‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 78 sur 252 · ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV

Qu'un des partis défait leur donne l'autre en proie, Laissé, demi-rompu, vùnqueùr, mais, pour tout fruit, Dénué d*Un secours par lui-même détruit Ils ont assez long-temps joui de nos divorces ; Contre eux dorénavant joignons toutes nos forces, £t noyons dans Poubli ces petits difierends Qui de si bons guerriers font de mauvais parents. Que si Pambition de commander aux autres Fait marcher aujourd'hui vos ti'oupes et les nôtres, Pourvu qu*à moins de sang nous voulions l'appaiser, Elle nous unira, loin de nous diviser.

Noitamons des combattants pour la cause commune, Que chaque peuple aux siens attache sa fortune ; Et, suivant ce que d'eux ordonnera le sort.

Que le parti plus foible obéisse au plus fort ; Mais sans indignité pour des guen-iers si braves ; Qu'ils deviennent sujets sans devenir esclaves. Sans honte, sans tribut, et sans autre rigueur Que de suivre en tous lieux les drapeaux du vainqueur. Ainsi nos deux états ne feront qu'un empire." Il semble qu'à ces mots notre discorde expire : Chacun, jetant les yeux dans un rang ennemi, Recoanoit un beau4rère, un cousin, un ami.

Ils s'étonnent comment leurs mains de sang avides Voloient, sans y penser, à tant de parricides, JBt font paroître un front couvert tout-à-la-fois, D'horreur pour la bataille, et d'ardeur pour ce choix. Enfin l'offî-e s'accepte, et la paix désirée Sous ces conditions est aussitôt jurée ', Trois combattront pour tous: mais, pour les mieux choisir.

loi HORACE.

Not chefs ont voulu prendre uu peu plus de loisir; Le Tdtre est au sénat, le nôtre dans sa tente.

CAMILLE

O dieux, que ce discours rend mon âme contente!

CURIACE

Dans deux heures au plus, par tin conmiun accord, Le sort de nos guerriers réglera notre sort Cependant tout est libre attendant qu'on les nomme, Rome est dans notre camp, et notre camp dans Rome. D'un et d*autre côté l'accès. étant permis, Chacun va renouer avec ses vieux amis.

Pour moi, ma passion m*a fait suivre vos frères ; Et mes désirs ont eu des succès si prospères. Que Pauteur de vos jours m'a promis à demain Le bonheur sans pareil de vous donner la main. Vous ne deviendrez pas rebelle à sa puissance ?

CAMILLE

Le devoir d'une fille est dans Pobéissance.

CURIACE

Venez donc recevoir ce doux commandement Uui doit mettre le comble à mon contentement.

CAMILLE

Je vais suivre vos pas, mais pour revoir mes frères. Et savoir d'eux cncor la fin de nos misères.

JULIE

Allez, et cependant au pied de nos autels J'irai rendre pour vous grâces aux immortels.

FIN DU phemier acte.

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