‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 79 sur 252 · HORACE, CURIACE · texte numérisé non relu

HORACE, CURIACE

CU&IACE.

^iN8i Rome u*a point séparé son estime ;

£lle eût cru faire ailleurs un choix illégitime.

Cette superbe ville en vos frères et vous

Trouve les trois guerriers qu'elle préfère à tous,

Et ne nous opposant d'autres bras que les vôtres.

D'une seule maison brave toutes les nôtres.

Nous croirons, à la voir toute entière en vos mains,

Que, hors les fils d'Horace, il n'est point de Romains.

Ce choix pouvoit combler trois familles de gloire.

Consacrer hautement leurs noms à la mémoire :

Oui, l'honneur que reçoit la vôtre par ce choix

En pouvoit à bon titre immortaliser trois ;

Et, puisque c'est chez vous que mon heur et ma flamme

M'ont fait placer ma sœur, et choisir une femme.

Ce que je vais vous être, et ce que je vous suis,

Me font y prendre part autant que je le puis.

Mais un autre intérêt tient ma joie en contrainte,

Et parmi ses douceurs mêle beaucoup de crainte :

La guerre en tel éclat a mis votre valeur,

Ouc je tremble pour Albe, et prévois son malheur,

Je Tob trv>p dus ce c^oôc

Et me e«mp(e déjà poor «B 4e Tos

l'a juzce :

prr^ets.

Loin <ie trembler pour Albe^ îl Tovsfiuit pfaÙBdre R VoTUt eevx qu'elle <Hibliey et les tn»is qa*dk non C'est nn aTcvuJcBCBt pour elle bien fiUnl D*avx>ir tant à choisir, et de choisir si maL Mille de ses cnfiuits, benncovp pins dignes d'elle, PouToient bien ndeiix que nous sontenir sa qnerelj Mais quoique ce combat me prômette un cercnell, La gloire de ce choix m'enfle d*un juste oigneil ; Mon esprit en conçoit une mâle assurance :

J*ose espérer beaucoup de mon peu de iraillance ; Et du sort envieux quels que soient les prcjets. Je ne me compte point pour un de tos sujets.

Rome a trop cm de moi ; mais hkhi âme ravie Remplira son attente, ou quittera la rie.

Qui veut mourir ou vaincre est vaincu rarement : Ce noble désespoir périt mal-aisémement.

Rome, quoi qu'il en soit, ne sera point sujette. Que mes derniers soupirs n'assurent ma dé&ite.

CCRIACE.

Hélas, c'est bien ici que je dois être plaint! Ce que veut mon pays, mon amitié le craint.

Dures extrémités, de voir Albe asservie.

Ou sa victoire au prix d'une si chère vie ; Et que l'unique bien où tendent Sjcs déàrs S'achète seulement par vos derniers soupirs ! Quels vœux puis-je former, et quel bonheur atten

Page 1