient, les pousser à leur tour ; Et ne l'ai pu savoir, jusques au point du jour. Mais enfin sa clarté montre notre avantage ; Le Maure voit sa perte, et perd soudain courage ; En voyant un renfort qui nous vient secourir, L'aideur de vaincre cède à la peur de mourir. Ils gagnent leurs vaisseaux, ils en coupent les cables. Poussent jusques aux cieux des cris épouvantables, Font retraite en tumulte, et sans considérer

Si leurs rois Aveu eux peaveat se retirer.

Ainsi leur devoir cède i la fi«feur plus hrW ; Le flux les apporta, le reSux les remporte.

Cependant que leurs rais engagés parmi nous.

Et quelque peu des leurs tout percés de nos coups. Disputent vaiUamiueut et rendent bien leur vie. A se rendre moi-même en min je les convie ; Le cimeterre au poing ils ne m'écoutent pu :

Hais TOjaut i, leurs pieds tomber tons leurs soldats, Et que seuls dèsomuie en vain ils se déièudent, Us demandent le chefi je me nomme; ils se i«ndent Je voua les envoyai tous deux en mïme temps ; Et te combat cessa, &ute de combattants.

C'est de cette &çan que, pour votre service ....

Page 1