‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 67 sur 252 · ACTE V, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VII

Qtt'en un cloitre sacré je pleure incessamment Jusqu'au dernier soupir mon père et mon amant.

D. DIEGUE

Enfin elle aime, sire» et ne croit plus un crime D'avouer par sa bouche un amour légitime.

D. FERNAND

Chimèîie^ sors d'erreur, ton amant n*est pas mort ; Et don Sanche vaincu t'a fait un taux rapport

D. SANCHE

Sire, un peu trop d'ardeur, malgré moi. Ta déçue.

Je venois du combat lui raconter l'issue.

Ce généreux guerrier dont son cœur est charmé,

« Ne crains rien/' m'a^t-il dit quand il m'a désarmé ;

** Je laisserois plutôt la victoire incertaine

Que de répandre un sang hasardé pour Chimène :

Mais puisque mon devoir m'appelle auprès du roi,

Va de notre combat l'entretenir pour moi,

De la part du vainqueur lui porter ton épée."

Sire, j'y suis venu : «et objet l'a trompée ; Elle m*a cru vainqueur me voyant de retour, Et soudain sa colère a trahi son amour.

Avec tant de transport et tant d'impatience, Que je n'ai pu gagner un moment d'audience.

Pour moi, bien que vaincu, je me répute heureux : Et, malgré l'intérêt de mon cœur amoureux.

Perdant infiniment, j'aime encor ma défaite.

Qui fait le beau succès d'une amour si parfaite.

D. FERNAND

Ma fille, il ne faut point rougir d'un si beau feu. Ni chercher les moyens d'en &ire un désaveu ;

Une louable honte en*vain t'en sollicite , Ta gloire est dégagée, et ton devoir est qtiitte ; Ton père est satisfait ; et c'étoit le venger Que mettre tant de fois ton Rodrigue en danger. Tu vois connue le ciel autrement en dispose ; Ayant tant fait pour lui, fais pour toi quelque chose, Et ne sois point rebelle à mon commandement, Qui te donne un époux aimé si chèrement.

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