‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 87 sur 252 · HORACE, CURIACE, SABINE, CAMILLE · texte numérisé non relu

HORACE, CURIACE, SABINE, CAMILLE

CURIACB.

Dieux! Sabine le suit! Pour ébranler mon cœur. Est-ce peu de Camille ? y joignez- vous ma sœur? Et, laissant à ses pleurs vaincre ce grand courage, L'amenez- vous ici chercher même avantage?

SABINE

Non, non, mon frère, non ; je ne viens en ce lieu.

Que pour vous embrasser, et pour vous dire adieu.

Votre sang est trop bon, n'en craignez rien de lâche,

Rien dont la fermeté de ces grands cœurs se fâche ;

Si ce malheur illustre ébranloit l'un de vous.

Je le désavouerois pour frère ou pour époux.

Pourrai-je toutefois vous faire une prière

Digne d'un tel époux, et digne d'un tel frère ?

Je veux d'un coup si noble ôter l'impiété,

A l'honneur qui l'attend rendre sa pureté;

La mettre en son éclat sans mélange de crimes,

Enfin je vous veux faire ennemis légitimes.

Du saint nœud qui vous joint je suis le seul lien;

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